‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 37 sur 77 · PLANCHE XXXVI · texte numérisé non relu

PLANCHE XXXVI

1 et 2. Joueuse de double flûte. — Elle est assise sur un rocher, les pieds nus, le droit posé sur une éminence. Costume usuel. — Hauteur : o m. 23.

Pour souffler à la fois dans deux flûtes séparées, il faut pincer les lèvres au milieu et relever légèrement les coins de la bouche. C’est ce que savait bien le coroplaste et ce qu’il a rendu avec une grande exactitude; de là l’expression très particulière du visage.

Ce qui est aussi très remarquable dans notre statuette, c’est le traitement de la draperie. La Collection Lecuyer est à cet égard une mine inépuisable d’études. On y trouve pour un costume, qui est en somme toujours le même, quantité de modes d’exécution différents, tous raisonnés, tous suivis avec une volonté, une ténacité qui ne laisse rien au hasard, une sûreté de main qui ne faiblit pas. U va sans dire que c’est, sur les originaux qu’il faut constater les qualités du travail. Ici le diploïdion présente une imitation des plissures primitives : elles sont serrées les unes contre les autres, mais moins aplaties, plus moelleuses et retroussées par-dessus la ceinture. Il y a là une interprétation et non une copie mécanique; l’iiimation est exécuté plus librement avec ses cassures à arêtes minces mises toutes justement à leur place avec un grand souci du vrai.

Les coiffures ne sont pas moins intéressantes à examiner que les draperies. Elles sont souvent fort

compliquées et témoignent de la paî t du coroplaste d’une science qui étonnerait nos artistes capillaires ; il n’y en a pas deux qui se ressemblent absolument ; on est parfois embarrassé pour les décrire et les mots manquent pour rendre les nuances que l’œil saisit. Ici les cheveux sont massés sur le front en petites boucles archaïques comme sur un certain nombre de figurines de Myrina. De chaque côté du douille diadème, des bandeaux ramenés en arrière, d’où pendent deux tresses ; sur le sommet de la tète des bandeaux analogues réunis en un petit, chignon d’où tombent quatre tresses sur le dos.

3. Danseuse jouant du tympanon. — Elle marche vivement en avant sur un sol en pente et est debout sur une seule jambe, tenant des deux mains au-dessus d’elle son tympanon qu’un tenon réunit à la tète pour plus de solidité. — Hauteur : o m. 28.

Ici encore une draperie d’un caractère particulier sur lequel il faut insister. La jeune femme ne porte qu’une tunique à petits plis et point d’himation. Cette tunique à emmanchures larges, serrée par deux ceintures et relevée au-dessus du genou par un bouton rond', laisse transparaître le modelé des seins, du ventre, des cuisses. Elle est donc assez fine. Toutefois, de chaque côté du corps et surtout à la partie inférieure de la figurine, elle s’envole en plis sinueux, épais, abondants, qui donnent à la statuette une large base.

Le dos de la figurine n’est que sommairement modelé ; cependant on y trouve juste à sa place le pied gauche relevé et de chaque côté du mollet sont vivement indiqués par quelques coups d’ébauchoir les plis que formerait naturellement la draperie si elle était exécutée. Celle-ci est donc traitée par devant suivant un système conventionnel, et nous constatons par derrière que l’artiste était capable de noter la chute exacte et vraie là où il le voulait.

Les cheveux, séparés par une raie médiane et descendant le long des joues, forment sur la nuque deux anneaux lâches suspendus à un petit chignon.

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