‹ Deux traités de physique mècanique publièsChapitre 32 sur 81 · dr Obj. mit. Dépense d’espace · texte numérisé non relu

dr Obj. mit. Dépense d’espace

Réponses. i.° La nature fait beaucoup de telles dépenses , ut suprà.

2 . " Cette étendue des courans , destinés à notre monde visible seul , n’empêcheroit pas qu’il ne pût y avoir une inBnité du troisième ordre , de pareils mondes , entourés de pareils courans.

3. ° L’auteur de la nature pouvoit les faire aussi petits qu’il vouloit.

Je puis ajouter 4.° que ces courans de divers mondes peuvent s’enchâsser sans se croiser; etc.

3.“ Obj. mit. La pesanteur est, comme la dureté des élémens , une espèce d’attraction. Or , cette dureté n’a et ne peut avoir aucune cause mécanique. Donc , on en doit penser autant de la pesanteur par analogie.

Réponses. i.° Cette analogie est plus foible

que celle de la pesanteur avec la dureté des compose's(quialieu, comme elle, entre les corps déjà divisés; qui est finie, comme elle; et qui est variable, comme elle). Or, celle-ci reconnoît certainement des causes mécaniques. Donc, la pesanteur doit en reconnoître aussi. D’ailleurs, quant à lagrosseur des corps évidemment soumis à ces trois forces, il est plus naturel de comparer l’une des extrêmes avee la moyenne qu’avec l’autre extrême.

2 .° Ce que le Créateur a fait un , la créature ne peut le rendre multiple.

5." Les parties, ou divisions, n’existent pas dans une chose non-partagée , ou indivisible.

4.° De ce qu’une cause explique un phénomène, il ne s’ensuit pas qu’elle soit obligée d’expliquer un phénomène d’un autre genre.

l .” Obj. phys. Si les particules imperméables du fluide gravifique avoient des dimensions fort inégales; et si , dans un même grave , la plupart de ces particules avoient les principales dimensions parallèles à un seul et même plan , pendant que leurs moindres dimensions seroient parallèles à un seul autre plan ; ce grave peseroit sensiblement davantage, quand ce premier plan 'seroit disposé horizontalement , que quand ce seroit le second plan. Or , un même grave ne

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pèse pas sensiblement davantage dans une position que dans une autre ; donc, ce n’est pas un fluide qui produit la pesanteur.

Réponse. Ou bien, l’une de vos suppositions n’a pas lieu.

Instance. Sels et cristaux.

Réponses. i.° On ne les a pas décomposés bien loin ; de sorte que l’analogie qu’on voudroit former entre leurs parties sensibles et leurs particules imperme'ables au fluide gravifique, est un peu pre'cipitée.

2.° Quand les acides de deux sels neutres changent leurs bases , ces sels revêtent une troisième et une quatrième forme. Donc, ces formes dépendent du concours de l’acide et de la base. Or, ce concours a lieu entre des particules assez grossières, et vraisemblablement beaucoup plus grossières que celles qui sont imperméables au fluide gravifique. Donc, cellesci n’ont point la forme régulière sur laquelle porte l’objection ou l’instance.

2. dc Obj.phys. Si les particules imperméables 'au fluide gravifique , qui composent deux genres différens, sont égales extérieurement, mais que les unes aient sensiblement plus que les autres des pores inaccessibles à ce fluide; les poids de ces graves seront sensiblement dis-

lia 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE

proportionnés à leurs masses. Or, cetle disproportion n’a pas été observée. Donc, il n’y a point de fluide gravifique.

Réponse. Ou bien votre propre supposition éloil hasardée.

Je pourrois aussi répondre 2. 0 que les pores étant destinés au passage de quelque fluide, et n’y ayant vraisemblablement aucun fluide plus subtil que le fluide gavifique, il n’y avoil pas apparence que les particules qui lui étoient imperméables fussent poreuses.

3. m< ‘ Obj. phys. On peut comparer les corpuscules gravifiques avec la lumière selon le système de l’émission ; et par conséquent , la gravité, qui est l’effet de leur interception, avec l’ombre qui est l’effet de l’interception de la lumière. Or , l’ombre d’un corps opaque , moindre que le corps lucide , se borne à une certaine distance. Donc aussi, la gravité devroit cesser à une certaine distance.

Réponse. La comparaison n’est juste qu’autant que le corps lucide seroit une voûte sphérique qui environneroit entièrement le corps opaque ; alors il n’y auroit plusd’oT/i^re , mais seulement une sorte de pénombre , qui s’étendroit sans bornes à la ronde à une certaine distance en s’affoiblissant en raison inverse dou-> blée des distances.

DE G. h. DE SAGE. DIV. II. Il3 4 ,m * Obj. phys. Les chocs non - efficaces , c’est-à-dire, dont les effets se détruisent mutuellement, devroient troubler l’effet des chocs efficaces , c’est-à-dire, de ceux qui sont destitués d’autagonistes ; de la même façon qu’une raison géométrique est alle'rée quand on ajoute à chacun de ses termes quelques quantités égales.

Réponse. La gravité est l’effet, non du rapport géométrique des chocs opposés , mais de leur rapport arithmétique , c’est-à-dire, de leur différence. Or , un rapport arithmétique n’est point altéré quand il arrive à ses termes d’égales additions.

P. S. Il faut se défier de la comparaison implicite avec une balance ( oit éffectivement le frottement augmente par l’addition de poids égaux) , parce que dans les cieux il n’y a point de frottement.

5.“' Obj. phys. L’accélération de la chute ne devroit pas être uniforme.

Réponses. i.° Quant aux expériences faites sur la chute des graves d’une manière directe, elles ne portent pas sur des temps plus longs que 4 secondes, qui répondent à 16 fois i5 pieds 1 pouce ; au bout desquelles la vitesse acquise est de 20 toises par seconde. Or ( à

Il 4 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE cause des trois résistances de l’air , à cause de la force employée à produire des rotations , à cause de la brièveté du temps, etc.), on ne peut pas s’assurer de la.vraie quantité de cette vitesse à ou près. Lors même donc que

les dernières accélérations auroient été plus foibles que les premières de ou de

partie , on n’auroit pas pu s’en assurer. Il suffit donc que le fluide qui les produit se meuve 8 à 9 fois plus vile que de 20 toises par seconde, c’est-à-dire, aussi vite que le son, pour qu’ou ne puisse pas s’apercevoir ici-bas d’une diminution dans l’accélération des graves (î).

2. ° J’ai fait voir ci-dessus (2), que si le fluide gravifique se mouvoit seulement trois fois aussi vile que le son , c’est-à-dire, aussi vite que la lune se meut dans son orbite ; on n’apercevroit point d’aflbiblissemenl dans les effets des accélérations d’un grand pendule, comparés aux effets des accélérations d’un petit.

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