‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 36 sur 77 · PLANCHE XXXI Y · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXI Y

1. Grand masque de jeune femme. — La bouche est emrouxerte et le visage animé d’un très joli sourire. Un diadème orné par devant de boules rondes est à demi enfoui dans la chevelure ondulée séparée par une raie médiane, relevée sur les tempes et formant au sommet de la tête un double nœud qui est fréquent sur les statues d’Aphrodite. De chaque extrémité du diadème pend une bandelette. — Hauteur : o m. 17.

2. Petite tête de Satyre. — Elle est creuse. Le crâne est chauve, le front ridé, les oreilles pointues, la bouche entrouverte. Elle est vigoureusement modelée et a beaucoup d’expression.

3. Petite tête d’homme. — Le front est. glabre, les oreilles écartées. Le personnage est un

homme d’un certain âge, gras et bien rasé. C’est sans doute un bon bourgeois dont le type a été rendu

par le coroplaste non sans une nuance d’ironie.

4. Enfant tenant un masque comique'. — Il est vêtu d’un manteau agrafé sur l’épaule droite par une fibule ronde. Il tient le masque au moyen d’une de ces bélières que nous avons déjà signalées à propos de deux têtes des planches précédentes. La bélière servait à suspendre le masque considéré comme un apotropaion. L’enfant l’a décroché et l’emploie comme un épouvantail. L’opposition entre sa figure souriante et le masque grimaçant est fort amusante. — Hauteur : o m. 12.

5 et 6. Danseuse. — Elle est vêtue d’une tunique serrée à la taille qui laisse le sein droit

découvert et a les cheveux partagés par une raie médiane et tombant sur les épaules. Elle paraît

marcher en avant en glissant sur le sol et en se renversant à droite autant que l’équilibre le permet; les bras accompagnent le mouvement d’une façon fort gracieuse : peut-être va-t-elle tourner sur elle-même. — Hauteur : o m. i4'5.

Notre statuette rappelle la bacchante, qu’on voit si souvent sur les vases et sur les reliefs, dressée sur la pointe des pieds et qui se renverse en arrière les cheveux au vent. Mais ce n’est point la danse bondissante et extatique des suivants de Dionysos qui est reproduite ici : c’est une danse plus calme qui ne quitte pas la terre et dont le charme consiste dans les attitudes serpentines d’un corps souple, quelque chose qui fait songer aux aimées et à la danse du ventre.

On remarquera le traitement de la draperie qui, plaquée sur le corps, dessine le nu et s’étale par derrière en grands plis sinueux.

7. Enfant portant un vase \ — Il est vêtu d’un court manteau agrafé sur l’épaule et marche vers sa droite en tournant la tête à gauche. Il plie sous le poids d’une magnifique amphore à pied et à panse godronnée, imitation d’un modèle en métal. — Hauteur : o m. i3.

PLANCHE XXXY

1. Masque de jeune femme ■ — Elle a la bouche ouverte et le visage souriant. Les cheveux striés sont ramenés en bandeaux vers le sommet de la tête où ils forment un large nœud. Deux petits trous de suspension. — Hauteur : o m. io5.

1. Déjà publié dans la première Collection Lecuyer, pl. P3, fig. i. — a. Déjà publié dans la première Collection Lecuyer, pl. P3, fig. 3.

TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE

2. Grand masque d’homme. — Il parait avoir été fait pour être surmonté d’une perruque que continuaient les cheveux amorcés à droite et à gauche. La pupille des yeux est percée; la bouche, légèrement entrouverte, laisse apercevoir les dents. Le visage est sillonné de nombreuses rides, horizontales sur le front et à la naissance du nez, verticales au-dessus du nez, divergentes de chaque côté des yeux, obliques à droite et à gauche des narines. — Hauteur : o m. i45.

Tous ces masques — et celui-ci en particulier — sont modelés avec une précision et une vigueur extraordinaires ; ils ont une intensité d’expression dont une partie seulement a pu passer dans la photographie : ici effroi ou tout au moins répugnance.

3. Grotesque debout. — Autour des épaules, un court manteau qui suivait le mouvement du bras gauche aujourd’hui cassé ; la tunique courte serrée à la taille par une ceinture est bouffante et la partie inférieure soulevée par le vent. Coiffure féminine avec un chignon et un large bandeau retenu devant par un bouton rond ; les jambes nues sont d’une maigreur excessive. — Hauteur, sans la plinthe qui n’est pas antique : o m. i3.

Notre grotesque regarde en haut avec une expression de stupéfaction qu’accentue le geste du bras droit. Mais qu’aperçoit-il ? C’est ce que je ne saurais dire. J’avouerai même que je ne suis pas absolument certain de son sexe : le petit manteau agrafé par devant est un vêtement d’homme, mais la coiffure rappelle les habitudes féminines. C’est en tout cas une création bien originale et fort expressive.

4. Homme jouant des crotales. — Son court manteau le laisse à peu près nu; debout sur une jambe, il exécute une sorte de tripudium , danse dans laquelle on frappait vigoureusement du pied la terre, et fait retentir des crotales. Un tronc d’arbre sert d’appui à la statuette. — Hauteur rom. 17.

Les crotales telles que nous les représentent les monuments figurés consistent en deux petites baguettes ou planchettes réunies par une extrémité et qu’on faisait claquer l’une contre l’autre. Nous avons ici une très curieuse représentation de cet instrument pointu par le bas, plus large par en haut ; une fente soigneusement indiquée par le coroplaste montre qu’il se composait de deux éléments qu’on rapprochait vivement par la pression des doigts.

Les jambes du personnage sont sèches et nerveuses, les tibias franchement accusés, les muscles du mollet en action, tout le corps svelte et énergique, le visage d’un modelé très serré. Les sourcils relevés, la grande ride horizontale du front, l’expression de la figure nous indiquent que le danseur exécute un exercice fatigant dans lequel il déploie toute sa vigueur.

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