‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 16 sur 77 · PLANCHE XIII · texte numérisé non relu

PLANCHE XIII

1. Eros assis. — II est à peu près nu; son ample himation chiffonné qui recouvre le siège s’enroule autour du genou gauche d’une façon très originale et qui nous montre la fécondité d’invention des coroplast.es. Le dieu a derrière lui de grandes ailes longues au repos. Sa tête est entourée de cheveux bouclés courts ; sur le front une natte partagée par une raie médiane. Eros tient de la main droite un objet qui ne peut être qu’un arc brisé; la gauche est posée sur un grand carquois, d’où émergent des flèches empennées. Le buste de face, la tête tournée à gauche, il regarde avec une attention souriante une personne ou une scène que nous ne pouvons suppléer, mais dont l’artiste parait avoir supposé l’existence. Les formes sont exclusivement masculines : les larges épaules, dans lesquelles est implanté un cou vigoureux, le développement du thorax montrent que nous avons sous les yeux non plus un adolescent, mais un homme fait. Base architecturale rectangulaire, évidée à la partie supérieure où sont creusées deux rainures horizontales. — Hauteur : o m. 21.

Le dieu paraît, se reposer de ses nombreuses entreprises, qu’il n’a interrompues que pour un instant, si l’on en juge par l’expression vivante de sa figure. Eros assis est un motif assez rare; ce qui ne l’est pas moins, c’est le développement donné à l’ossature et aux muscles du corps. Nous voilà loin de l’enfant ou de l’éphèbe aux membres lisses que nous avons étudié jusqu’à présent.; nous avons affaire ici à un vigoureux athlète; ce n’est pas en vain qu’Éros est le protecteur des gymnases et de la palestre.

2. Psyché assise' . — Elle est de la facture de Myrina, caractérisée par le rocher en forme d’enclume,

1. Déjà publiée dans la Gazelle archéologique , 1889, n0’ 3-4, pi- X.

la présence d'une petite idole archaïque, les bras éloignés du buste par un geste anguleux et qui manque de souplesse. Le haut du corps est nu, les seins ronds et rapprochés placés assez bas, les hanches et les jambes croisées enveloppées par l’himation, dont un pan revient entre les cuisses. Sur le dos, des ailes doubles de libellule, celle de droite cassée ; les cheveux, retroussés sur les tempes, sont surmontés d’une stépliané et réunis par derrière en un chignon d’où s’échappent des boucles libres. Psyché regarde vers sa gauche avec une sorte de clignement d’yeux qui donne à la physionomie beaucoup de finesse. L’idole archaïque debout sur le coin du rocher est coiffée du polos d’où descend un voile et porte dans le bras gauche une corne d’abondance. Base arrondie à moulures. Myiina. — Hauteur : o m. 255.

Psyché paraît attendre Éros qu’elle aperçoit au vol à quelque distance d’elle et à qui elle fait un geste d’accueil. Cest une scène qui n’a point sa place dans le conte d’Apulée'.

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