‹ Deux traités de physique mècanique publièsChapitre 59 sur 81 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans laquelle on expose les principes dont on se propose de faire emploi.

§. 1. Je suppose connus et admis les principes de physique mécanique de G. L. Lb Sage.

Ces principes sont publies et mis sous les 3'eux de mes lecteurs. Il suffit , pour les connoître et par conséquent pour les rappeler à son souvenir , de lire attentivement le court chapitre (1) qui en contient un exposé sommaire.

On y verra que les lois générales de l’attraction, et par conséquent tons les phénomènes qui en dépendent, sont rigoureusement expliqués par l’impulsion ; qu’à cet effet il faut concevoir les corps comme doués d’une trèsgrande perméabilité , que leurs élémens doivent être comme des espèces de cages à barreaux minces et fort espacés ; qu à l’aide

( 1 ) j." Traité, §§. 6;etsuivans.

a44 a. 4 traité- quelques nouvelles d’une telle conception, des corpuscules, venant en tout sens des régions les plus reculées de l’espace et doués d’une vitesse suffisante, ne peuvent manquer de produire les divers mouveraens que I’oq rapporte à l’attraction.

Mais pour n’êlre point arrêté dans la discussion de ces principes et de leurs conséquences, il est convenable de fixer d’entrée ses regards sur les principales difficultés, qui peuvent se présenter sous forme d’objections, si l’on envisage ce système d’une manière trop rapide ; en particulier sur l’objection tirée de la résistance du fluide gravifique et sur l’apparente difficulté que présente la loi des masses. La solution de ces difficultés est donnée, et je suis autorisé à la supposer ( 1 ).

$. 2 . Non-seulement je suppose la connoissance des principes généraux de celte physique mécanique ; mais je suppose surtout certaines conséquences qui en sont clairement déduites (a). Ainsi je partirai des propositions suivantes :

( 1 ) Ces objections sont discutées dans le Traité précédent, L. II, en particulier aux cltap. I et III.

(a) t." Traité , L. 111, chap. III , art. i, a et 4.

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"Lemme 1 . Une particule convexe, plonge'e isole'ment, en repos, dans le fluide gravifique, ne se mouvra pas; ou si elle se meut, elle n’exécutera que des allées et venues , ou des espèces d’oscillations irrégulières , produites par l’inégalité fortuite , momentanée et accidentelle, de quelques courans opposés.

j Lemme 2 . Une seule circonstance peut faire que celte particule prenne un mouvement constant. Cette circonstance est un creux , pratiqué sur sa surface.

Remarque. 11 ne sera pas inutile peut-être d’ajouter ici quelques mots à tout ce qu’a dit l’auteur de cette ingénieuse théorie, relativement à la constitution des corps, et à celle en particulier des particules douées de quelque concavité à leur surface. Onpourroit, je crois, concevoir ces particules mêmes comme des élémens cavéiformes , dont les barreaux seroient creusés en quelques places ; mais il sera mieux de les concevoir sans pores ou avec peu de pores. Cette conception non -seulement n’a rien d’étrange , mais est même assez naturelle. Des élémens très-petits peuvent être considérés comme des barreaux détachés des autres cages élémentaires , ou simplement comme une massule ainsi constituée , sans

a46 2. 4 TRAITÉ. QUELQUES NOUVELLES rapport avec d’autres. Le lecteur est invite' à rappeler à son souvenir ce. qui a e’te' dit à propos de la constitution cavéiforme des éléïnens,. pour ôter à cette constitution l’apparence de détermination absolument régulière qu’elle offre au premier coup-d’œil (Voyex le a." Traité, L. I. chap. V ; et la note finale de l’éditeur sur la constitution des èlémens , p. 1 77.). En général , dans le cours de ce Livre, nous supposerons constamment que les particules mues pa'r la pression des corpuscules sur une partie concave de leur superficie, sont dépourvues de pores , à l’exception de celte concavité même ; et par conséquent qu’un courant de corpuscules qui les atteint à l’extérieur n’agit que sur leur surface ; en sorte que l’action de ce courant n’est poiut proportionnelle à la masse.

§. 3 . Que l’on se représente un cylindre droit tout massif (l), dont l’une des bases soit évidée , de manière à terminer le cylindre même par un

(1) Tout massif, ou du moins peu poreux ; car si les étémens des corps composés sont cavéiformes , rieu n’engage à attribuer la même construction et la même porosité aux particules des fluides secondaires , par exemple aux molécules lumineuses.

Digil

hémisphère exempt de toute matière ; une telle concavité donnera lieu à une pression de la part des corpuscules qui y glisseront. Celte pression produira une vitesse ; ainsi la particule prendra un mouvement de translation , tel que la concavité fera office de poupe , et la partie opposée pourra prendre le nom de proue ( 1 ). >

4. Cette vitesse sera accélérée aussi longtemps que la pression agira ; mais enfin elle ne croîtra plus , et alors la particule aura acquis sa vitesse terminale , qui sera une vitesse constante.

(i) G. L. Le Sage a considéré plusieurs formes variées , liée» à une concavité ou à un creux, pratiqué à la surface d’uue particule. Je n’ai pas à m’en occuper. En particulier, je ne ferai pas usage des concavités à rebord , dont ce physicien à conçu l’idée. ïl est probable que les particules dont j’ai à parler sont plus simples et u’onl à leur surface qu’une concavité comparable à celle dont je fais emploi dans l’article auquel se rapporte cette note.

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