‹ Deuxième expédition antarctique francaiseChapitre 2 sur 15 · DESCRIPTION DES COTES ET BANQUISES L\ STRICTION S NAUTIQUES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES COTES ET BANQUISES L\ STRICTION S NAUTIQUES

Par M. BONGRAIN

LIEUTENANT llE VAISSEAI , llÉTACIlÉ A I.'k\ l'I.I'l 1 lus l'Ail I.E MIMSTÉIIE llE LA MAIIINE

AVANT-PUOPOS

La région parcoui'uc cl cxploi'ée par lu Mission anlai'clic|U(' IVaiicaisc mOS-HHO comprend la partie Ouest de l'Antarctide Sud-AuK'iicaine, depuis Tile IJridgnian, dans les Shetlands du Sud. juscpiau l^ii^ degré de longitude Ouest de Paris.

Cette région, di'ià visitée par de nomhi'eux e\ploral(>nrs, présentait encore de nombreuses lacunes à partir du (la^ de laliliide vers le Sud.

Lîi vaste baie entrevue pai' la n lielgicu ", (jui lui avail allrilmi' h lort je nom de (b'ii'oil de iJismarck, n'avait |)U être e\plor('e (|ue de loin par rKxpédilion française n)03-100;i.

On n'avait (pie de très vagues données sur la région au Sud de cette baie : ipielques-unes des iles Biscoë, le cap Waldeck-Rousseau et (juelques sommets de la Tei'i'e de (Iraham pei'metlant seuls de faire supposer sa continuité.

Au Sud ettrès|)rèsdc la ligiuule côte appelée Terre Loubei, Biscoëavait placé une île à laquelle il avait attribué î) milles de longueur el (pi'il avait appelée île Adélaïde. Plus au Sud encore, Bellingshausen, de (lerlache et Evensen avaient vu la Terre Alexandi'e-i*''' sans pouvoir l'appiocber à plus de iO milles.

Ex/iédilioii Charcol. — BiiNfiiiAiN. — DescriptiDn des cotes cl iMnijuisi.-. i

La partie entrevue de cette terre marquait la limite Sud des connaissances géographiques dans cette région.

Enfin, dans la partie au Nord du 61»^ degré de latitude, aucune carte d'ensemble ne reliait les découvertes des divers explorateurs : Smith, Palmer, Bellingshausen, Bransfield, Powel, Dumont d'Urville, Ross, Dalmann, les baleiniers de la Dundee fleet, Larsen, Evensen, deGerlache, Nordenskjôld et enfin Charcot (1903-190li).

Plus heureux que nos devanciers, profitant d'un bel été et d'un état favorable des glaces, nous avons pu relier et définir toutes ces découvertes en partant d'une station centrale dont nous avons déterminé la position en latitude et longitude absolues : l'île Petermann.

Au Sud du 65^ degré de latitude, pénétrant dans les détroits qui séparent les découvertes de premier plan antérieures, nous avons étudié les arrièreplans, établissant la continuité de l'Antarctide Sud-Américaine, depuis la Terre Louis-Philippe jusqu'au 69^ degré de latitude Sud.

Enfin faisantsuite à l'île Alexandre-F'" (Terre Alexandre-I^r), nous avons découvert, au 70^ degré de latitude, une terre nouvelle, la Terre Charcot, qui marque actuellement la limite Sud des terres connues de l'Antarctide Sud-Américaine.

Nous tenons à remercier ici les savants qui nous ont conseillé, et dont l'aide efficace nous a permis de mener à bien notre travail, et spécialement M. le directeur d'hydrographie Bouquet de la Grye, aujourd'hui disparu ;

M. le directeur d'hydrographie Hanusse, qui nous donna ses meilleurs instruments d'étude et nous ouvrit les portes du Service hydrographique de la Marine, où nous pûmes rédiger cartes et travaux, soutenus et guidés par les conseils des éminents ingénieurs hydrographes;

MM. Benaud, Favé, Mion et Bollet de l'Isle.

