‹ Deuxième expédition antarctique francaise (1908-1910) (volume 3)Chapitre 10 sur 19 · ROUCH. — OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

ROUCH. — OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE

pératuros do |o,2, à 330 mètres de 1° et à 150 mètres de 0°, tandis que l'eau de surface a une température voisine de — Oo,o. Entre l'île Adélaïde et la Terre Alexandre-I^"", nous pouvons grouper nos observations de la façon suivante :

Entre 100 et 200 mètres, température moyenne : Oo,5.

Entre 200 et 300 mètres, température moyenne : Oo,(i.

Entre 300 et 400 mètres, température moyenne : 0°,^.

Entre 400 et 500 mètres, température moyenne : 0o,8.

Entre 500 et 600 mètres, température moyenne : 0o,7.

A 010 mètres, température : 0°,9.

La température ne varie donc pas beaucoup avec la profondeur, et cette série d'observations confirme notre hypothèse de bassins isolés, séparés les uns des autres par des seuils plus ou moins profonds.

Il est certain qu'il y a au-dessous de la surface de la mer un aiïîux d'eau chaude qui vient du nord ou de l'ouest. Il faut comparer à ces sondages thermométriques entre l'île Adélaïde et la Terre Alexandre-I^' ceux que nous avons faits pendant la deuxième campagne d'été à l'ouest de la Terre Alexandre. Dans ces derniers, la température de l'eau de mer n'est supérieure à 0° qu'à la profondeur de 500 mètres. A 200 mètres, l'eau est à — 1^,5. Au nord de la Terre Alexa:ndre, dans une région voisine, l'eau est normalement au-dessus de 0° à partir de 150 mètres. Cet alllux d'eau chaude dont nous venons de parler semble donc se rapprocher de la surface à mesure que le fond remonte, et probablement il arrive, en certains points, jusqu'à la surface et est la cause des îlots d'eaux chaudes dont nous avons signalé l'existence dans le chaj)itre sur les températures de surface.

Dans la baie Marguerite, par 250 mètres, l'eau demer a une température de — 1°,2, nettement inférieure à celle qu'on observe par ces profondeurs au large, où elle est en moyenne de 0o,(i.

Dans la baie Matha, par 397 mètres, la température de l'eau de mer est de lo,0, ce qui est tout à fait analogue à ce que nous avons observé le long de la Terre Adélaïde.

Les sondages thermométricjues cpic nous avons faits pendant notre deuxième campagne d'été dans la mer de Bellingshausen s'ajoutent aux

nombreuses séries [ji'ises pur la ■■ Bclyioa » et cuuiiruu'iit la |ilu|iart des résultats que M. ArctONvski a signalés.

A l'est, près de la Terre Alexandre el de la Terre (Iharcol, jus<ju"à 300 mètres de profondeur, la tempéialure de l'eau de mer est inférieure à 0°. A 100 mètres et à 200 mètres, nous avons observé des températures de — |o,7 et de • — lo,o. A oOO mètres, la température de Teau île mcrcst supérieure à 0°.

A l'ouest de l'île Pierre-I^r, nos observations sont dîll'érenles. A

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Figure 3. — Courbe des températures de l'eau de incr.

Courbe n» 1. Courbe n« 2. Courbe n" 3. Courbe n" 4.

Ile Adélaïde : Terre Alexandre-I" : • L = 69<'30'S. L = 69''30'S.

L = 67"S. L = fi8'>S. 0 = 80" W. G = 103<>\V.

200 mètres de profondeur, en eflet, la température de l'eau de mer est de lo,6, et de 100 à 200 mètres, la température varie de — 1^, 1 à lo.O. Jusqu'à 1 000 mètres, la température monte ensuite lentement. Ces résultats sont mis en évidence par les séries que nous avons prises le Kl janvier parL = ()0o20'SelG = OG^WW, lel7 janvier par L = 01>o3o'S et G = lOio K' W .>t le 18 janvier par L = 01)o 15' S et G = lO:!" 17' W.

Plus à l'ouest, le 21 janvier, par L = 70oOO' S et G = I IS" i i' W. à 200 mètres la température est au-dessusdeO°, mais elle est bien plus faible qu'aux sondages précédents (0o,3 au lieu de 1°, i). Le minimum a toujours lieu vers 100 mètres et b^ maximum vers 500 luMi'es. A partir de

32 ROUCH. — OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE.

500 mètres, la tompérature do l'eau de mer décroît jusqu'au iond, que nous avons trouvé à \ 030 mètres.

Le 23 janvier, 'i° plus au nord, les températures que nous observons à 100 et à 200 mètres de profondeur sont presque les mêmes. Ce dernier sondage se rapproche beaucoup de ceux qu'a faits la « Belgica » dans le détroit de Drake.

Afin de mettre en évidence les remarques précédentes, j'ai tracé sur la figure 3 les courbes moyennes des sondages thermométriques que nous avons faits au sud du cercle polaire. J'ai groupé mes résultats de la façon suivante :

La courbe no 1 comprend les sondages du 31 janvier 1900 le long de l'île Adélaïde. Ils se rapportent donc à la position moyenne suivante : L = G7o S et G = 69° W. La courbe no 2 comprend les sondages faits entre l'île Adélaïde et la Terre Alexandre I^r le 10, le 21, le 22 et le 23 janvier 1900. Ils se rapportent à la position moyenne suivante L = 68° S, G = 70° W. La courbe no 3 comprend nos sondages du 1 1 , du 12 et du 13 janvier 1010 pris par environ L = 00° 30' S et G = 80° W. La courbe n^ 4 comprend nos sondages du 10, du 17 et du 18 janvier 1010 pris par L= 09° 30' S et G = 103° W. Nous avons tracé en pointillé la courbe du sondage du 21 janvier lOlOprispar L = 70^00' S et G =^U8o44'W.

