‹ Deuxième expédition antarctique francaise (1908-1910) (volume 3)Chapitre 3 sur 19 · INSTALLATIONS DES INSTRUMENTS · texte numérisé non relu

INSTALLATIONS DES INSTRUMENTS

l'inconvénient de faire passer le lil sous la coque et de causer ainsi presque toujours sa rupture.

Nous avons fait plusieurs sondages en embarcation, le long des côtes, tandis que le « Pourquoi Pas? » était au mouillage. Nous nous servions alors d'une petite machine à main Lucas, sur laquelle on peut mettre 300 mètres environ de fil d'acier en torons de 1 millimètre de diamètre. Ce fil était assez solide pour supporter sans se rompre soit un sondeur Léger, soit une bouteille Richard. Pendant l'hivernage, nous nous sommes servis de cette machine pour sonder et pour faire des prises d'eau. Quand nous ne pouvions pas aller en embarcalioii. la machine était installée sur un traîneau, et on sondait en faisant un liuu dans la banquise. Il faut avoir soin en hiver de bien sécher le fil avant de l'enrouler sur le treuil, car sans cela l'eau entraînée se congèle prescpic ;mssil()l, et il est impossible de se servir de la machine une deuxième fois.

Conservation des échantillons. — Aussitôt la remontée à Innd de l'appareil de sonde, le dépôt recueilli par le sondeur était mis d;iiis un sac en toile et séché sur le poêle du cane ou dans la chaufferie. Quand on s'était servi du sondeur Buchanau. le boudin était extrait à l'aide d'iiu mandrin en bois, le sens du sondeur marqué par une flèche ; lorsque le boudin était sec, on l'enveloppait dans un morceau de calicot étiqueté.

Par suite de la moisissure qui prenait naissance et se développait avec une intensité extraordinaire, les fonds argileux étant difficiles à sécher complètement, les sacs en toile étaient mis rapidement hors d'usage, el j'ai dû les changer plusieurs fois. Le passage à l'équateur au retour leur a été très nuisible à cause du changement de température. Je crois que le procédé du sac n'est pas un procédé de conservation à reconnnander dans une expédition où il faut toujours aller vite et où il est difficile de faire sécher d'une manière absolue les échantillons avant de les envelopper.

Nous avons ainsi rapporté en France 36 échantillons récoltés dans l'Antarctique et qui ont été remis à la Commission chargée d'examiner les Résultats scientifiques de l'Expédition.

Les échantillons d'eau de mer, recueillis plusieurs fois |)ar jour à la surface et, en profondeur, chaque fois que l'on faisait un sondage, étaient conservés dans des petits flacons en verre, bouchés hermétique-

4 ROUCH. — OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE.

ment, et contenant environ 17o centimètres cubes d'eau. Le flacon était rincé soigneusement avec l'eau de l'échantillon et étiqueté, et conservé à bord dans des caisses spéciales jusqu'à ce que la titration soit faite. Lorsque la bouteille Buchanan avait fonctionné, Téchantillon était mis dans des bouteilles d'un litre, bouchées et paraffinées à peu près aussitôt. Nous prenions alors aussi un échantillon d'un litre d'eau de surface. Nous avons récolté aussi plusieurs échantillons de glace de mer. La glace était récoltée à la surface de la mer, mise dans un seau, fondue à la chaleur du poêle du carré, puis mise en bouteille comme l'eau. Nous avons pu ainsi remettre 24 échantillons d'eau d'un litre à la Commission.

Nous avons nous-mème déterminé la titration des échantillons d'eau conservés dans les petits flacons.

Dragages. — L'appareil à draguer consistait en un treuil pour relever le chalut et en une bobine d'enroulement à moteur à vapeur qui enroulait le câble à mesure c|ue le chalut montait. C'était le treuil des ancres qui servait à relever le chalut, et dans ce but il était muni d'une poupée spéciale avec compteur de tours..

Une bôme de charge faisait déborder le cable du chalut de 3 à 4 mètres en dehors de' la coque, pendant le dragage et pendant la remontée du câble. Deux bras enchaînes, amarrés sur le gaillard d'avant, permettaient à la bôme d'étaler l'effort du dragage. A l'extrémité de la bôme, un dynamomètre à ressort indiquait la tension supportée par le câble.

Le passage du câble était le suivant : poulie à l'extrémité de la bôme supportée par le dynamomètre, poulie au pied de la bôme, poupée de treuil et bobine d'enroulement. La bobine d'enroulement, munie d'un frein à friction, portait 5000 mètres de câble d'acier de 10 millimètres de diamètre.

Ce système était vraiment très pratique, et deux hommes seuls suffisaient à faire toute la manœuvre. Malheureusement, à partir de 500 mètres, le moteur d'enroulement était trop faible pour étaler le câble sur la poupée du treuil, et le relevage du filet vertical à 050 mètres fut très diUicile.

Ce défaut de puissance nous a condamnés à ne pas faire de dragages très profonds. D'autres considérations d'ailleurs intervinrent, à supposer

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