Nous remercions également M. le vice-amiral Fournier et M. le capitaine de frégate Guyou pour les facilités qu'ils nous donnèrent au Bureau des longitudes et pour leurs précieux conseils.

Nous terminerons en remerciant le Dr Charcot et tous les membres de Tétal-major de l'expédition pour l'aide (ju'ils nous ont donnée, tant par leur concours direct que par les renseignements souvent précieux que chacun se faisait un plaisir de nous apporter. Enfin nous envoyons un

amical souvenir à M. liohuul. cipilMiiic au lim;^ cours, cuf'af^c comme matelot dans rexpédition, dont le zèle, l'initiative el l'inslruction loutà fait supérieure nous furent d'un si grand secours tant dans le lever tiue dans la rédaction de nos cartes.

Lieulunanl Je vaisseau M. l!oNGnAi>.

INSTRUCTIONS GÉNÉKALES Aspect général des terres.

La côte Ouest de l'Antarctide Sud-Aiiiéi-icaine présente beaucoup d'analogie avec la côte chilienne de la Patagonie :

Mômes hautes montagnes tombant presque à pic dans la mer, mêmes lignes d'îles rocheuses laissant enti-e elles et la côte des chenaux profonds; même ceinture de récifs en défendant les approches.

La ditVérence de latitude seule modifie sensiblement les aspects.

La glaciation intense qui règne dans l'Antarctide nivelle les accidents de faible importance, ne laissant sortir de l'uniforme manteau de neige (|ui recouvre les terres que des massifs aux sommets déchiquetés surle bord de la côte. Plus à l'intérieur, les lignes semblent plus régulières, et Ton n'aperçoit plus que des dômes neigeux ou plutôt les ondulations plus ou moins élevées d'un plateau glacé.

Les îles sont ou montagneuses avec leur base ensevelie dans la neige, ou basses avec une carapace de glace qui les recouvre entièrement, leur donnant cet aspect de calotte si commun dans l'Antarctide.

Les points de débarquement sont assez rares sur les côtes de la terre ferme, surtout au Sud du cercle polaire.

Partout où le rocher ne tombe pas à pic dans la mer, tle hautes falaises de glaces en défendent les approches.

Seules quelques pointes, quelques presqu'îles, quel([ues dépressions sont accessibles, permettant de grimper avec beaucoup de ditlicultés sur des glaciers généralement assez crevassés sur le Ixud de la mer et qui ne mènent qu'à petite distance dans l'intérieur.

4 DESCRIPTWN DES COTES ET BAX{)UISES.

l.es ilos sont plus alxir-dnljlos surloul du côté du Nord-Est, où l'on trouve assez souvent le roc à lui. I^a partie Sud-Ouest, au contraire, est généralement enfouie dans la neif^c, qui forme une carapace glacée tombant en falaise à pic sur la mer. (les phénomènes sont dus à la prédominance des vents de Nord-Est dans ces régions, vents qui sont presque toujours accompagn(''s de précipitations de neige.

Platcdu (:(iiil'inoid(il . — l.e plateau continental Ouest de l'Antarctide Sud-Américaine est relativement restreint et très accidenté.

Généralement, en partant de la côte, on rencontre tout d'abord une série de fonds rocheux très iri'éguliers, présentant de nombreuses émergences de récifs souvent ti'ès accores.

Puis la sonde tombe brusquement entre 400 et (iOO mètres, avec des fonds vaseux s'étendant en pentes douces et plus ou moins régulières vers le large.

A partir de 600 mètres, ces fonds tombent rapidement à 1 000, 2 000 mètres et plus vers la fosse du Pacitique Sud, où les fonds se maintiennent entre iOOO et .'i 100 mètres.

Un atterrissage à la sonde est donc tout à fait impossible dans cette région.

Les lignes d'îles sont cou|)ées de chenaux souvent profonds.

