PLANCHE XXI Y
1. Dionysos. ■ — Il est assis sur un rocher en forme de siège; de la main droite levée dont les doigts sont repliés il tenait un sceptre ou un tbyrse. Un ample himation enveloppe son épaule, son bras gauche et ses jambes; la peau d’une chèvre dont on voit la tête, les cornes et les pieds, est pliée en sautoir sur sa poitrine. Sa coiffure compliquée se compose d’une ténie frontale et d’une guirlande de feuilles et de baies de lierre qui se mêlent à ses cheveux ondulés et tombants. Sur le devant de la tête deux petites cornes. Le pied droit manque; au pied gauche une sandale garnie de courroies et de boutons. — Hauteur : o m. 23.
Les seins arrondis sont d’un aspect tout féminin, mais l’Éros de la planche 5, n° 5, en a de pareils; ce n’est donc point là un motif suffisant pour voir ici une simple bacchante. Les cornes sont au contraire une raison déterminante pour reconnaître Dionysos, dont les formes étaient souvent très efféminées. La figurine a tout à la fois de la grandeur et un certain abandon; la draperie est traitée avec un art consommé. Les grands plis remontant en faisceau de la jambe gauche à la main qui tient l’étoffe font un beau contraste avec les sinuosités qui s’étalent sur le rocher à gauche de la statuette.
Une bacchante trouvée à Myrina1 offre avec notre figurine une assez grande ressemblance; mais le torse est droit et les jambes plus ramassées. Ici la jambe gauche s’étend, le torse se penche et tout l’ensemble a plus de moelleux. La tête, à demi-inclinée, présente une expression de douceur légèrement extatique; le caractère très particulier du visage tient au modelé des joues, aux lèvres saillantes très rapprochées du nez, à l’inclinaison des sourcils arqués, à la façon dont la paupière supérieure est détachée du globe de l’œil. Ces traits se retrouvent identiques dans une Vénus et une Cérès assises, le bras droit levé et appuyé sur un sceptre, que j’ai publiées ailleurs’. Je les crois non seulement de la même fabrique, mais de la même main. La tête de l’Aphrodite agenouillée de notre planche i, n0> i et 3, est du même caractère.
2. Vieux Satyre assis a terre. — Il a le front chauve, les oreilles pointues; sa jambe gauche pose à plat sur le sol; il appuie l’une de ses mains sur son genou et l’autre sur la terre. Il regarde en haut fixement d’un air étonné. — Hauteur : o m. 075.
3. Enfant assis , figurine en forme de vase. — Pose très analogue à la précédente. Au-dessus de la tête de l’enfant l’embouchure trilobée d’une prochous. Tout autour de la figurine, des rosaces à pétales écartés au centre desquelles sont des baies en grappe. Sur les cheveux qui pendent le long du cou une couronne en bourrelet. L’enfant, souriant, tient à la main une prochous côtelée qu’il incline vers un tout petit chien assis auprès de lui, comme s’il voulait lui donner à boire : nous sommes en présence d’une simple farce que l’espiègle fait à son animal favori, car les chiens ne boivent pas à la bouteille. —
4. Silène assis tenant un enfant. — Assis comme les deux personnages précédents, il est barbu, velu, et tient dans ses bras un tout jeune enfant voilé et drapé. 11 se penche à gauche et dorlote son marmot; c’est sans doute Silène dans ses fonctions de père nourricier. — Hauteur : o m. o85.
La pose souple de nos trois figurines est celle que prennent encore de nos jours les enfants et les Orientaux. Elle n’avait pas été négligée par la grande sculpture; c’est à peu près celle de l’une des figures du fronton Est du temple de Zeus à Olympie.
1. La nécropole...., pl. XXIV, fig. a. — a. Terres cuites grecques , pl. XX, n° a et XXI.
PLANCHE XXY
1. Bacchante appuyée sur un eippe. - Elle est debout sur la jambe gauche, la droite ployée, la main droite appuyée sur un eippe bas quadrangulaire, la gauche campée sur la hanche. Le haut du corps est nu, la partie inférieure enveloppée dans l’himation, qui s’enroule autour du poignet gauche. Dans la chevelure, qui retombe sur la nuque en épais chignon, sont piqués deux fruits ronds et des feudles pointues de lierre; sur le cou, deux plis de chair. La tête inclinée, souriante, respirant l'extase bachique, regarde vers la gauche. — Hauteur : o m. 19.
Le rythme du corps est d’une remarquable vérité plastique; le poids est également partage entre la jambe gauche raidie et le bras droit qui appuie fortement, sur le eippe, comme l’indiquent la tension du bras et le mouvement de l’épaule qui remonte. Le motif se rencontre dans un certain nombre de statues
d’Aphrodite. 7 l
Une bacchante très analogue a figuré dans la première Collection Lecuyer .
2 Vase en forme de tête bachique. - La tête, souriante, est surmontée d’une épaisse couronne recouverte de feuilles de vigne et entourée d’une ténie dont les bouts enroulés pendent de chaque côté. Elle est accompagnée de deux grosses grappes de raisin. La moustache relevée au-dessus des coins de la bouche et la barbe tombent en lignes sinueuses. Embouchure de prêchons trilobée. - Hauteur : o. m. 1 10.
3 Bacchante accoudée sur un eippe. Elle est debout sur la jambe droite, le coude gauche appuyé sur un eippe rond qui repose sur un socle. La main gauche tient l’himation, la droite une prêchons. Tunique talaire sans manches. Sur le front une ténie; la chevelure massée sur la tête est ceinte dune guirlande de feuilles de lierre avec deux fruits ronds par devant. Le visage regarde vers la gauche avec une grande douceur. — Hauteur : o m. n35.
Cette seconde bacchante a les traits jeunes, avec un air d’innocence et de candeur que n a pas la première. Elle est modestement drapée, tandis que l’autre s’oflre à l’œil dans un déshabillé provocant. Bien que le motif des jambes croisées soit le même, le mouvement de l’ensemble n’est pas identique; le coude n’appuie que légèrement sur le eippe, et c’est surtout sur la jambe que le corps repose. Les plis pressés de l’himation, anguleux entre les jambes, puis arrondis sur le ventre et sur la poitrine, sont rendus avec beaucoup de science.