PLANCHE XL VI
1. Aphrodite arrangeant ses cheveux. — Elle est debout sur la jambe gauche, la droite mobile, le bras gauche appuyé sur un cippe élevé, dont un pan de l’himation lui évite le contact direct ; la main tient, un miroir à boîtier que la déesse ne consulte pas pour le moment, car le regard est dirigé au loin.
1. Tlie American Journal of Archæology , t. II, 1886, pi. VU, n° 8.
Une Stéphane est placée dans les cheveux que soulève la main droite et qui pendent en nappe abondante sur le dos jusqu’à la hauteur des hanches. Le corps est élancé, les seins petits, l’himation enroulé autour des jambes suivant un mode fréquent dans les répliques de l’Anadyomène. — Hauteur o m. 37.
Parmi les statues ou statuettes d’Aphrodite arrangeant sa chevelure, Bernoulli a remarqué1, que, dans la plupart des cas, c’est la main gauche qui est occupée à la chevelure et la droite qui porte le miroir, tandis que le contraire paraît plus convenable à la situation. Ici c’est l’attitude la plus naturelle que le coroplaste a choisie.
Le sujet est. le même que celui de la planche 44) n° 2 ; mais toute allusion au bain préalable a disparu ; le geste qui nous occupe est plus fréquemment associé à l’attitude debout qu’à l’attitude assise.
2. Femme assise retenant sa draperie au-dessus de sa tête. — Le corps très élancé est pourtant, robuste; les seins sont forts. La chevelure épaisse et séparée par une raie médiane est réunie par derrière en un anneau et descend jusque sur les bras. La jeune femme inclinant la tète regarde vers sa gauche et retient au-dessus de sa tête deux pans flottants de son himation, tandis qu’elle en ramène un autre sur le haut de sa cuisse droite. Le bord de l'étoffe sur lequel elle est assise forme sur le rocher une frange de petits bouillonnements très originaux. — Hauteur : o 111. 27.
La difficulté d’interprétation de nos figurines tient à leur isolement; tandis qu’une peinture de vase offre une scène entière qui explique les attitudes des personnages ; ici il y a beaucoup de sous-entendus. L’envolement de la draperie comme le rocher indiquent le plein air; notre jeune femmme est-elle une mortelle ou une déesse P Va-t-elle simplement prendre un bain ou est-elle surprise par quelque amant, qui s’approche ? C’est ce qu’il est impossible de dire.
3. Aphrodite debout appuyée sur un pilier. — La jambe droite et la main gauche supportant tout le poids du corps, la jambe gauche est mobile et la déesse va sans doute se diriger vers l’eau qui l’attend et qu’elle regarde, la tète inclinée et tournée vers sa gauche. Elle serre encore son himation sous son aisselle et en ramène par devant un pan qui lui cache une jambe, particularité fréquente dans les statues d’Aphrodite. La draperie, une lourde étoffe de laine, tombe de la façon la plus naturelle. Le corps, de belles proportions, est à la fois souple et vigoureux; les seins ronds s’écartent l’un de l’autre; l’expression du visage est d’une inexprimable douceur. Les cheveux, qui portent la trace d’une ténie et sont séparés par une raie médiane, forment calotte sur la tête; deux boucles descendent sur les épaules. Même fabrique que l’Aphrodite de la planche 10, n° 1. - — Hauteur : o m. 26.
La pose est aisée et naturelle ; la figurine a beaucoup de grâce et de noblesse tout à la fois.