PLANCHE XLIV
1. Femme a la fontaine'. — Elle est penchée en avant, le pied gauche appuyé sur une marche : sur son genou un vase à large panse et à deux anses dont elle tient le couvercle de la main droite. Elle a le corps entièrement drapé dans une tunique sans manches agrafée sur chaque épaule par deux fibules rondes et dans un himation qui enveloppe les jambes. Les cheveux ramenés sur le sommet de la tête en bandeaux parallèles y sont réunis en un chignon, d’où s’échappent des houppes en forme de flammes et des boucles qui tombent sur les épaules. La fontaine se compose d’une grande dalle verticale avec une tête de lion en relief et d’une vasque rectangulaire posée sur un degré. — Hauteur : o m. 235.
La jeune femme va recueillir dans son hydrie l’eau qui s’écoule de la gueule du lion. Elle regarde avec attention, tout entière à cette occupation très simple, qui met bien en valeur son corps élancé, souple et vigoureux. La draperie est traitée avec beaucoup de vérité et les petits plis frisés que forme l’étoffe autour des seins et à la taille rendus avec une curiosité spirituelle. Le profil du visage est fort beau.
2. Femme assise arrangeant ses cheveux. — Le grand vase à panse ronde debout devant le rocher nous avertit qu’elle vient de procéder à ses ablutions. Actuellement elle s’occupe à disposer sa chevelure et la main droite est à l’œuvre; une partie de la besogne est même déjà faite, car la stéphané est en place et nous voyons sur le front une raie médiane; mais le reste de la chevelure flotte par derrière et deux longues boucles descendent sur l’épaule. « L’or n’a point autant d’éclat que ta chevelure défaite », dit à sa maîtresse un poète de X Anthologie Palatine* , La jeune femme consulte un miroir à boîtier posé sur une saillie du rocher et n’a pour l’aider dans sa toilette ni suivante, ni petit Eros. La figurine est finie par derrière. — Hauteur : o m. 225.
Les proportions du corps sont régulières, la pose pleine de naturel et de justesse. La main gauche, dont la paume appuie sur le rocher, et le bras raidi sous l’himation soutiennent le buste légèrement penché vers le miroir; la jambe gauche est repliée et le pied droit chaussé pose sur le sol. L’himation qui entoure les jambes est traité avec un soin particulier; il est rabattu autour des hanches, tendu sur la cuisse droite et sur la jambe, le long de laquelle il forme de petites plissures obliques, suspendu au-dessous du genou gauche en ondulations moelleuses devant lesquelles tombe un jet vertical de draperie.
Le sujet appartient au cycle d’Aphrodite à sa toilette; peut-être avons-nous affaire à la déesse elle-même plutôt qu’à une simple mortelle ; la question ne peut cependant se résoudre avec une certitude absolue.
Elle a été publiée une première fois daus
Terres cuites grecques , pl. XXII. — a. T. I, ch. v, 370, v. 3 sq.
TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE