DE G. D. DE SAGE. DIV. I
de corpuscules en nombre innombrable : c’està-dire , qu’il arrive à ce point-là, en cet instant, une multitude de corpuscules de tous les points de l’espace ; et que de même une multitude de corpuscules en partent selon toute espèce de direction.
Explication du phénomène général.
§. 5. Celte constitution du fluide gravifique étant conçue , que l’on plonge dans ce fluide un corps solide terminé par des angles saillans, ou par des surfaces convexes (tel qu’une sphère, par exemple ) , et beaucoup plus gros qu’un corpuscule. Ce corps demeurera immobile , ou du moins ne sera en proie à aucun mouvement constant. Il sera balloté peut-être par l’inégalité des courans , et exécutera des oscillations irrégulières.
Plongez un second corps dans ce même fluide , à quelque distance du premier. Ces deux corps s’approcheront l’un de l’autre ; car l’un sert à l’autre de bouclier, et les courans qui n’ont plus d’antagonistes, devenant nécessairement efficaces, produisent, dans l’un et l’autre corps, un mouvement constant, par lequel ils tendent à se réunir.
Explication de la loi des distances.
§. 6. Examinons à présent de plus près les conséquences qui résultent de l’existence de ces corpuscules.
Chaque point physique de ce monde visible occupe seusihlemeut le centre de cette immense sphère ultramondaine de corpuscules ; de sorte que les corpuscules qui traversent ce point en divers sens sont sensiblement aussi nombreux les uns que les autres.
Soit maintenant une particule de matière , beaucoup trop petite pour que nos sens puissent la distinguer , mais beaucoup plus grande cependant qu’un corpuscule ultramondain ; que cette particule occupe un tel point de l’espace; elle arrêtera tous les corpuscules qui s’avanceront vers ce point, en sorte qu’on peut se les représenter comme étant tous interceptés. On pourra concevoir ceux qui y vont comme traversant successivement diverses surfaces sphériques , concentriques à cette particule : et les corpuscules qui traversent une de ces surfaces , sont exactement les mêmes que ceux qui ont traversé toute autre d’eotr’elles plus