‹ Deux traités de physique mècanique publièsChapitre 33 sur 81 · DE G. L. DE SAGE. L1V. II · texte numérisé non relu

DE G. L. DE SAGE. L1V. II

que , pourvu que le Suide gravifique se mût mille fois plus vite que la terre ne se meut dans son orbite , c’est-à-dire , dix fois moins vite que la lumière , on n’apercevroit point de différence entre les deux branches de l’orbite de la comète de 1680, ni, à plus forte raison, entre les deux ou les quatre branches d’aucune autre orbite céleste.

Or , je ne m’engage d’expliquer que les phénomènes observés, ou tout au plus les phénomènes observables , et point du tout des phé* nomènes imaginés d’après des idées métaphysiques de régularité (telles que celles qui persuadèrent aux anciens astronomes, que les corps célestes se mouvoient dans des cercles et avec une vitesse uniforme) ; idées que la nature désavoue tôt ou lard.

En un mot , si la masse frappante est asse2 petite , pour être censée avoir communiqué à la masse frappée sensiblement tout son mouvement respectif (car ce qui lui en reste est à ce qu’elle en donne, en raison de leurs masses); et si la vitesse respective est assez supérieure aux vitesses que possède déjà le corps frappé, pour que celles-ci puissent être sensiblement milles à sou égard; les impulsions accélératrices seront sensiblement égales, et le corps frappé

11 6 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE observera sensiblement les lob de l’accélération uniforme.

Jamais on n’a objecté sérieusement contre la parabole de Galilée, que les directions de la pesanteur n’étoientpas rigoureusement parallèles; et depuis la découverte qu’a faite M. Newton de la dégradation de cette pesanteur , on n’en a pas moins cru non plus à la même théorie de l’accélération uniforme.

Mais je démontrerai la chose plus scientifiquement dans un ouvrage que je prépare sur les principaux agens naturels (î). J’y cherche quelle seroit.la loi des vitesses quand l’accélération seroit proportionnelle à une vitesse constante diminuée de la vitesse acquise. Et je trouve que, quand l’élément du temps est pris constant, ces vitesses sont les ordonnées à la concavité d’une logarithmique , où l’on a pris pour axe des abscisses qui représentent les temps, une parallèlle à l’asymptote, dont la distance à cette asymptote exprime la vitesse des corpuscules ; et que les espaces sont les triangles mixtilignes renfermés entre l’abscisse.

(t) Ceci est extrait d’une lettre écrite par l’auteur le 3 i décembre 1752 , et adressée à M. Sigorgnb.

( Nota dé l’éditeur .)

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