‹ Deux sphinxChapitre 4 sur 4 · DEUX S P K I X X · texte numérisé non relu

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mons l'air sec et sain. Ils étaient assis en rond comme des gens qui causent, et cependant ils ne se disaient rien. L'atmosphère de nouveau s'embrasa. La chaleur fut insupportable. Ils peinèrent véritablement. Des lèvres entr'ouvertes d'Ahmed, un chant plaintif et monotone s'échappait, un vagissement de grand enfant.

L'âne, en secouant la tête, se rapprocha d'eux, se laissa choir lourdement et se coucha sur le flanc. Ahmed s'assit à côté de l'âne, s'appuyant contre son dos à l'épine saillante. Marika mourait de sommeil. Elle s'étendit sur le sable, ayant pour oreiller les jambes croisées du fellah. Et

ils s'endormirent ainsi tous les trois, l'âne et les deux enfants, profondément.

Henri ne pouvait dormir, et il ne pouvait détacher d'eux ses regards.

La grâce de Marika était surprenante. Abandonnée et toujours pudique, elle avait rejeté son voile blanc. Elle n'était plus vêtue, comme Ahmed, que de la chemise bleue, et cette chemise était fendue si bas que sa gorge en avait jailli. Les complaisances du vêtement lâche trahissaient des contours plus intimes, la courbe de la taille pleine et ronde, le modelé délicat du ventre, la fuite des flancs étroits. Le désir — mais un désir chaste, émanait comme

un parfum de ce corps prostitué, mais encore vierge.

Marika dormait innocemment au seuil du désert. Chalon qui naguère avait ri sans comprendre lorsqu'elle lui parlait du Christ, Chalon eut un souvenir des légendes évangèliques, du repos en Egypte.

Mais cette évocation de religion et de légende le jeta dans un trouble prodigieux.

Sa nature positive se révolta.

Il réagit, il se refusa, il eut peur devant Marika enfant comme il avait eu peur devant le Sphinx, tous deux de même couchés dans le sable du désert infini. Il eut peur de l'infini et du mystère plus encore que de la solitude.

Il eut peur, mais il se sentait vaincu. Le mystère avait vraiment trop de charmes, et s'oifrait sous de trop séduisantes espèces. Chalon ne pouvait plus détourner les yeux de ce beau corps qui se révélait à lui, quil eût pu prendre et qui ne lui eût pas résisté.

Le grand charme de Marika, c'est qu'elle n'avait perdu aucun des attraits de l'enfance, ses mains étaient mignonnes, ses jambes qu'elle découvrait jusqu'aux genoux étaient fines, et cependant elle s'affirmait si franchement femme que le moins pervers pouvait la souhaiter avec sécurité.

Chalon la regardait dormir

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et souhaitait de la posséder.

Pourtant, à la fin, il succomba au sommeil lui aussi.

Il était si simple, si sain dans la régularité de ses habitudes que le désir même ne pouvait à pareille heure le tenir longtemps éveillé.

Il vint s'étendre à côté d'Ahmed contre la croupe de l'âne. Et quelques instants il regarda encore les enfants.

Puis ses yeux se fermèrent.

Il essaya de songer à l'antique Memphis qui avait existé là où il dormait. Mais les choses passées ne l'intéressaient plus.

Elles ne faisaient plus que remuer en lui une idée vague d'ancienneté très reculée, de durée incalculable, d'infini dans le temps, harmonique à

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ce décor d'espace infini.

Enfin il laissa aller sa tête, qui se reposa sur le flanc de l'âne, qui fut bercée par la respiration de la béte endormie, et il s'endormit à son tour.

Il se réveilla le premier en sursaut, dans le coup de froid du matin, — humide. Il regarda aussitôt vers Marika.

Alors il vit une chose qui l'émut et qui Tattendrit plus que tout :

Marika avait le visage, les mains, les pieds, ces pieds divins, tout mouillés par le refroidissement matinal. Elle était toute perlée de rosée, comme une fleur.

Peu de jours après leur retour dans la maison de l'Esbekyeh, le printemps devint terrible. Les champs fertiles, calcinés aussitôt après la moisson faite, se transformèrent en déserts de sable.

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Le soleil hostile vomissait du feu et de la lumière avec une espèce de fureur de nuire.

L'aveuglante clarté extérieure imposait de malsaines réclusions. L'accablante chaleur imposait l'immobilité absolue, si irritante. Tout travail et tout divertissement d'esprit était défendu. Aucune pensée suivie n'étant possible pendant le jour, aucun repos durable et profond pendant la nuit, l'état de veille et l'état de sommeil se confondaient en une sorte de continuelle insomnie, maladive, hantée de cauchemars qui aboutissaient tous aux images de la sensualité.

