‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 9 sur 77 · PLANCHE VII · texte numérisé non relu

PLANCHE VII

1- Êros adolescent au vol. — II regarde vers sa droite d’un air souriant. Il a jeté son himation sur sa tête de façon à former un voile sous lequel apparaît le bout de la natte caractéristique. Il est du reste strictement drapé jusqu’au milieu des cuisses et, comme l’Éros de la planche 6, n° î, il soulève le manteau du bras droit; le gauche pend entortillé. En outre — et c’est là le trait original de la figurine — noti'e Eros tient entre les lèvres le bord de l’étoffe qui lui couvre le menton, symbole du silence funéraire. Les plis de cette lourde étoffe de laine sont traités avec une curiosité et une justesse remarquables. Ils s échappent en éventail de la hanche gauche où elle est massée, se suspendent en courbes au poing droit et a la bouche, se pressent autour du bras gauche, obliques, sinueux, horizontaux suivant la place. Une des ailes est cassée ; l’extrémité de l’autre se recourbe, mais elle est moins systématisée que celles de l’Éros de la planche 6, n° a. Ce n’est point une volute qui la termine, mais un bouquet de plumes moelleuses. Trou de suspension entre les deux épaules. Myrina. — Hauteur : o m. 17.

Le musée de Dresde a acquis récemment une figurine très analogue à la nôtre5.

2. Eros adolescent debout les jambes croisées. — Il est de proportions élancées et a le buste particulièrement étroit. La tête, sérieuse et virile, tournée vers la gauche, est encadrée de boucles de cheveux qui ressemblent presque à des roses et s’étagent sur le front. Les ailes sont recoquillées. L’himation retenu autour du cou pend le long du corps et vient s’insérer entre les jambes comme sur un certain nombre de figurines d’Aphrodite. Les jambes croisées se détachent en relief sur un fond, ce qui n’est guère favorable à l’hypothèse du vol ; cependant, un petit trou percé dans le dos nous avertit que la figurine était destinée à être suspendue. Brandissait-elle une lance ou faisait-elle le geste de la libation ? Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable. Myrina. — Hauteur : o m. 245.

3. Êros adolescent au vol'. — Il est grêle comme le précédent; ses cheveux sont ramenés vers le sommet de la tète en bandeaux striés et s’y épanouissent en un chignon d’où part la natte caractéristique. Les ailes sont, petites, leur nervure terminée par la pointe que j’ai déjà signalée. Eros regarde en bas vers sa droite et arrondit son bras droit autour de sa tête par un geste gracieux que le gauche accompagne ; ses doigts sont, cassés, mais il 11’est guère probable qu’il ait jamais tenu un attribut. Par une ingénieuse fantaisie du coroplaste, il a entre les dents le bout de son léger manteau réduit à l’état d’écharpe. Myrina. — Hauteur : o m. 21.

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