PLANCHE XLI
1, 2, 3. Deux personnages comiques riant et marchant. — Ils ont été reproduits sous trois aspects et n’ont guère par conséquent besoin d’être décrits.
L’un porte l’himation roulé en écharpe, l’autre un court chitôn serré à la taille. Du reste, ils paraissent nus; mais le coroplaste les a modelés à l’imitation de ces acteurs comiques auxquels le somation rembourré faisait des ventres et des derrières énormes, s’arrêtant juste à point pour laisser apercevoir un appendice qui avait son importance pour exciter le rire. C’est là le costume des acteurs de l’ancienne comédie qui s’est perpétué chez les phlyakes.
Les visages ne sont point des visages humains, ce sont des masques; si l’un d’eux avec sa barbe pointue, sa bouche grande ouverte, son nez écrasé, son front ridé et ses trois houppes de cheveux, ressemble à l’un des masques comiques bien connus1, il n’en est pas ainsi de l’autre qui est absolument original. Or, nous savons qu’à l’époque de la comédie ancienne les masques n’avaient point la forme typique que leur a donnée la comédie nouvelle. Tls représentaient non pas certains rôles, mais les personnages eux-mêmes, et nous avons ici un exemple curieux du masque individuel.
Quel est maintenant l’état, civil des individus que nous avons sous les yeux? Ce sont peut-être des parasites qui se rendent à un banquet ou qui en reviennent, de mauvais drôles qui s’amusent d’une méchante plaisanterie ou de quelque tour pendable. A coup sûr ils sont fort bons amis, car ils s’avancent étroitement enlacés, riant du même rire, et marchant côte à côte sans avoir encore réussi à se mettre au pas. L’ancienne Collection Lecüyer et la nouvelle contiennent bien des caricatures, aucune à mon sens qui approche de celle-ci; elle est étourdissante de facture et d’entrain. Ce ne sont pas seulement ces corps trapus avec leur derrière et leur ventre proéminents, les traits de ces masques invraisemblables qui atteignent la plus haute bouffonnerie, c’est, l’allure, le mouvement, l’expression du groupe ; il est impossible de rire plus franchement que ne le font nos deux compères, d’accompagner sa pensée d’un geste plus parlant. Quant au mouvement des jambes, c’est la nature même; en regardant ces deux coquins par derrière on les voit s’en aller. Pas de trou d’évent; les figurines paraissent pleines. — Hauteur : o m. a35.