PLANCHE L
1 et 3. Jeune femme en marche. — Son himation lui fait autour du cou comme une collerette; le bras droit tire l’étoffe et la tend sur le bras gauche en produisant un éventail de plis. La jeune femme a la tête légèrement inclinée. Tanagre. — Hauteur : o m. ii.
Les cheveux ramenés sur la tête dont ils suivent les contours sont ramasses au-dessus de la nuque en un petit chignon. Contrairement à sa voisine elle n’a rien qui les recouvre; on me permettra de citer à ce propos les vers suivants de X Anthologie Palatine ! :
« Des kékryphales enserrent-ils ta chevelure? Je me consume d’amour en voyant l’image de Rhéa, la déesse couronnée de tours. Ta tête est-elle decouverte? la blonde chevelure enleve, arrache ma raison de ma poitrine. Caches-tu sous des toiles blanches tes boucles pendantes? Une passion aussi violente s’empare de mon cœur. Sous ces trois formes tu rappelles les trois Grâces; et chacun de ces aspects jette en moi un feu particulier. »
i. Herondas, A firstrecension by W. G. Rutherford, VII, v. 57-61. — 2. T. I, ch. v, 260.
TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE
2 et 4. Jeune femme debout. — Elle a la chevelure soutenue par une mitra très large derrière, d’où s'échappe au sommet de la tête un bouquet de cheveux. Le visage calme regarde fièrement à droite; la draperie est traitée avec une vérité et un art admirables. Le bras droit replié soulève l’étoffe pour l’empêcher de traîner et la tend sur le bras gauche. Le faisceau de plis qui va de la main gauche à la main droite, ceux qui tombent verticaux et obliques de la main à demi fermée sont de toute beauté. — Hauteur : o m. a5.
Ces deux statuettes ont — comme un certain nombre d’autres — les bras strictement enveloppés dans l’himation; il ne faut voir là qu’une précaution prise contre le froid. Les Tanagréennes étaient frileuses et je citerai à ce propos une particularité intéressante et inédite que mon collègue et ami M. Paul Girard a eu l’occasion d’étudier sur une figurine debout trouvée dans un tombeau près de Chalcis, le long de la route qui conduit du pont de l’Euripe à Thèbes. Je transcris la note qu’il veut bien me communiquer :
« Le manteau qui enveloppe complètement le buste, suivant l’usage ordinaire, est relevé par devant par la main droite ramenée sur la poitrine; emprisonnant le bras gauche également replié, il est fixé au-dessous du poignet gauche à l’aide d’un anneau. Ce détail ne peut s’expliquer que s’il s’agit d’un anneau brisé, dans lequel on faisait entrer les plis du vêtement de manière à figurer, à la naissance de la main, l’extrémité d’une sorte de manche collante. Le bras était ainsi absolument à l’abri de l’air. Socle plat rapporté, comme celui des figurines tanagréennes. Hauteur : o m. 18. La statuette, quand je l’ai vue (juillet i8y5), appartenait au docteur Varatassi de Chalcis. »