Henri perdait toute volonté, toute conscience. Accoutumés

à ces excès torrides, les deux enfants résistaient mieux. Ils conservaient une faculté de se mouvoir inutilement. Autour du Français anéanti, ils étaient comme deux mouches ivres de soleil et de chaleur qui infatigablement volent et bourdonnent.

Ahmed ne songeait à rien peut-être. Mais ce n'est pas au hasard que Marika volait et bourdonnait autour d'Henri.

Elle savait ce qu'elle faisait.

Ses jeunes sens que ni la puberté, ni la prostitution n'avaient ému, la tourmentaient pour la première fois.

Elle n'était plus une ignorante, elle savait la cause de son trouble et la fin de ses appétits, et au lieu d'atten-

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dre humblement, patiemment, qu'il plût à son maître de les satisfaire, elle le tentait avec une ingéniosité naïve, avec des trouvailles irrésistibles de coquetterie.

Pourquoi donc ne cédait-il point ? Pourquoi n'achevait-il point d'écarter ces voiles qui déjà s'entrebâillaient, de délivrer ce joli corps qui voulait tout entier jaillir de la galabieh, comme les pétales d'une fleur, pour s'épanouir, jaillissent, en la déchirant, de la gaine étroite qui les enserre ?

Pourquoi donc résistait-il à son propre désir et au désir de Marika ? Pourquoi différait-il de cueillir cette virginité presque miraculeuse qui, à travers tant d'infamies et

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d'aventures n'avait été réservée que pour lui ?

Cependant les jours se passaient dans une torpeur voluptueuse. La maison était barricadée contre le soleil. Il faisait nuit toute la journée, si bien que l'on se distinguait à peine et souvent l'on se frôlait l'un l'autre à l'improviste. Parfois la face pâle d'Ahmed s'éclairait tout d'un coup dans l'unique rayon de lumière qui filtrait d'en haut.

Il avait les yeux agrandis comme par une extase ou par une douleur surhumaine, les lèvres entr'ouvertes.

Le soir seulement, ou même la nuit, aux rares heures où l'air qu'on respire ne brûle pas la gorge, Henri se décidait

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à emmener dehors les deux enfants. Et quelquefois ces promenades nocturnes les apaisaient, mais souvent aussi, ils en revenaient plus anxieux et plus désespérés.

Alors ils s'évitaient, ils s'en allaient dans le jardin séparément. Mais dès que Chalon se trouvait seul, il avait la sensation affreuse d'être abandonné, il s'affolait, et il cherchait les enfants.

Un soir qu'il les cherchait ainsi, le soir d'un jour cruellement chaud, il les aperçut enfin dans les ténèbres, debout, face à face, immobiles, muets, stupéfiés.

Ahmed, soudain, enveloppa de ses bras Marika et fit effort pour la renverser. Elle reçut

le choc sans faiblir. Alors, tranquillement, Ahmed s'écarta d'elle, et ils furent de nouveau immobiles, face à face. Elle ne songeait pas à fuir. Elle paraissait fascinée.

Une seconde fois, Ahmed se jeta sur elle. Elle chancela, mais elle se dégagea ; et elle tira sur la galabieh du fellah si rudement que la toile fut déchirée. La chemise glissa de l'épaule gauche, Ahmed n'était plus vêtu que d'un haillon, raccroché à son épaule droite.

Ils restèrent vis-à-vis l'un de l'autre, ne remuant plus que pour respirer.

Mais au troisième assaut, Marika fut renversée. Ahmed tomba sur elle. Alors elle prit à pleines dents le bras

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gauche de son adversaire, que la chemise déchirée laissait nu, et elle mordit. Il gémit, lâcha prise. Elle se releva, et enfin, revint, sans bâte, vers la maison. Ahmed vaincu rajustait son vêtement en loques.

Henri ne voulait rien avoir vu. Il s'esquiva.

Mais il dormit mal cette nuit, réveillé en sursaut par de soudaines colères. Et le matin, n'}' tenant plus, il alla secouer Ahmed qui dormait encore.

— Montre-moi ton bras !

cria-t-il, montre-moi ton bras !

Quand il vit la blessure fraîche, il s'e.xaspéra, il leva le poing. Le fellah attendit le coup avec dignité. Chalon fut

désarmé, et pour résister à la tentation de battre, il sortit.

