I. PI. Q
TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE
Je ne me flatte pas d’expliquer définitivement cette composition problématique. On ne saurait, semble-t-il, songer à une scène de comédie ; un seul personnage est costumé en acteur comique ; les autres n’ont rien à voir avec cet ordre d’idées. D’autre part les phlyakes sont parfois associés au cortège de Dionysos1 et l’on en voit un sur un vase de la collection Jatta1 en compagnie de bacchantes et de Satyres, devant l’un desquels une horrible vieille femme nue exécute une danse échevelée ; mais la réunion fort calme de nos quatre personnages n’a point le caractère d’une bacchanale.
Un groupe inédit, que j’ai pu étudier récemment, fournit une explication plus plausible ; il représente une femme assise avec son enfant sur les genoux, entourée d’une bacchante et. d’Hermès. C’est sans doute une morte 3 qui dans l’autre vie va faire partie du thiase bachique. Sur les lécythes nous voyons parfois le mort déposé au pied de la stèle ; sur l’un d’eux un éphèbe debout devant la stèle se dirige vers la barque de Charon*. Or ici le cippe peut avoir une signification funéraire ; peut-être la vieille femme est-elle une morte qui va entrer — cela explique sa gaîté — dans le cortège dionysiaque, figuré par une bacchante et par une sorte de phlyake. La petite fille serait le symbole du rajeunissement. 11 va sans dire que la scène est légèrement tournée au comique.
2. Pâli. — Il est assis sur un bloc de rocher, les deux jambes croisées, la main gauche sous le menton, la droite tenant une corne de chèvre à usage de rhyton. Sur l’épaule une peau de bête, sur la tête deux cornes, par derrière une petite queue. — Hauteur: o m. ta.
Les épaules sont d’une largeur qui indique une force peu commune ; les jambes de bouc velues et raides sont posées l’une sur l’autre de la façon la plus naturelle. Pan est dans l’attitude de la réflexion et du repos, mais il n’attend qu’une occasion pour s’élancer en avant : voyez ses yeux grands ouverts, son visage éveillé et malicieux ; parmi les Pans si remarquables des deux collections Lecuyer, celui-ci est un des plus vivants.
3. Tête de jeune Satyre. — Des cheveux rudes et hérissés encadrent le visage; sous le cou deux glandes pendantes. Le Satyrisque incline la tête, ferme à demi les yeux, et regarde avec cette expression d’ironie sarcastique habituelle à ses pareils. Il est fort regrettable que le corps soit perdu. — Hauteur : o m. 08.