PLANCHE XLII
1. Personnage silènes que portant un enfant. — Silène, grâce à son rôle deducateur de Dionysos, est devenu le patron mythique des pédagogues qui lui empruntent souvent ses traits. De là la difficulté de savoir si nous avons affaire ici à un véritable Silène ou à un personnage qui lui ressemble. Le crâne est chauve, les cheveux massés en arrière et sur les tempes, le nez cassé au milieu, les sourcils relevés, les joues remontées en boule, la bouche, large ouverte, encadrée dans une barbe relativement courte, les épaules carrées. L’himation, retenu sur les bras, pend par derrière jusqu’aux pieds et forme par devant comme une sorte de tunique. Debout sur la jambe gauche et se préparant à marcher à droite, le vieux père nourricier regarde avec complaisance un petit enfant vieillot qu’il porte dans son bras et qui appuie familièrement la main sur son épaule. Le pauvre petit être a les épaules remontées et le torse noué; il sourit pourtant, comme quelqu’un qui est fort heureux de son sort. Base semi-circulaire à moulures. — Hauteur : o m. 22.
2. Satyres nains luttant devant un Silène. — Deux jeunes Satyres entièrement nus, dont l’un porte une couronne pointillée, s’exercent à la lutte sous la surveillance d’un Silène qui fait fonction de pédotribe.
TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE. 39
Ce ne sont pas des enfants, mais des nains contrefaits à la tète trop grosse, au ventre proéminent; leurs oreilles pointues et le caractère de leur visage nous avertissent qu’ils appartiennent au cortège de Dionysos. L un d eux administre à son camarade un vigoureux coup de pied qui l’atteint en pleine cuisse. Celui-ci ne parait pas avoir compris l’attaque; car il renverse le torse en arrière, tandis que c’est la jambe qu’il aurait fallu dérober. Nous savons que l’usage du pied, interdit dans la lutte proprement dite et dans le pugilat, n était permis que dans le pancrace; c’est donc à des pancratiastes que nous avons affaire. Us se mesurent sous 1 œil paternel d’un Silène, parfaitement à sa place ici; lui aussi est légèrement contrefait, car il a le torse trop long pour les jambes et la tète énorme, ce qui donne à la scène son unité plastique. On voit du reste que son enseignement ne doit pas se borner à la théorie, car il a les épaules carrées et puissantes, le thorax largement développé, les bras robustes, le dos vigoureusement modelé. Pour le moment il assiste en juge du camp a 1 épreuve, les mains croisées derrière le dos. Il porte une longue barbe roulée en spirales à son extrémité et étalée sur la poitrine et une couronne pointillée ornée d’une large ténie. Surveillant et lutteurs sont, nus, comme il était d’usage à l'époque classique dans les palestres, mais une peau de chèvre est étendue sur le sol, et, par ses dimensions, elle paraît appartenir au Silène. Base rectangulaire à deux degrés; auprès de chaque figurine un rocher qui sert d’appui et grâce auquel l’évaporation pendant la cuisson a pu se faire par en bas, car il n’y a point de trou d’évent. — Hauteur : o m. iy5.
3. Personnage grotesque debout. — Il a le crâne déformé, aplati par en haut, bombé par derrière, le visage tourmenté par une inexprimable grimace; la bouche contournée laisse voir la langue; la main droite percée tenait un attribut. Vêtu d’une exomis servile bouffante au-dessus de la ceinture et dont les deux coins sont noués sur l’épaule gauche, le grotesque individu marche devant lui en criant. C’est une charge excellente exécutée avec beaucoup d’esprit. Un tronc d’arbre servant d’appui est d’un modelé qui concorde bien avec les jambes grêles de la figurine. — Hauteur : o m. ai.