‹ Deux-SèvresChapitre 2 sur 13 · I, — LE F AYS ET LES GENS · texte numérisé non relu

I, — LE F AYS ET LES GENS

Le département des Deux-Sèvres doit son nom à deux de ses principaux cours d'eau, la Sèvre Mortaise qui, prenant sa source à Sepvret, près de la Mothe-Sainte-IIéraye, traverse Niort et se jette à l'ouest dans la mer, et la Sèvre Nantaise qui, descendue des plus hautes collines de la Gâtine, se dirige au nord vers la Loire, à laquelle elle se réunit à Nantes. Il a été formé en 1790 de territoires appartenant à trois des trente-deux provinces entre lesquelles la France était alors répartie : les neuf dixièmes de sa superficie occupaient le quart de l'ancien Poitou; le reste se rattachait à la Saintonge et à l'Aunis.

Beaucoup plus étendu en longueur qu'en largeur, le département des Deux-Sèvres se divise en trois régions de nature et d'aspect divers : la Gâtine, la Plaine et le Marais.

La Gâtine, que l'on pourrait déterminer par une ligne qui, partant de Saint-Maixent, aboutirait àCoulonges-sur-1'Autise, est la continuation, dans le département des Deux-Sèvres, du Bocage vendéen ; c'est une contrée de collines de moyenne élévation, de plateaux peu étendus, séparés les uns des autres par des vallées étroites, souvent profondes. Les chênes et les châtaigniers, qui partout couvrent le sol de leurs puissants rameaux, les haies épineuses

et les vastes forêts d'ajoncs, les vallons tortueux, les chemins creux et encaissés entre les roches de schiste et de granit, tout donne à la Gâtine un aspect sombre et morne, un air mystérieux qui prédispose au silence et à la tristese.

La Plaine, qui comprend l'arrondissement de Melle et la plus grande partie de celui de Niort, présente une vaste surface généralement plane, ou plutôt légèrement ondulée. La vue s'y étend au loin et, dans la belle saison, découvre partout de vastes domaines où l'or des céréales se marie heureusement au beau vert des prairies de trèfle et de sainfoin 1 .

L'eau est l'élément dominant du Marais : c'est elle qui a formé la terre et qui y entretient la fécondité; c'est par elle que se font toutes les communications, les canaux remplaçant les routes, et les fossés tenant lieu de chemins et de sentiers. Les prairies, que de nombreux cours d'eau arrosent à volonté, par le jeu d'une multitude infinie d'écluses, sont d'une étonnante fertilité et nourrissent des milliers de bestiaux; ailleurs, le sol, fécondé par les inondations, produit en abondance des céréales et du chanvre.

On eût trouvé, il y a cent ans à peine, dans ces trois contrées, si nettement caractérisées, des populations fort différentes les unes des autres; mais aujourd'hui, grâce aux moyens de communication qui rapprochent les hommes, grâce aussi aux progrès de la civilisation et de la science, les nuances sont moins sensibles, les différences s'atténuent de plus en plus. Il est vrai qu'elles n'ont pas encore complètement disparu, et que, pour quiconque connaît

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