ÎLES SHETLANDS DU SUD
Les ili.'S Shetlands du Sud. di-coiivertcs par Smith dans un voyage de Buenos-Ayres à Val[)ai'aiso, s'c'Iendent vers rOuesl-Sad-Onest, entre les méridiens 50 el ()5, comme en avanl-gai'de de l'Antarctide Sud-Américaine, (les îles, conslitu(''es de roches éruptives et volcaniques, sont à parlii' du Nord-Est : lilc Clarence, l'ile Éléphanl, rUr l'.ridgman, l'ile du Koi-George, l'ile Nelson, l'ile lioberls, l'ile Greenwicli, l'ile Livingstone, l'ile l)('ception, l'ile Snow, l'ile Sinilli el l'ile Low.
Cette délimitation est d'ailleurs j)arfailement arbitraire, la jn^nurie de
soiula;^(*s dans cette région ne permettant pas d'affirmer que les îles Elépliîint et C.larence fassent parti du même plateau continental que les autres, ni que toutes ces îles soient reliées par un plateau sous-marin à l'archipel de l'aimer, dont il sera parlé plus loin.
Le seul fait certain est qu'entre le groupe Ouest de ces îles et la Terre Louis-l'hilippe se trouve une fosse d'une profondeur maxima de 1 700 mètres, fosse qui se continue jusqu'à l'île lloseason, dans l'archipel l'aimer.
Nous di'voiis cncor'*' constater que les rochei^ Kendal et Austin ne peuvent, dans VHiû actuel de nos connaissances, être reliés à cet archipel, pas plus qu'à la Terre de Palmer, aucun sondage n'ayant été fait dans les détroits f|iii les séparent.
Les côtes Nord de l'archipel des Shetlands sont précédées d'un véritable labyrinthe d'îlots et de récifs ; les côtes Sud, au contraire, ne présentent de rochers que très près de terre.
Ces îles sont séparées par des canaux généralement profonds et facilement navigables, sauf les détroits de Field, Mac-I^'erlune et Morton, et encore maiique-t-on un peu de précision à cet égard.
La côte Sud des Sbetlands est, disent les Instrucfin/is >un<tif/i/ps-, encombi'ée de glace de dérive au commencement du printemps :
Dans nos deux séjours en di'cembre IIIOS et en novembre et décembre 11)09, nous n'avons rencontré de glaces que dans la partie Sud du déti'oil de iJranslield.
Les baleiniers (pii Iravailleiit d'octobre à mars à Déception depuis cinq ans n'oiil sigii ib- (piiuic; fois une entrave de ce genre à leur travail :
Le 22 octobre l!MO, le détroit de liransfield était complètement bloqué pai- les glaces dérivant (bi Sud-Ouest au Nord-Lst, cl les baleiniers durent attendre plusieurs jours au large.
Kniin certaines années e\c(q)tionnelles, telles que l'année 1903, où Larsen renconli-a le pack au Nord des Shetlands, ce phénomène peut être observ('', mais il doit èti-e rare.
Il y a lieu de faii'c toutes réserves sur le prétendu voile lugubre de bnunc f|iii en\el(ip|ic ces îles pendant loul TiHé.
Sans (biiilc il \ a (pielques l)rumes et de nombreux coups de vent, mais
|Miiirl;iiil l'dii voil souvoiit I(> soleil, et le tem[)s, peiidanl notre séjour, lui |ii('S(|U(' Idiijoiirs iiiaiii;il)li'. Bien rares sont les.jours 011 les baleiniers, en se Mieltant sous le venl des îles, ne penv<Mitse livrer à la [)ècli(î sur leurs petits vapeurs de '200 tonneaux.
Iles Éléphant et Clarence.
Ces îles montagneuses n'ayant pas été visitées par l'expédition, nous n'en parlons que pour mi-nioire.
Ile Bridgman.
L'île Bridgman, débris d'un ancien volcan, ne présentait plus de traces d'activité lors de notre passage.
Elle all'ecte la forme d'une pyramide tronquée, le plateau supérieur étant incliné vers le Sud et couvert de neige.
