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HOMMES D ETAT

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Aux qualités de magistrat, il joignait les qualités de Phomme privé ; fils respectueux et aimant, bon époux, bon père, il o(ïïit à ses concitoyens le spectacle d'une conduile professionnelle et privée constamment à l'abri de reproches. Obligeant pour tout le monde, il doublait la valeur des services rendus par la manière délicate dont il savait les rendre : on en jugera par le trait suivant. Fontanes était venu, en 1814, présidera Niort le collège électoral. Il logea chez son ami, le procureur duroiAgier. Un soir qu'ils revenaient ensemble à la maison, près d'arriver Fontanes hâte le pas et sonne. La porte s'ouvre, il va entrer quand Agier l'arrêtant : « Monsieur le comte, lui dit-il, vous êtes ici chez vous », et il passe le premier.

Agier (1781 — ?).

François-Marie Agier, fils du précédent, né à Saint-Maixent le 8 juillet 1781, fut envoyé à Paris comme sujet délite des Deux-Sèvres, pour y suivre les cours de jurisprudence et d'économie politique.

Après avoir obtenu au barreau de brillants succès, il fut nommé premier conseiller auditeur à la cour royale de Paris (1808) et, deux ans après, substitut du procureur général près la même cour.

Élu député en 1824 par le collège électoral de Parthenay, il prit, part, à la Chambre, à plusieurs discussions; réélu en 1827, il fut élevé à la viceprésidence de la Chambre et, en 1828, fut l'un des candidats à la présidence. En mars 1830, il se signala dans les débats orageux auxquels donna lieu l'adresse des 221, et prononça, à cette occasion, un discours remarquable et fréquemment interrompu par les applaudissements de la gauche.

Jard-Panvillier (1757-1822).

Louis-Alexandre Jard-Panvillier, baron, président de la Cour des comptes et commandeur de la Légion d'honneur, naquit à. Niort, le 7 novembre 1757. Il mourut à Paris, le 13 avril 1822. Député des Deux- Sèvres pendant plus de vingt ans, il dut à la modération de ses principes, à la fermeté de son caractère et à son extrême obligeance de conserver, durant cette période, l'estime profonde cl l'absolue confiance de ses concitoyens.

Premier maire constitutionnel de Niort, en 1790, il y apaisa, par son énergie, une insurrection populaire provoquée parla cherté du blé. Dans le procès de Louis XVI, il fut au nombre de ceux qui voulaient sauver le monarque. Chargé, avant le 31 mai, de différentes missions dans les. départements situés au sud de la Loire, il fit de louables efforts pour prévenir les désordres de la guerre civile et eut l honneur d'être dénoncé par Marat comme modéré. Envoyé plus tard dans les départements de l'Est, il répondit au maire de Metz qui lui demandait comment il pourrait préserver cette grande cité des excès auxquels une faction la poussait par toutes sortes d'efforts : « Nous sommes, dit Jard-Panvillier, dans le trajet qui, d'un état violent, antisocial, conduira tôt ou tard à un état d'ordre, de concorde et de paix. Nous avons encore des lois cruelles, soupçonneuses, inquisitoriales ; gagnez un peu de temps ; elles perdront leur autorité et bientôt seront sans force. Les lois justes, les lois égales, que les passions n'ont point dictées, finissent toujours par reprendre leur empire. Faites-les exécuter, ne souffrez aucune injustice, et vous préserverez votre commune des

hommes d'état

fléaux dont tant d'autres sont victimes. » Il fut encore envoyé, en qualité de commissaire du gouvernement, dans plusieurs déparlements, pour y rassurer les esprits alarmés de la révolution du 18 brumaire. A son retour, il fut nommé membre du Tribunat. En 1804, il présida la dépulation chargée de porter au Sénat le vœu que formait le Tribunat de voir conférer à Bonaparte la dignité impériale. Lorsque le Tribunat fut supprimé, il fut nommé président de la Cour des comptes, et c'est en cette qualité qu'il vint, en 1812, complimenter l'empereur sur son retour dé Russie.

A la suite des hommes d'État dont on vient de raconter la vie, disons un mot d'un homme qui a, lui aussi, bien mérité de ses concitoyens : nous voulons parler de Charles-Benjamin Chameau, à qui l'on doit l'Institution des Rosières de la Motb'e.

Chameau (1749-1816).

M. Chameau naquit à la Mothe-Sainle-Héraye, le 23 avril 1749, de parents riches et honorables, iî fit ses humanités à Poitiers, y suivit ensuite les cours de droit, et de là se rendit à Paris, où il prêta serment d'avocat au Parlement. Promplemenl enrichi par l'achat de ùom royaux et par d'heureux jeux de Bourse, il perdit, en 1789, toute sa fortune; mais ce desastre était, moins de dix ans après, complètement réparé.

Désormais à l'abri du besoin, il élendit de plus en plus ses relations et usa bien souvent du crédit dont i jouissait pour faire rayer plusieurs gentilshommes de la liste des émigrés : si le plus grand nombre de s

proscrits, dont il facilita la rentrée en France, lui témoignèrent leur reconnaissance, ilyeut bien aussi quelques ingrats, comme, par exemple, ce comte Louis-Anne Crussol d'Uzès 1 de Monlausier, auquel il avait conservé le domaine de Salles, « valant bien sept à buit mille livres de renies ».

Nommé administrateur du bureau de charité de l'arrondissement des Tuileries, il légua, en souvenir de sa gestion, à cet établissement une rente de 100 francs, inscrite au grand-livre de la dette; mais cette donation est peu de chose en comparaison de celle dont il gratifia sa bonne ville de la^Mothe, en instituant par testament une rente annuelle de 2,400 francs, destinée à doter quatre (1) jeunes filles de la paroisse « choisies dans la classe des plus indigents et parmi celles qui seront reconnues avoir, depuis leur première communion, donné le plus de preuves d'accomplissement de leurs devoirs envers Dieu, la patrie et le souverain, leurs parents et l'humanité, qui seront sages et laborieuses ».

(t) Une ordonnance royale, en date du 27 août 1817, contresignée Laine, rédaf?Qf3&*»^itié le legs universel de M. Chameau, et par conséquenJr,'Ji\c*BKK<14j)P^|re des jeunes filles à marier.

Paris. — Imprimerie Nouvelle (association ouvrière), 1 1, rue Cadet. — 22î4t93

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