A terre des îles on rencontre des fosses quelquefois très profondes, comme celle du détroit de Mransfield, qui atteint 1700 mètres; celle du chenal Grandidier, qui dépasse 000 mètres, et celle de la baie Marguerite, qui dépasse 800 mètres.

A partir de la latitude 6/0 30', le plateau continental prend une im|iortance i)lus considérai)le, s'étendant parfois sur 2 à3 degrés dans la région de la mer de la « IJelgica ».

L'ile rierre-|cr jic parait pas lui être rattachée ; la ligiu' des fonds de 1 000 mèti'cs ex|)loré(; par la « Belgica » passe en efl'et à 2 degrés plus au Sud, et un sondage fait par le » Pourquoi Pas? » à 3 milles de sa côte Nord n'a pas rencontré le fond à 1 iOO mètres.

Climat. — Tempêtes.

Nous renvoyons pour ces questions aux travaux de M. le lieutenant de

vaisseau Rey ot (1<»M. r('iisrii;iii' de vaisseau Kuiicli. iiii''l(''(ii'()|()i:,ucs dos deux ('\|M''(lili(iiis ri'Miicaiscs.

Nous uous conlciileroMs de l'aiiM» r(Miiai'L|Ui'r que leurs ()i)servat ions ont porté sut' deux années 1res dissenii)laides. I/muikm' 1!)(M, où le « Franeais» hiverna à Waudel, lui une année froide piM'senlanl des étés déteslaldes el leni|)èlueu\, alors (|ue l'hiver médian lui rdalivement calme ot l'roid.

L'année l'.IO'.l, où le « roui^iuoi l'as? ■ liivei'ua à Peterniann, nous donna au cnnlraire de beaux (■h's. mais un liivci' chaud ([ui ne fut qu'une suile inteiniiiiahle de [em[i("'li'.

Il sérail donc dans ces condilions tout à l'ait ()r(''matur(' de lii'ei'uue loi |)ra!i(|ue (|uelconque de ces observations.

Pendant l'été, on rencontre assez fréi|nenmienl <les brumes avec ou sans |»r('ci|)ilations de neige ; ces brunies ne se produisent f^uère qu'avec veut faible.

Les lempèles [)rennenl pi'es(|ue toujours entre l'Kst l't le Nord-KsI, présentant une analogie frappante avec les coups de ncuI d"(hiesl à Sud- Oiiesl de nos côtes : leiiqis bouché. pr(''(ipilalion d'une neige très line en petits cristaux produisant des chasse-neige intenses sur les terres. La baisse du baromètre précède de très peu le coup de vont qui persiste entre l'Est cl le Nord-Est jusqu'au inomi'iil du minimum l)arométri((ue.

La température s'élève même en jdein hiver dans \o voisinage du ()"('.. et s'y maintient tant (|U(^ le vent l'este au Nord-l']st.

Le beau temps, souvent très court, ne revient (pi'après que le vent a tourné au Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest. Ace moment, le ciel se dégage en parlant du Sud, et la température baisse rapidenient.

.M. Charcot donne les indications suivantes pour la prévision prati(pie des coups de vent dans le détroit de Gerlache et en particulier à Waudel, indications (pii l'ont rarement induit en erreur loi's de la campagiu' du " Français >- : ■■ liaromèlre en baisse, hausse rapide du thermomètre, houle quelquefois plusieurs jours avant les coups de vent, grande panne noire avançant jdus ou moins vite dans le détroit de Gerlache. »

Dans l'île l'eleiinann, le coup de vent ne s'établissait qu'avec un retard de plusieurs heures sur les lies du large.

Nous avons souvent constaté soit sur les sommets de Waudel, soit sur

les crouiics dos îles Vedel, des chasse-neige intenses, alors que nous

étions encore dans le calme à Port-Circoncision.

Courants.

Il ne nous a étô donné de faire que très peu d'observations de courants dans le voisinage des terres.

Dans le chenal de Lemaire, le courant de marée portant Nord était seul appréciable.

Dans la baie Matha et la baie Marguerite, même courant de marée sortant des fjords et entraînant des morceaux de banquise au large.

