‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 14 sur 77 · PLANCHE XI · texte numérisé non relu

PLANCHE XI

1 ÉlOS et Psyché âll vol. — Éros entièrement nu, ses grandes ailes largement ouvertes, tient Psyché par la taille et l’enlève au ciel. Celle-ci est vêtue d’une tunique que serre une ceinture par-dessus 1 ’apoptygma et qui, dégrafée du côté droit, laisse le sein à découvert; la jambe gauche se dégagé de la draperie. Asie Mineure. — Hauteur : o m. 18.

Le groupe est d’un beau mouvement et d’un rythme très étudié; les deux personnages ont la jambe gauche en avant, le bras gauche levé, le droit abaissé. Unis ainsi dans une attitude commune, ils se distinguent pourtant l’un de l’autre. Éros a le corps incliné vers sa gauche, tandis que Psyché reste droite; on sent que c’est de lui que part le mouvement; Psyché obéit, docile et curieuse. Éros la domine de toute la tête et se retourne vers elle avec une expression de ravissement.

Que l’on rapproche l’Éros de la planche 1 1 , n° 3, dont l’attitude paraît bien inspirée par notre groupe, on verra avec quel art, en isolant le personnage, le coroplaste a su modifier son mouvement. Sans doute il conserve le geste des bras étendus; mais le corps est vertical, car Éros plane simplement dans l’air au lieu d’entraîner sa compagne vers le céleste séjour.

On a souvent remarqué que la forme donnée au mythe de Psyché dans le conte d’Apulée n’avait- eu que peu d’influence sur la plastique’. Cher. Apulée c’est Zépliyre qui transporte Psyché dans le palais de son amant, mais du sommet d’un rocher dans une vallée, c'est-à-dire de haut en bas. C est Mercure qui, a la lin, conduit Psyché dans le ciel. Les nouveaux et très intéressants monuments que nous publions ne font pas exception à la règle. Ici c’est Éros lui-même qui enlève Psyché à travers les airs en lui faisant pressentir les joies que lui réserve le séjour des bienheureux.

2. Éros sur un cheval. — Éros à cheval, la tête ceinte d’une couronne pointillée et ramenant son himation contre sa poitrine, est tourné presque de face; de la main gauche il paraît serrer la bride à sa monture dont le nez est ramené vers le poitrail et qui va l’amble, double détail déjà signalé à propos d’un enfant joueur de lyre de la première Collection Lecuyer'. Il s’agit donc ici non point d’une invention isolée, mais d’une tradition d’atelier. — Hauteur : om. io.

3 et 4. deux enfants luttant. — deux Éros luttant. — Ces deux petits groupes nous montrent, l’un de simples enfants1, l’autre des Éros' qui, par un procédé de simplification très compréhensible, n’ont pour eux deux qu’une paire d’ailes, - un peu différentes il est vrai -, mais sans qu’il y ait rien là qui nous autorise à les considérer comme Éros et Antéros. Ces groupes sont intéressants à plusieurs points de vue : d’abord ils nous mettent sous les yeux le môme sujet, représenté ici par des enfants, la par des Eros, ce qui semble indiquer qu’entre les uns et les autres les coroplastes ne faisaient pas grande différence. Ensuite nous pouvons y étudier sur le vif la lutte hellénique. Des deux côtés les adversaires en sont arrivés à l’engagement à fond, l’enlacement, symploké. L’un des Éros a réussi à saisir l’autre par le cou et il lui tient en même temps le bras droit qui est complètement paralysé’; celui-ci essaye de détacher avec sa main gauche le bras qui l’enlace et il semble qu’il veuille marcher sur le pied de son adversaire. L’attaque qu’il subit est une des formes régulières, schémata , de la lutte : c’était l’étranglement’ qui durait jusqu’à ce que le vaincu reconnût sa défaite.

Je ne sais si l’autre groupe représente exactement le même schéma. Ici 1 un des lutteurs tient en même temps que le cou le bras replié de son adversaire. Il ne semble pas qu’il puisse l’étrangler aussi commodément;

I. Voir pourtant Arc/,. Zeit., 1869, pl. 16. — J. PI. L=. — 3. Hauteur La Nécropole de Myrina , pl. XVII, lig. 4- — 6- Krause, Gjrmnastik..., t. I, p. 4*7-

o5. — 4- Hauteur :

- 5. Cf. un groupe un peu différent dans

ÏH

TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE

mais, s’il réussit à gagner un peu de terrain et à le saisir par le milieu du corps, il l’enlèvera peut-être en l’air, la tête en bas, posture qui nous est connue par les monuments.

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