‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 75 sur 77 · PLANCHE LXXV1II · texte numérisé non relu

PLANCHE LXXV1II

1- Tête d’EéraklèS. — II a le front ridé, l’expression sévère; les cheveux et la barbe sont roulés en spirales.

2. Fragment de tète. — Elle est d’un beau style et respire la majesté tempérée par la douceur. C’est sans doute une tête de Zeus.

3. Petite tète d'Héraklès. — Il porte une couronne palestrique; le visage exprime le calme et la force; c’est un Héraklès vainqueur.

4. Masque archaïque. — Les cheveux et la barbe sont roulés en boules, l’ovale du visage extrêmement allongé.

5. Jeune femme groupée avec un sphinx. — A demi couchée à terre, accoudée sur une éminence rocheuse, elle a le torse renversé en arrière. Tout le haut du corps est nu, les jambes jusqu’aux

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Terres cuites grecques , pl. XXVIII.

TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE

hanches enveloppées dans l’himation, dont un pan passe sur le bras droit et vient s’étaler sur le sol. A ses pieds des sandales retenues au cou-de-pied par une courroie. Les cheveux, séparés par une raie médiane, retombent en chignon derrière la nuque. La pose est très souple et pleine d’abandon; la jeune femme tient de la main droite une prochous, le bras gauche tendu présente une phialé à un sphinx femelle placé de profil sur un haut piédestal. Celui-ci a le corps nerveux et musclé, de grandes ailes recoquillées à leur extrémité, la queue remontant le long du corps contre lequel elle se colle. Sur le front un diadème; les cheveux sont massés derrière la tête en un chignon rond.

Le groupe est modelé avec autant de soin par derrière que par devant. Base plate. — Hauteur : o m. 18. Longueur de la base : o m. 20.

L antique sphinx, « mangeur de chair crue », qui, dans Eschyle1, « emporte' sous lui un des enfants des Kadméens », que les terres cuites de Milo nous montrent en effet ayant dans ses griffes un éphèbe mort et qui paraît être le symbole de la destinée qui détruit la vie humaine, s’était peu à peu adouci chez les Hellènes dans sa forme et dans sa signification symbolique. De nombreux exemplaires nous le montrent, comme sur notre terre cuite, avec des traits féminins d’une grande beauté unis au corps souple et vigoureux de la lionne ailée. C’est le symbole du charme fascinateur et dangereux qu’exerce sur l’homme la beauté féminine et qui ravage les cœurs. De là le nom de sphinx appliqué par les poètes de la comédie aux hétaïres, la forme du sphinx donnée à de petits vases qui servaient à la toilette féminine. C’est dans cet ordre d’idées que parait rentrer la libation offerte au sphinx sur notre b terre cuite par une jeune femme à demi nue.

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