Près des terres, une observation d'iceberg idenlilié à vingt jours de distance, faite par M. Godfroy, semble prouver que le courant porte au Nord-Kst.

Un rencontre d'ailleurs des nuées d'icebergs, depuis la mer de la « Belgica » qui semble être leur lieu de rendez-vous, jusqu'à l'archipel de Palmer, alors qu'au contraire les Shetlands et le détroit de Bransfield en sont très dégarnis; il faut donc un coui-ant Nord pour les amener sur ces côtes.

Plus au large, à la hauteur de l'Ile Adélaïde et de la Terre Alexandre-pr, le courant semble porter Sud; on ne rencontre d'ailleurs que peu d'icebergs jusqu'à la banquise.

Dans le voisinage de l'île Pierre-I^r, nous avons rencontré un courant Nord entraînant avec lui de formidables agglomérations d'icebergs.

Plus à l'Ouest, le courant est très variable, et nous renvoyons pour tous renseignements à notre carte de la banquise, sur laquelle les courants ont été indiqués en force et direction.

Dans le Pacifique Sud, le courant porte au Nord-Est en s'infléchissant au Sud-Est dans les parages du cap Horn et à l'Est au milieu du détroit de Drake.

Explication de quelques termes usuels.

BaJK/insr. — Terme général s'appliquant à la glace formée sur la mer. Banquise solide ou côtièrr; Ikuj ice. — Glace de mer soudée à la côte et

no présentant que dos failles sans importance. Elle est séparée de la côte par la cassure de marée.

/Irnit/i/r/fr rnlièro. — Portion de glace de mer reposant sur des rochers et qui, ne participant pas aux mouvements de inin'M', est séparée de la banquise côti«"'re par la cassure de marée, ou, si celte tlerniére n'existe pas, formant une [)elite falaise de glace.

Pack ; hanquko de (Irrirc — Accumulation de tous les matériaux glaciaires qui llotteut sur la mer en fragments plus ou moins serrés.

Isbpvfi^ ireherr/, fjlaçoii (Duniont crirvillo). — Bloc de glace de vastes dimensions provenant des glaciers flottants.

Icehlocs, himrijiiujnnns. — Petits blocs de glace de terre provenant des glaciers ou des icebergs.

Plaques., nappes., fines. — Morceau plus ou moins important de glace de mer.

Icehlimk. — Teinte blanchâtre plus ou moins intense que prennent les nuages au-dessus de la banquise.

Lamlhl'inck. — Même teinte, mais bien plus intense et d'une teinte légèrement jaunâtre, produite par de vastes étendues de neige sur la terre.

Watersky. — Teinte gris bleu que prennent les nuages au-dessus des clairières d'eau libre englobées dans la banquise. Cette apparence du ciel est souvent très trompeuse.

lluiuwnrk. — Accumulation de glace formée par les débris des plaques, qu'une pression de la banquise a serréesfortement l'une sur l'autre, et qui constitue des monticules sur le bord des plaques.

Inlandsis., inlandiee. — Carapace de glace qui recouvre l'intérieur des continents en nivelant les inégalités du sol.

Nunatack. — Pointe de roches peri;ant le manteau de neige des terres.

Icebergs. — Les icebergs de l'Antarctide se présentent sous plusieurs formes :

1° Icebergs tabulaires aux formes géométriques et aux dimensions colossales : leur longueur peut atteindre 2 milles et la hauteur de leur partie émergée une (juarantaine de mètres. Suivant leur degré d'ancien-

8 DESCRII'TIUN DES COTES ET BANiJUISES.

iiolé, ils sont plus ou moins rongés par la nier, pi'i'sentant des grottes, des arches de l'oniies vai'i(!'es et des éperons sous-niarins ;

2° Icei)ergs en foiiue diles, moins fréquents que les [jremiei'S, mais encore très importants, provenant probablement des falaises côtières ;

3" Icebergs aux formes inégales et contournées, comme ceux que Ion rencontre dans le Nord. Ces icebergs sont une transformation des précédents produits par chavirement, quand la partie immergée a été sulFisamnicnt rongée par la mer pour nécessiter une nonvelle assiette, ils sont généralement moins importants (jue les précédents, mais souvent plus élevés, atteignant jusqu'à 80 mètres.