Il fuit de nouveau la maison. Plusieurs jours, du matin au soir, il resta dehors, seul.

Il recommença de flâner par la ville, par les rues, et il essaya de s'intéresser aux objets. Mais il y retrouvait éparse et matérialisée l'âme subtile de Marika.

Les parfums de fleurs étaient son parfum. Les choses les plus différentes de l'humanité exhalaient sa féminine séduction, et Henri les chérissait comme un amant chérit les gages qu'il a dérobés à sa maîtresse. Ces architectures ajourées, pareilles à des dentelles, lui étaient précieuses comme des lambeaux pieuse-

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ment recueillis d'une robe qui a touché le corps d'une amante.

Le ciel pur le regardait avec les yeux de Marika.

Lorsqu'il s'en allait, sur la route envahie par le sable, il songeait qu'elle y avait marqué l'empreinte de ses pieds, la jolie créature pour lui si essentiellement confondue avec l'exotique décor, qu'elle lui paraissait née de la poussière des solitudes, comme Vénus de l'écume des Océans. Et souvent dans ses courses, lassé, il s'étendait sur le sol, il mordait le sable, comme les amoureux abandonnés mordent un oreiller ou un drap, et ce lui était une angoisse étrange de sentir glisser entre ses doigts

la poussière sèche, inconsistante ; il y écrivait en caractères grecs le nom adorable de Marika, mais le moindre souffle essuyait et effaçait son aveu.

Puis brusquement, le poignant désir lui revenait avec une torturante précision. Il errait, sombre et ardent, il essayait de se procurer par la fatigue l'illusion de l'assouvissement. Mais il s'épuisait, il ne s'apaisait point. Sa résistance impie n'aboutissait qu'à dénaturer son désir. Il voyait rouge. Au lieu de rêver des images de nudité simple et de possession ingénue, il se représentait Marika telle qu'il l'avait recueillie le premier soir, demi-vêtue de voiles que

des mains infâmes avaient froissés, baignée du sang des autres. Et il rentrait au logis haletant.

A quelques pas de la maison, toujours, il avait un accès soudain de jalousie. Il craignait de trouver Marika dans les bras d'Ahmed ; et il se hâtait, mais il s'introduisait sournoisement, sans bruit, pour les surprendre, souhaitant peut-être de les surprendre. Il les trouvait maintenant, toujours, étendus par terre, ensommeillés, ne songeant à rien de mal, ne songeant à rien.

Or, un jour, et sans motif, le calme se fit dans son âme ; l'orage cessa, uniquement parce qu'il avait longtemps duré.

Henri, rafraîchi comme la

campagne par une pluie qui redresse les tiges et qui dégage l'odeur des foins, n'entendait plus en lui-même que de loin en loin les grondements de plus en plus sourds du tonnerre. Ce jour-là il se promenait à une grande distance de l'Esbekyeh. Il reprit le chemin de sa demeure tranquillement, et tout en marchant, il se plaisait à imaginer ce qui arriverait quand il serait de retour.

Dés la porte il trouverait Marika : elle le guettait dans la rue. Sans rien dire à la jeune fille, il la prendrait par la main, mais Marika devinerait, car le désir resplendissait sur le visage et dans les yeux d'Henri.

Ils monteraient ensemble l'escalier avec une démarche un peu solennelle, comme il sied à deux êtres jeunes et graves qui vont accomplir les rites de l'amour. Ils entreraient dans la chambre si bien barricadée contre le soleil qu'il y fait nuit toute la journée.

Alors, sur le tapis, Chalon disposerait des coussins. Il enlèverait dans ses bras, avec des précautions, le corps fragile de Marika, et le déposerait sur cette couche improvisée.

Il se pencherait vers la vierge, et d'abord il ne la dépouillerait pas pour la contempler, mais il la regarderait à travers ses voiles, il ne vou-

drait longtemps que pressentir sa beauté.

Ces voiles, il les écarterait enfin, il les retirerait d'elle complètement, il s'initierait au mystère de la nudité absolue.

Et Marika ne s'en défendrait point, pudique, mais fière de sa perfection.

Et d'abord Chalon ne la connaîtrait que des yeux. Ardent mais sage, il ne voudrait point la toucher avant d'avoir savouré le plaisir de l'admiration.

Ensuite, il la connaîtrait des mains, il apprendrait les formes de son corps, par de studieuses caresses.

Et enfin il se coucherait à côté d'elle, il la connaîtrait des lèvres et il serait heureux.