Ses parois, de couleur brun rougeàtre, sont presque à |)ic sur la face Nord, en pentes relativement douces vers le Sud, où elles sont noyées dans les éboulis. (l'est sur cclli' lace Sutl (|U(' l'on rencontre quelques petites plages d'accostage et une rocquerie de Pingouins.
Plusienis |)etils rochers débordent les pointes d'une cinquantaine de mètres au plus.
In soudage à 1 mille de la cote Est a donné (jOO mètres; sur cette face, l'ile ])arait d(Uic très accore. Ses dimensions sont de 1 mille svu" 2 milles et sa hauteur d'environ 170 nu-tres.
L'île, nud située sur la carte de l'Amirauté anglaise, a été placée par nous par des observations astronomiques.
Un seuil sous-marin de 000 mètres au-dessous du niveau de la ujer semble la relier à l'ile du lloi-Cieorge.
Ile du Roi-George.
L'île du Roi-George, (buil nous avons longé la côte Sud, ne présente pas, à proprement parler, des sommr|>, mais |)lutôt quelques bossesdénivelant la carapace glacée ipii encroûte prescpie toute sa surface.
i'.h ot là. se détachant sur lo blanc mant(^au de nci^o, çmcri;ont quelques ntoiatarhs el ([uelqnes falaises rocheuses.
I)<' la pdinle Xorlh-Foi-eland au cap Melville, la côte est formée par raboutis.seiiieut de la cara[)are ylncée de l'intérieur; elle présente de hautes falaises de glace bordées de récifs ou dilots, tels que l'île Simpson et les rochers de l'Orn.
Le cap Melville est le seul accident de cette région formé par un petit sommet pointu, prolongé p;ir iiiie élioite langue locheui-e presque liorizonlale, et aux falaises à pic du C('dé Sud.
A partir de la pcdnte Melville, la côte court à l'Ouest, se creusant d'un premier golfe dans lequel la carapace glacée de l'île s'arrête à des éperons rocheux, dont le pied baigne dans une plaine basse de glace.
Cette phiiiie envoie vers le Sud une langue de terre qui se termine par la petite île aux Pingouins, puis se recreuse d(^ nouveau pour former la baie Saint-George, profonde échancrure au fond de laquelle se trouve une dépression.
Toute cette côte est hérissée de nW-ifs. Bransfield signale (jue, par vents d'Ouest et de Nord-Ouest, il y a mijuillage dans l'Ouest-Sud-Ouest de l'île aux Pingouins par f^ h 'Mi mètres d'eau, fond de galets. C'est dans tous les cas un mouillage forain.
A partir de la dépression, b cMo se dirige vers le Sud.
La carapace neigeuse vicMit aboutir au Sud à partir du cap Martin, dans une série de caps rocheux et de falaises à pic entre lesquels s'écoulent des glaciers.
Les Inslitifliiuis /i(ni/i(/i/f>s signalent un mouillage entre la baie Saint-George et la baie de l'Amirauté; nous n'avons rencontré, dans cette région, aucune indenlation de la côte pouvant présenter un abi-i, et ce mouillage nous parait plus que douteux.
I>a côte, après avoir couru à l'Ouest juscju'au cap Syzerol, s'échancre vcis le Ndi-d-Nord-Ouest pour former la baie de l'Amirauté, sur laquelle nous reviendrons plus loin avec détail. Après cette échancrure, la côte court de nouveau à l'Ouest en |irésentard, toujours le même aspect de cara|»ac(» neigeuse.
Un cap rocheux de foi-nie li'ès caraciérisliijue marque une indentation
DESCRIPTinX D/^s- COTES ET BANQUISES. 15
assez prolbnclc doiil le Iniu! est occuik' juir un placier cl <|iii (■(irrcs|)(iii(l à Polter-Cove ou Forl-Colliiis.
[)(• nombreuses aiguilles de roche ijaiiseni ccl abri, sur I('(|uci nous ne pouvons donner aucun ronseignemenl.
La côte s"ai)aisse alors doucemenl vers le détroit de Field, percée de place en |tlace par ((uciques nioiatdhs cl bordc'c de cailloux.