Il y a lieu, dans le voisinage des côtes, d'accorder une attention spéciale à la position des icebergs, qui peuvent donner des renseignements très intéressants pour la navigation.

Suivant leui's formes et leurs dimensions, les icebergs peuvent avoir un tirant d'eau allant jusqu'à 300 mètres cl peut-être plus. Cependant, en considération de l'inégalité des fonds dans le voisinage des côtes, nous allons indiquer dans quelle mesure le navigateur pourra se fier à ces balises flottantes.

Très près d'une côte, on ne doit jamais se considérer en sécurité si l'on range à petite distance un iceberg, surtout entre la côte et Ini (échouage du « Français » en lOOo).

Une côte garnie d'une accumnlation d'icebergs à faible distance de la falaise ou du rivage et libre de glaces vers le large, comme cela se rencontre assez fréquenuiient (côte Nord-Ouest de l'île Adélaïde), est presque sûrement saine à distance raisonnable (1 mille environ) de cette barr'ièi'c

l ne |)()inte débordée par une ligne d'icebergs est presque sûrement malsaine.

Une île présentant une ligne presque continue d'icebergs entre elle et la côte est réunie à cette dernière par des hauts fonds ou tout au moins un seuil.

Si, au contraire, les icebergs sont concentrés sur l'île et sur la côte, laissant un large espar<' libre de glaces, cet espace est presque sûrement sain.

Une accumulation d'icebergs à une certaine distance de la cote penl indi(iuei' un haut tond.

l'ne haie dans la(|uelle se ti'ouveid des icebergs présente sùreint-nl une passe d'accès.

Un chenal dont les l'ives sont garnies d'icebergs et le centre libre de glaces est [jrestpie sùi<'nient sain.

(les considéi'alions, (pii paraiiroiil un peu des ('vidcnces, nous ont send>l(' utiles pour permettre au lecteur de juger du rôle encore considérable (pie des icebergs peuvent jouer dans le balisage de l'Antarctidi', fi en le mettant aussi en garde contre Tatlribution d'une trop grande sécul'ité au fait de leur présence.

lianquises. — ï^es Ijanquises de l'Antarctique se divisent en banquises solides côtières et lianipiises du large ou pdrL-iic.

Les banquises solides côtières forment généralement, du fait de leur épaisseur, un obstacle absolu à la navigation. Elles sont souvent fendues de failles plus on moins larges et séparées de la banquette côtière par la cassurr de marée.

Des icebergs emprisonnés s'y rcnconti'ent fréquennucnt, nageant dans un p<'tit lac d'eau libre et entourés j)arfois de troupeaux de Phoques ;i plus de ;{0 kilomètres de la mer libre. La banquise du large, formée d'élémciils Ir'és divers, flors variés, ii-chlocs et n'obrrus. peut être ou ne pas être navigable, suivant le degré de cohésion de ses parties constitutives.

L<'s lloes sont de dimensions et de formes très variables.

Au point de vue de la navigation, nous les classerons en trois catégories :

1° l'Ioes neigeux ne présentant qu'une mince couche de glace recouverte par une couche variable de neige et que l'élrave d'un bâtiment polaii-e rc>mpl avec plus <ui moins de facilité. Ils pr(''sent<'nl sons l'i^au une ItMutr jaunâtre ;

2° Floes verts plus épais que les précédents et b('auc()U[) [)lus solides; leiu' partie supérieure est toujours recouverte de neige, mais leur partie inuuergée paraît teiidée en vert clair. L'(drave d'un bâtiment ne leur fera (pic peu de dégâts", |iar contre, le bâtiment rec(>vra des réactions très dures, (le sont des blocs à déplacer, mais non à briser ;

3° Floes Ideus, très épais, de 1 à i mètres au-des'sus de l'eau, [letits

Expédition Charcot. — Bo.NcnAiN. — DuscripUoii des tôles et bamiuises. 2

icebergs en niiiiiature, proviennent probablement des terrasses cùlirres. Leur étendue peut atteindre plusieurs centaines de mètres. La partie innnergée présente l'aspect l)leuté de la glace de terre ; presque aussi durs que des icebergs, on peut essayer de les déplacer, mais il sera bon de s'écarter de leurs parages.

