PLANCHE VI
1. Éros adolescent au. vol. — Il a les formes pleines et molles fréquentes chez les Éros de Myrina . voyez sa figure et ses cuisses. Ses cheveux tombent en longues boucles de chaque coté de son visage. Au sommet de la tête un chignon en éventail, d’où part une large natte qui se prolonge jusqu au front. Le sein gauche fait saillie sous le vêtement et le caractère d’hermaphroditisme est ici très prononcé. Éros est drapé dans son himation qui ne recouvre que le haut du corps et qu il soulève du poing droit, tandis que le gauche est campé derrière la hanche. Trou de suspension par derrière, indépendamment du trou d’évent. Myrina. — Hauteur : o m. 18.
Les Éros hermaphrodites au vol ont été trouvés en assez grand nombre a Myrina. II est certain qu’ils étaient destinés à être suspendus, probablement dans le tombeau; ils paraissent se rattacher a la transformation d’outre-tombe qui faisait entrer les mortels dans le cortège <1 Aphrodite.
A sa gauche est suspendu dans le champ du tableau un tout petit Éros vêtu comme les femmes d’une tunique longue rabattue en apoptygmci et serrée par une ceinture. La facture de ses ailes est toute Myrinéenne. Sa tête est surmontée d’une stéphané triangulaire que les petits Éros portent parfois sur les peintures de vases\ L’alabastron qu’il tient de la main droite est disproportionné à sa stature; il s’agit donc ici d’un de ces serviteurs empressés qui assistent les femmes dans leur toilette, et non de 1 un de ces Amours enfants de Pompéi à la taille desquels, par un jeu spirituel des artistes, le monde entier a été rapetissé.
2. Éros appuyé sur un bouclier ovale. — Cet Éros fait tout, naturellement pendant a celui qui précède. Le visage et la coiffure sont très analogues; mais les ailes, dont 1 extrémité est recourbée en volutes, reproduisent un motif familier à l’art hellénique primitif. L’une des extrémités de l’himation est agrafée à la partie qui traverse en biais la poitrine de façon à laisser un bout de l’épaule nu, ce qui est une fantaisie de costume originale. Debout sur une base circulaire à deux degrés inégaux, Éros s appuie sur un grand bouclier ovale à rebords proéminents traversé par une saillie verticale plus élevée en son milieu. Myrina. — Hauteur : o m. 21.
On connaît des statues d’Aphrodite essayant les armes d’Arès, dont Éros aime aussi parfois à se revêtir, par exemple sur des terres cuites trouvées en Crimée1. Ce gracieux amusement paraît sous-entendre le triomphe de l’amour sur les êtres les plus violents. Mais ici le bouclier n’est pas un bouclier grec; c’est
1. Première Collection Lecuyer, pl. UL — a. Ibid., Notice U3, 1>. Woilers, Avchæolog. Zeit., Il" a, 3, 4, 5. — 3. Stephnni, C. R. p. r85ç, Atlas, pl. I et II. — 4- Slephani.C. R. p. 1861, Àtlt
584, p- il et suiv., Stephaui, C. R. p. 1870-71, Atlas, pl. VI, pl. VI, 3, C. R. p. 1874, Atlas, pl. I, 1 et a.
TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE
le bouclier galate dont on a trouvé des spécimens à Myrina1, parmi les trophées de Pergame, à Rome même sm un siégé sur lequel le dieu Mars était assis1. Ce sont donc les dépouilles des Barbares que notre Eros a conquises; les courtisanes grecques s’entendaient fort bien à ce métier.