Hau'. m: i."A\in!\ni;. — Celte vaste (''chancrurc, qui creuse prorondénient file du Ivoi-iieorge, |)résente les meilleurs mouilhijues des Shetlands.
Son vestibule est large et profond, saut' dans le voisinage des pointes de rentrée et sur la côte Ouest, où des rochers la déboident à plus de 1 mille.
La pointe Est de l'entrée est prolongée jjar un seuil à environ 2 milles au Sud-Ouest. A cette distance les fonds atteignent plus de 100 mètres.
La côte Est présente lont d'aboid des falaises rocheuses tei'ininées par les capsLegru, Syzerol e| N'auri'al.
Des lignes d'ilols et récifs prolongent ces pointes; le plus imporlanl, l'îlot Chabrier, est habité par une colonie de Pingouins.
Entre la pointe Vaui('al e| la pointe Hennequin, la cote se creuse légèrement poui' servir dissue à un vaste glacier, le glacier de Lii'ville.
Aucun danger ne nous a pai'ii didiorder de la falaise de glace.
La côte Ouest du vestibule pr(''sente. au large, le pâté de l'ochers sur leipii'l s'échoua le vapeur norvégien « Telefon ». Elle est assez découpée; (le nombreux caps réchancrenl en baies, qui peuvent peut-être oflVir un abri, mais elle est bordée de récifs et semble malsaine. Une importante colonie de Pingouins esta signaler dans sa partie Nord.
Le vestibule de la baie de rAmirauté se prolonge au Nord par trois fjords :
Vjord M((ifrl. — 0 fjord, siln»' à l'Est, semble le plus indiqué pour y fournir un bon abri; nous y avons tr(Uivé deux bons niduillages, où les plus grands bâtiments sont en sécurité.
La |)ré(lonnnance des vents de Nord-Est oll'i'e d'ailleurs de fortes chances poni' (|ne ce fjord soit le pi'cmicr lilire des glaces de l'hiver.
L'anse Lussi(di, dans l'angle Snd-I'lst du Ijord, oll're un mouillage le long d'un glacier crevasse'', mais dont les lancements ne sont pas à craindre à cause de la |)etite plage (pii le borde.
i6 DESCRIPTION DES COTES ET BANQUISES.
line avan('(''(> snus-iiinriiic |)rovonanl piobablenicnl dune aucionno moraine y lurnie un cMcllenl point de mouillage, avec des fonds variant de 8 à 30 mètres, suivant les besoins. Dans ces fonds, formés de vase glaciaire, l'ancre et la chaîne s'enfouissent profondément, assurantune excellente tenue.
De petites plages, où nous avons trouvé des Phoques, sont à proximité, assurant de plus, lors de la fonte des neiges, un facile ravitaillement en eau douce dans les ruisseaux (pii viennent y aboutii'.
L'anse Visca, dans le Nord du tjord, présente, à proximité de la plage Est du massif L'Ilmann, un bon mouillage par 2'.') mètres de fond, vase glaciaire compacte.
A SOmètres de la grève, on trouve encore S mètres de fond.
On doit se délier de la pointe Sud-Est de l'anse, qui est un peu débordée |)ar un caillou.
Sur la carapace neigeuse au fond du fjord se dresse un monolyte très reconnaissable, l'aiguille Ternyck.
Fjord Machrlhir. — (le fjord, séparé du précédent par le massif Keller, semble devoir fournir de bons abris contr(> tous les vents régnants.
A la vérité, son aspect est peu engageant : du côté Ouest et Noi'd s'(''tend un vaste glacier aux falaises à pic, ne présentant de point de déban|uemeut que sur la grève de l'anse fornK'e par la pointe Crépin.
Du côté Est, le massif Keller envoie de nombreux épei'ons dans le tjord. séparant de petites plages de galets et débordés par des rochers et récifs.
Aucun sondage n'a été elVectué dans ce fjord; cependant nous conseillerons à un navire qui y chercherait un mouillage; de ne pas ranger la cote Esta moins de .300 mètres.
Fjord Fzciirra. — (le fjord, dont le centre est occupé parî'ile Dufayel, semble ^/////o// peu abrité des vents d'Est.
