CHAPITRE PREMIER Installations des instruments et procédés employés
Le programme de l'Expédition antarctique (lu D^ Gharcot comijrciiail des sondages et des dragages, effectués le plus fréquemment possible, en particulier sur le Plateau Continental.
Sondages. — Notre machine à sonder, système Lucas, de la Lo/ida/i TeleçjraphConstrnctinii ('ompain/, |i(>iivaii recevoir 'iOOO brasses de lil d'acier de 0°in^9 de diamètre, dit corde à piano. Un moteur électri(|ue relevait le lil. Nous devions faire avec ce fd les sondages de grande profondeur, et, sur le Plateau Continental que nous devions explorer avec plus de soin, le remplacer par un câble à trois torons de 2'»ni,3 de diamètre (modèle de Monaco), qui pouvait permettre d'accrocher en toute sécuritéplusieurs instruments. Malheureusement l'usage de ce câble s'est montré impi^aticable. D'abord notre moteur était trop faible pour le relever ; ensuite la résistance de l'eau et le poids du lil rendaient difficile, avec la machine à sonder Lucas, l'appréciation du moment où le plomb touchait le fond. Un fil intermédiaire entre le câble à trois torons et la corde à piano me paraîtrait convenable. Nous avons été forcés de nous servir uniquement de la corde à piano. Nous ne pouvions évidemment songer à mettre, sur un fd aussi cassable, plus d'un instrument à la fois.
Pendant la première campagne d'été, nous n'avons prisdes échantillons d'eau qu'au fond de la mer et h la surface. Nous nous servions d'une petite bouteille Richard, accrochée au-dessus du plondj de sonde qui
Expédition Charcot. — Rouch. — Océanographie physique. 1
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était soit un sondeur Léger, soit un sondeur Buchanan. La température était prise en même temps que réchantillon à l'aide d'un thermomètre à renversement Chabaud ou Richter, étalonné avant le départ et dont nous avions vérifié sur place le zéro. La bouteille Richard a toujours parfaitement fonctionné. Les sondeurs ramenaient rarement du fond, le fond étant surtout constitué de roches. La bouteille du sondeur Buchanan a eu un fonctionnement assez défectueux, car le froid avait enlevé toute élasticité aux soupapes en caoutchouc. 11 serait bon d'emporter des soupapes de rechange, dont on surveillerait la conservation. Quand nous nous servions du sondeur Léger, le poids du sondeur suffisait parfaitement au fonctionnement de l'appareil ; quand nous nous servions de la bouteille Buchanan, nous chargions le fil d'un boulet en fonte de 15 kilogrammes.
Pendant la deuxième campagne d'été, comme nous opérions par des profondeurs beaucoup plus grandes, nous n'avons jamais accroché do bouteille Richard au fil de sonde de la machine Lucas. Toutes les prises d'eau ont été faites à la main, soit avec le sondeur Thomson, soit avec un petit treuil fabriqué à bord, et qui contenait 1 000 mètres de câble à trois torons de 2""ïi,3 de diamètre. Nous suspendions à ce câble une ou deux bouteilles Richard avec leur thermomètre. Ces opérations étaient assez longues, et, comme le temps accordé aux sondages dans ces régions est toujours forcément limité, elles n'ont pas pu être répétées fréquemment. La machine Lucas ne nous servait qu'à mesurer la profondeur de la mer. Un appareil à déclenchement simple avait été fabriqué à bord, et à chaque sondage nous perdions le boulet de 15 ou de 20 kilogrammes qui chargeait le fil. D'ailleurs le fonctionnement du moteur électrique s'était montré défectueux, et la petite machine à vapeur qui l'avait remplacé était juste capable de relever le fil sans aucun poids supplémentaire.
La machine à sonder était sur l'arrière du <> Pourquoi Pas? » pendant la première campagne d'été, et à bâbord devant pendant la seconde. La disposition du tuyautage nécessita ce changement lorsqu'on remplaça le moteur électrique par une machine à vapeur.
Le premier poste était préférable, car le fil de sonde était ainsi plus facilement à l'abri des iceblocks, et, d'autre part, la dérive, forcément importante avec un navire très fardé et peu manœuvrant, n'avait pas