Tout cela était naturel, sans difficulté, simple — comme ce décor de simplicité absolue, comme ce ciel sans nuages et sans nuances, comme le désert qui n'est définissable que par son infinité. Chalon ne pouvait plus comprendre pourquoi il avait différé si longtemps, ni pourquoi il avait été troublé. Il n'éprouvait plus aucun trouble. Il marchait à pas plus légers et plus vifs. Le désir lui donnait des ailes.

Ces prévisions l'absorbaient à tel point que sa sensibilité se fermait aux impressions actuelles comme dans l'état d'hallucination. Il suivait son chemin par l'effet d'une habitude machinale, et à la lettre il ne voyait, il n'en-

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tendait rien autour de lui.

Il fut bien obligé cependant de prendre garde à la réalité quand il arriva au bord du Khalig, car une foule compacte lui barra la route. Il s'avança jusqu'au premier rang de cette foule en jouant des coudes. D'ailleurs, il n'était aucunement curieux de savoir ce qui se passait et fut à peine ému par l'effroyable spectacle qu'il eut tout d'un coup sous les yeux.

Plusieurs femmes, dix peutêtre, étaient là ligottées, et plusieurs hommes. Les femmes portaient le borgo noir, et les hommes des costumes variés, car ce n'étaient point des Fellahs, mais des Grecs, des Juifs, des Coptes, des Arméniens.

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Une troupe d'exécuteurs, où il y avait des soldats français mêlés à des gens du pa5's, passaient par les armes ces femmes et ces hommes, tranquillement, silencieusement, comme des bouchers. Ils écartaient d'une main le borgo ou le col du caftan, et de l'autre main, ils tranchaient la gorge. Ensuite ils jetaient le corps tout chaud dans l'eau peu profonde du canal. Et ces victimes mouraient , ces meurtriers tuaient avec une si prodigieuse inconscience, que malaisément on pouvait croire qu'il s'agit de véritables créatures humaines massacrées par d'autres créatures. Ce spectacle devait être une fantasmagorie.

Chalon posa des questions

aux soldats. On lui répondit qu'un ordre du quartier général condamnait à mort, avec exécution immédiate, tous les indigènes ayant procuré des femmes aux Français, toutes ces femmes également.

Sans doute pour jeter l'odieux sur les envahisseurs, les autorités locales se hâtaient d'obéir avant que cet abominable arrêt fût rapporté.

Peu à peu l'odeur fade de tout ce bétail humain abattu souleva le cœur de Chalon.

Il se détourna, il s'écarta.

Mais il n'éprouvait qu'un dégoût, nulle pitié. Il ne pensait qu'à lui-même. Ces visions sanglantes lui rappelaient l'apparition première de Marika dans la maison des viols et

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des assassinats, la purification de Marika sur la terrasse, aux clartés grises de la lune. Il se méprisa de l'avoir désirée jadis moins pour sa beauté que pour cette parure de sang.

Miiis cela était passé. Il avait purifié son désir comme il avait lavé le corps de Marika. Il l'aimait à présent pour elle-même et véritablement nue.

Il poursuivit sa route légèrement.

Il ne trouva pas Marika devant la porte comme il avait décidé qu'il la trouverait (mais quel enfantillage !) Il alla droit jusqu'au jardin, espérant qu'il la verrait là, étendue à l'ombre ou jouant avec Ahmed,

mais elle n"était pas là davantage.

Alors il pensa qu'elle dormait dans la chambre, et qu'il allait la surprendre. Il monta.

Dès le seuil, il la vit, il les vit tous les deu.x étendus, se faisant face, comme deux spliinx de part et d'autre d'une avenue. La robe de Marika était deux fois enroulée autour de ses jambes et de ses pieds qu'elle dissimulait, de sorte que le sphinx féminin ressemblait aussi à une sirène.

Henri s'agenouilla auprès d'elle. Mais quand il posa la main sur son épaule, elle tomba sur le côté. Elle avait une large et hideuse blessure.

Elle était morte, de la même mort que les autres, au bord

du Khalig. Seulement on l'avait tuée sur place et on n'avait pas pris la peine d'emporter son cadavre pour le jeter à l'eau.

Ahmed se dressa. Il tendit en l'air, rigidement, ses deux bras maigres, très longs. Il poussa un cri formidable. Puis il retomba comme une masse.

Et sans plainte, sans larmes, Chalon, tombé à côté de lui, regardait le joli sphinx défunt, le petit sphinx qui jamais plus ne pourrait lui révéler le mot de l'énigme.

Le Caire, 1S92.

hnpi-imerie des JVottvetles Collections Guitln

E. OCILLAUME, DIRECTEUR

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