Les séries de températures d'eaux profondes que nous avons prises dans le chenal de Lemaire, pendant l'hivernage du « Pourquoi Pas? », à Port-Circoncision, doivent être considérées à part. Elles donnent la variation annuelle de la température jusqu'à la profondeur de 150 mètres. Cette variation est très sensible. En hiver, à 150 mètres de profondeur, on observe une température de — 0^,7, tandis qu'en été on observe 0^,4. L'anqditude est donc de 1»,!. A la surface, l'amplitude de la variation annuelle de la température de l'eau de mer est de 3°.

TEMPÉRATURE de L'EAU de MERâ DIVERSES PROFONDEURS.

Dates.

Heures.

Position.

Profondeur en mètres.

Température

29 décembre 1Q08.

(Détroit de Branslk-ld.)

Surface.

II m .

L = 64" 33' (Détroit de Gerlache.)

Surface.

28 décembre.

Chenal Peltier.

Surface.

Chenal de Koosen.

Surface.

29 décembre.

Chenal Peltier.

Surface.

i5 janvier 1909.

L = 670 42' (Baie Marguerite.)

Surface.

(Baie Marguerite.)

Surface.

Surface.

16 janvier.

II m.

Surface.

17 janvier.

Baie Marguerite.

Surface.

21 janvier.

Surface.

22 janvier.

Surface.

Surface.

Surface.

23 janvier.

Surface.

il janvier.

Surface.

Surface.

II m.

Surface.

Surface.

Expédition Charcol. — Rouen. — Océanographie physique.

ROUCH. — OCÉANOGRAPHIE PHYSIQUE.

TEMPÉRATURE de L'EAU de MER à DIVERSES PROFONDEURS.

{Stiilf.)

Dates.

Heures.

Position.

Profondeur en mètres.

Température.

3i janvier 1909.

Surface.

Surface.

!"■ février.

Surface.

(Baie Matha.)

27 mars.

Chenal de Lcmaire.

3 juin.

Chenal de Lemaire.

Surface.

12 septembre.

Chenal de Lemaire.

Surface.

17 novembre.

Chenal de Lemaire.

Surface.

26 novembre.

Chenal de Roosen.

Surface.

27 novembre.

Ile Déception (anse des Baleiniers).

Surface.

9 décembre.

IleDéception(au milieu dePort- Poster).

Surface.

21 décembre.

IleDéception(au milieu de Port Poster).

Surface.

24 décembre.

(Près de l'île Bridgman.)

26 décembre.

Baie de l'Amirauté.

Surface.

Baie de l'Amirauté.

Surface.

TEMPERATURE de L'EAU de MER à DIVERSES PROFONDEURS.

Dates.

Heures.

Position.

Profondeur en mètres.

Température

■ ■ janvier 1910.

Surface.

12 janvier.

Surface.

i3 janvier.

Surface.

16 janvier.

Surface.

G = 1040 iS'

Surface.

18 janvier.

Midi.

Surface.

21 janvier.

Surface.

23 janvier.

Surface.

CHAl'ITRE V Chloruration et densité de Teau de mer.

Les échantillons d'oau do mer que nous avons récoltés pendant le voyage du « l*ourquoi Pas? » étaient conservés dans des bouteilles à fermeture hermétique, du modèle employé au Laboratoire océanographique de Christiania. J'avais l'intention de déterminer la chloruration à bord, pendant le voyage, mais les nombreux essais que j'ai faits ont été infructueux. Quoique cette mesure soit très facile à l'aide des pipettes et des burettes de Knudsen, que j'avais emportées, sur un bateau aussi petit que le nôtre et aussi encombré, où l'on n'a à sa disposition qu'une petite quantité d'eau et pas toujours pure, où l'on sent que l'on gène partout où l'on s'installe, on rencontre mille difficultés que j'avoue n'avoir pas pu surmonter. Et plutôt que de m'entêter à faire des mesures dans des conditions de précision peu satisfaisantes, j'ai préféré garder toute ma collection d'échantillons et ne faire la détermination de la chloruration qu'au retour, dans le premier laboratoire confortable. Au mois de mars 1910, j'ai trouvé à Montevideo, dans le bureau météorologique national, un laboratoire où chaque jour on fait des mesures analogues, pour étudier la salinité de l'eau du rio de La IMata. M. Hamlet IJassano, directeur du service météorologique de l'Cruguay, a bien voulu mettre ce laboratoire à ma disposition, et j'ai pu ainsi déterminer avec précision et sans hâte la chloruration de plus de 200 échantillons que j'avais rapportés. Cette méthode a eu au moins l'avantage de faire toutes les mesures absolument dans les mêmes conditions.

J'ai fait les analyses de la façon suivante : j'ai dosé le chlore contenu dans 20 centimètres cubes d'eau de mer (mesurés avec une pipette de Knudsen), au moyen dune solution titrée de nitrate d'ai'gent (mesurée avec une burette de Knudsen), en me servant du chromate de potasse comme réactif indicateur. Toutes les dix analyses d'échantillons, je faisais une analyse d'eau normale. Cette eau normale m'avait été fournie

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