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ARTICLE PREMIER.N

But de ce système.

i. Ive but de ce système est d’expliquer le phénomène connu sous le nom d 'attraction neulonienne. Ce phénomène, qu’on pourroit désigner plus simplement par le mot général de gravité , comprend la pesanteur comme un cas particulier.

2. Les lois générales de l’attraction neutouicnne sont la loi des masses, la loi des distances et la loi d’accélération des graves. La première s’énonce ainsi : Dans tous les grands corps observés , la force qui les fait tendre

à s’approcher les uns des autres est proportionnelle à leurs masses. .

La seconde est celle-ci : La force par laquelle un corps est poussé vers un autre corps , est inversement proportionnelle au carré de la distance.

La loi d’accélération des graves , d’abord observe'e sur les corps qui gravitent vers la terre , puis suppose'e et vérifie'e dans le ciel , est la suivante : Les espaces collectifs , décrits par un corps pendant sa chute libre , sont comme les carrés des temps employés à décrire ces espaces. Et l’on démontre que de celte loi résulte l’égalité des impulsions élémentaires de la pesanteur (ou de la gravité); comme aussi réciproquement de l’égalité de ces impulsions élémentaires résulte la loi.

Telles sont les lois, ou les expressions des rapports généraux , auxquelles viennent se rapporter tous les phénomènes de la gravité. Si donc on se propose d’expliquer ceux-ci, il est inutile d’entrer dans des détails subordonnés. On doit se borner à appliquer la cause proposée aux lois que nous venons d’énoncer; et dès-lors toute la multitude des phénomènes qui en dépendent se trouvera pleinement expliquée.

nu 6. Ii. LE SAGE. LIV. I.

Constitution du fluide gravifique.

$. 5. L’espace étant conçu vide , il faut d’abord y placer un atome fort petit , de l’espèce de ceux que les physiciens ont coutume d’appeler durs dans le sens absolu , c’està-dire infrangible , inflexible , et privé de toute élasticité. La figure de ce corps n’est pas déterminée par les phénomènes. On peut , par raison de simplicité, la concevoir sphérique. Ce premier atome, ou corpuscule, étant ainsi constitué, rangez par la pensée d’une manière uniforme et régulière d’autres corpuscules pareils , de manière à occuper tout l’espace, en laissant néanmoins de grands intervalles entre chaque atome et les atomes voisins. Vous avez maintenant la conception d’un fluide discret , dont les parties sont en repos.

Donnez à chaque corpuscule une impulsion égale ; communiquez ainsi à tous une même vitesse , très-grande (l) , dirigée en diffcrens corpuscules d’une manière différente : telle-

(i) Par rapport à toutes les vitesses observées ott reconnues d'ailleurs.

ment que vous ne puissiez feindre aucune direction , selon laquelle il ne se meuve un courant de corpuscules , pareil à tout autre courant mû selon quelqu’autre direction.

Le fluide discret ainsi, constitué, ayant chacun de ses élémens mû d’une vitesse égalé et très-rapide, traverse l’univers; et par conséquenl il est parti de lieux placés au-delà ; c’est pourquoi ces élémens s’appellent corpuscules ultramondains / et le fluide lui-même s’appelle gravific/ue , parce qu’il produit la gravite.

§. 4. 11 importe de s’arrêter ici un instant pour considérer l’elfet général de la constitution que nous venons de décrire. Fixons un point de l’univers. Quelque court que soit l’instant de notre contemplation , on peut dire, vu la rapidité des corpuscules ultramondains , qu’il passe par ce point , pendant cet instant, des filets de corpuscules selon toutes les directions imaginables. Car , quoique ce ne soit pas rigoureusement vrai , c’est d’une vérité suffisamment approchée pour toutes les applications que nous en pourrions faire.

Donc on peut dire d’un point quelconque de l’espace, pendant un instant quelconque, qu’il est comme un centre où convergent et d’où divergent, en toutes directions, des filets

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