Un navire surpris entre deux de ces tloes par une compression de la banquise serait infailliblement broyé.

Ils sont (railleurs assez rares. Nous n'en avons rencontré qu'un groupe important dans la baie Marguerite, sur une étendue de plus de 2 milles.

Limites des banquises.

La banquise qui défend les approches des côtes de l'Antarctide est de situation et d'étendue très variables, suivant les circonstances atmos[dîériques qui ont présidé à sa formation et qui règlent sa désagrégation.

La débâcle peut se produire en plein hiver, sous l'influence d'une série de coups de vent, comme elle peut ne pas se produire de toute l'année. Les observatoires subantarctiques seuls peuvent donner quelques indications sur la probabilité de l'état des glaces telle ou telle année.

Cependant, sauf Larsen dans l'été 1002, aucun navigateur n'a sigiuilé de banquise au large de la ligne Terre Alexandre-Archipel de Palmer et au Nord du 67e degré de latitude pendant l'été. Dans cette saison, les détroits de Rranslield et de Gerlache sont généralement libres dans leur partie Nord, ainsi que les côtes de l'archipel de Palmer et des Shetlands.

Dans le détroit de Bismarck et dans les chenaux des îles qui lui font suite vers le Sud, l'état des glaces sera plus variable.

C'est ainsi qu'en février 1909 nous avons vu la mer libre baigner toutes les côtes jusqu'au cap \\'aUl('ck-Rousseau.

Le << l''ranrais -, au contraire, avait toujours vu la banquise envelopper, depuis le cap Albert-de-Monaco (île Anvers), le contour extérieur des côtes jus(prà rejoindre la grande bancpiise du Sud.

A partir de l'ilt' Adélaïde, la banquise subit l'influence de l'intensité de la glaciation dans la mei' de la « Belgica '> et suivant les circonstances atmosphériques, on peut la rencontrer à |jartir du cercle polaire comme

DESCRIPTinX DES COTES ET BANQUISES. ii

ne la tiouvcr (|uau TOedoyrt' de latiliulc, en dehors des baies bien entendu. Nous doiuici'oiis pour chaque région un exposé (lélaiUé de létal des f^laces pciiilant notre séjour.

Cartes.

Nous tenons, avant de connnenccr TcHnde d(''taillée des côtes, à prévenir le lecteur que nos cartes générales ne sont (|ue des croquis provenant d'une exploration ra})ide, sur lesquels nous avons placé tout ce que nous avons vu, en utilisant les procédés de l'hydrographie expéditive toutes les fois (|ne les circonstances atmosphériques nous l'ont permis.

(l'est assez dire (pi'il existe encore de nombreuses lacunes, surtout au point de vue de la si'-cnrité de la navigation, et que tout navire voguant dans ces parages ne devra cherchiM' dans ces cartes qu'une indication et non une certitude.

Il s'enlourcra de toutes les précautions (pi'il estd'usage de prendre dans les parages où l'hydrographie complète n'a |)n être faite.

On ne saurait trop recommander, chaque fois que la mer sera calme et libre de glaces, de s'assurer d'une bonne veille dans la mâture, comme cela se faisait dans ranci<^nMe niarine; non |)ar l'olliciei' de quart, qui doit toujours se leiiir à portée à la fois de ses cartes et des moyens d'action du bateau, mais simplement parunhomuie intelligent et dou('' d'une bonne vue, connue le sont tous nos matelots.

Page 1