‹ Deuxième expédition antarctique francaise (1908-1910) (volume 3)Chapitre 9 sur 19 · CHAPITRE IV Température de l'eau de mer à diverses profondeurs · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Température de l'eau de mer à diverses profondeurs

Toutes les températures d'eaux profondes ont été prises aux stations de sondages à l'aide de thermomètres Richter ou de thermomètres Chabaud, dont l'étalonnage avait été fait par les soins du Laboratoire océanographique de Monaco, et dont nous avons souvent vérifié le zéro. Nous possédions plusieurs de ces thermomètres, et presque tous ont toujours parfaitement fonctionné. Les températures que nous avions à observer étaient toujours très voisines de la temi)érature de l'air, et le thermomètre se mettait, par suit(^, très rapidement en équilibre. Le thermomètre était accroché à la bouteille Richard, qui servait à prendre l'échantillon d'eau de mer. Cette bouteille était munie d'un système à déclenchement à hélice.

Pendant la première campagne d'ét('' du » Pourc|uoi Pas? », les températures furent prises seulement au fond de la mer. Pendant la deuxième campagne, le moteur de la machine à sonder pouvant tout juste relever par les grands fonds le fil de sonde, nous nous servions pour prendre les échantillons d'eau de mer d'un treuil à iiiaiii, et nous avons pu prendre ainsi quelques séries verticales jusqu'à ."iOO mètres, et même, mais exceptionnellement, jusqu'à 1000 mètres.

Enfin, pendant l'hivernage, à proximité de l'oi'l-Circoncision, dans le chenal de Lemaire, nous avons pris (pielques séries de température jusqu'au fond, c'(>st-à-dire loO mètres.

P/'inci/jaux résultats. — Les températures d'eaux profondes que nous avons observées dans le dcMroit de Bransfield, le 20 d(M'(Mnbre lOOS.à proximité de l'île lloseason, et le t\ décembre U)00, près de l'île Bridgman, confirment le résultat déjà signalé par l'expédition du D^'Nordenskjold: à partir d'une profondeur voisine de 500 mètres, la température de l'eau de mer est constante et assez basse, ce qui laisse supposer que le délroil de Bransfield forme un bassin spécial fermé par un seuil

(li)iit la profondeui' serait voisine de "500 à (iOO iiii'tres. (le seuil existe entre l'ile Smith et l'île Snow, on nous avons trouve'' !<• fond à (i!M) mètres, et il ejiisteaussi |)robal)l('iiH'iil mire Tilc Lovv et l'ilr Uialiaul.

Dans la baie de rAmiranlé 1 ile <lu Uoi-Georgej, la température de l'eau de mer, à partir de 7") nièdesenviion jusqu'à 300 mètres, est de G», 2. C'est à peu près la température (jue nous avons mesurée dans le détroit de Bransfield par des profondeurs analogues, et, probablement, comme l'indiquent d'ailleurs nos sondages, la haie de rAmiraul('' est largement ouverte vers le détroit.

Au milieu de Port-Foster (^ile Déception u les tem])ératures sont tout à t'ait ditlerentes. La passe de Port-Foster est étroite et sa profondeur ne dépasse pas une vingtaine de mètres. Les eaux profondes doivent se comporter comme celles d'un bassin fermé et être soumises à la varialion annuelle de la tenipéraiure. Les eaux du fond son! plus froides qu'à la surface. Les séries sont tellement régulières qu'on peut allirnier (|u"au milieu du Port les sources chaudes n'ont aucune influence et proljahlement n'existent pas. Ces sources chaudes, qui fument le long des plages, sont peut-être la cause de la température anormale (|ue nous obsei'vons au fond à 'M) mètres de profondeur dans l'anse des Baleiniers. Nous étions alors à SOO mètres environ du rivage. Tandis que, au milieu de Port-Foster, la température de l'eau de mer, à ^iO mètres de profondeur, es nettement inférieure à 0° ( — 0^3 à — 0° 4), dans l'anse des llaleiniers elle est de 0o,7. Au même endroit, à iO mètres, on observe seulement 0°.

Dans le détroit de Gerlache, la température que nous mesurons 0o,oo à 710 mètres est différente de celle qu'avait observée» plus au nord .Al. Arctovvski ( — Oo,2à 000 mètres).

Le long de la Terre de Cirahain, de l'île Adéla'îde et de la Teri-e Alexandre-l^'", nos |)risesi de. température sont assez dispersées. Connue le fond est excessivement accidenté avec de v(''rilables trous, il est |)robable que nous avons souvent affaire à des jietits bassins isolés. L'eau (le uiei' esl plus chaude au fond ([u'à la surface et est iiormaleuient audessus de 0° à partir de I ilO mètres. Le long de la Terre Adélaïde, où le fond est probablement plus régulier, koVÔ mètres, on observe des tem-

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