CHAPITRE PREMIER
De la résistance que le fluide gravifique peut offrir au mouvement des grands corps , en particulier des planètls.
article 1.
Exposition sommaire de V objection et de la réponse.
$. 71. Chaque corps céleste trouve perpétuellement sur son chemin des corpuscules qu’il lui faut déplacer pour passer outre, ce qui ne peut se faire sans qu’il ieurcommunique une partie île son mouvement, et par conséquent sans qu’il en soit retardé d’autant ^ et (abstraction faite de tout autre élément que la masse à dë-
piacer) ce ralentissement est proportionnel i la densité du milieu compose de ces oorpuscules et de leurs interstices : or, la gravité aussi de ces mêmes corps est ( moyennant une pareille abstraction) proportionnelle à celte même densité. Comment donc arrive-t-il que ce ralentissement soit imperceptible , tandis que la gravité est fort sensible ? surtout puisque le ralentissement d’un corps circulant est opéré par tous les corpuscules qui se trouvent sur sa route , tandis que sa gravité n’est produite que par ceux d’entr’eux qui sont dirigés vers le corps central?
0 . 72. Réponse. A choses égales d’ailleurs , la gravité étant produite par un seul torrent , destitué d’antagoniste , elle est proportionnelle au c&rré de la vitesse des corpuscules (d’après une proposition démontrée partout); tandis que le ralentissement y étant opéré par des torrens opposés, est proportionnel au produit de cette vitesse par celle du corps circulant (comme nous le verrons dans un moment). Par conséquent (choses égales d’ailleurs), la gravité est au ralentissement comme la vitesse des corpuscules est à celle du corps circulant.
Or, rien n’empêche de croire que la vitesse des corpuscules ne soit beaucoup plus grande que
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celle du corps circulant; et même tout ce que nous avons dit jusqu’à pre'sent de celle première vitesse, doit faire pre'sumer qu’elle est incomparable : donc, le système des corpuscules parsemés et agités en tout sens cadre fort bien avec une gravité incomparablement plus grande que le ralentissement , et il peut y cadrer eucore malgré la considération qui forlifioit cette difficulté, pourvu qu’on assigne à ces corpuscules une rapidité plus grande encore que celle qui auroit suffi à résoudre ladite difficulté toute seule.
$. 73. Remarque. J’ai dit que le ralentissement d’un grand corps , opéré par des torrens opposés de corpuscules beaucoup plus rapides que lui, éloit proportionnel au produit de la vitesse de ces corpuscules par celle de ce grand corps. Je vais le démontrer quant à la couple de torrens opposés , qui est parallèle à la route du grand corps ; et je serai fondé à le conclure quant aux couples obliques à celte roule , puisque je peux décomposer leur mouvement en deux directions , l’une parallèle et l’autre perpendiculaire à celle là, dont la première est (presque toujours) beaucoup plus grande que celle du grand corps , et dont la seconde est iudiflerente à la chose.
Démonstration. Le ralentissement complexe de ce grand corps est l'excédant du ralentissement simple qu’il éprouvé de la part du tor*rent qui va à sa rencontre sur l'accélération simple qu’il éprouve de la part du torrent qui Je poursuit : or, ces deux altérations simples sont proportionnelles aux carrés des vitesses respectives, lesquelles sont la somme et la difr férence de la vitesse absolue des corpuscules et de la vitesse absolue du grand corps ; par conséquent , le ralentissement complexe est proportionnel à l’excédant du carré de cette somme sur le carré de cette différence , excédant quadruple du produit de ces vitesses absolues (1).
( 1 ) El. a, 8.
Ou symboliquement : soit v la vitesse des corpuscules,
c celle du grand corps.
Les vitesses respectives sont v+Cj v — c.
Lescarrésde ces vitesses v -f -2 vc+c , v — uvc+c t Leur différence est 4 vc.
Il y a toutefois une modification à faire à celte formule. Tous les courans corpusculaires que le corps rencontre dans sa route sout plus ou moins efficaces pour le retarder; tandis que les corpuscules qui le poussent vers un autre corps ne sont que ceux dont cet autre corps intercepte les antagonistes. Cette considération , jointe à celle du retour des corpuscules ($. 48), intro-
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