Sous l'ile an mouillage Montevideo, l'abi'i est (b'-testable ; les rafales venant de tons ceMés font donner de brusipies rappels à la chaîne, et l'une d'elles nous lit chasser, malgré l'excellente tenue du fond de vase glaciaire.
Les Ijaleiniers avaient, paraît-il, l'halntude de n)ouiller entre l'île et l'éperon l'ocbenx du fond; mais si, en cet endroit, la bi'ise est plus régu-
lièrc, I;i inor y ost |)lus forte et devait les gêner considérablement dans leur travail.
Faute de temps, nous n'avons pu sonder les deux petites anses de la côte Sud de ce tjord, ni constater si la langue de sable qui forme à l'entrée du fjord sur la côte Nord l'anse Denais, était l'anse signalée par les /nstructions naKtifjues comme permettant la mise au sec d'un bateau.
Cependant il n'y a que dans ce fjord que |)eut se trouver la baie en question.
Nous ne pouvons donner d'indication sur le ryoment où les glaces permettent d'accéder dans la baie de l'Amirauté. Lors de notre passage en décembre, nous n'avons trouvé que quelques lignes de petites glaces et dice-blocs dans \o vestibule, (-es glaces, peu importantes, ne pouvaient gêner la navigation, même pour des bateaux enfer, dépendant, à maintes reprises, les baleiniers ont été entravés dans leur travail par ces glaces et ont abandonné cette baie en grande partie à cause d'elles.
En l'.tll, un baleinier est retourné dans la baie tle l'Amirauté et a mouillé dans le fond du fjord PiZcurra, ayant trouvé le fjord Martel encombré de glaces.
Iles Nelson, Roberts et Green^wich.
(-es trois îles, dont la bruine nous a empêché de faire un levé suivi, se présentent sous l'aspect de trois carapaces de glace, sans sommets apparents.
Leur côte Sud est formée par de nombreux contreforts rocheux, se terminant par des ca|)S et servant d'appui aux fronts des glaciers. De nombreuses aiguilles de roches jalonnent les côtes.
Ile Livingstone.
Tout autre est l'aspect de l'île Livingstone, qui projette de puissantes chaînes de montagnes orientées NordEst-Sud-Ouest atteignant 9o0 mètres au mont Rowles et 1 O08 mètres au mont lîarnard.
Os chaînes parallèles laissent au Sud, entre leurs contreforts, passage à deux Ijdfds [irofonds. Kalse bay ou baie de I^almer, dont le fond est occupé par un vaste glacier, et South bay, ou baie d'Ereby, qui se divise
Expédition Charcul. — BoMiiiAiN. — Di^scriptioii îles cotes rt banquises. 3
i8 DESCRIPTION DES COTES ET BANQUISES.
on deux branches, dont l'une, In Ijranche Nord-Est, contient, paraît-il, d'excellents mouillages utilisés comme abris par les baleiniers et même une espèce de pelit bassin à flot-le Johnson-dock.
Nous n'avons pu, malgré notre désir, hydrographier ces baies, cl nous souhaitonsqu"unedes])rochainesexpéditions dans celte région commence son travail parce lever de toute première nécessité pour la navigation.
Ile Déception.
L île Déception est la plus connue du groupe des Shetlands, ayant toujours él(' le point de relâche principal des pêcheurs. Cette île, entièrement volcaiiicjue, affecte la forme d'un anneau coupé d'une étroite brèche au Sud-Kst.
Elle ne présente actuellement d'autre trace d'activité que ses sources chaudes, des fumerolles (^t la ten)p('rature élevée de son sol.
Ses collines atteignent au maximum îiOO mètres et projettent sur presque tout leur pourtour, du côté de la mer, des falaises glacées à pic.
A signaler cependant quelques belles plages à l'Ouest correspondant à une dépression qui rejoint le lac intérieur et à l'Est au fond de deux ravins formés par les derniers contreforts des collines. Ces [)lages servent de pointd'atterrissage aux Pingouins, dont les énormes rocqueries couvrent les pentes voisines. Vu le manque de sondages et du fait de la découverte de nombreuses roches bordant la côte, il ne sera pas bon de la ranger à moins de 1 mille.
La brèche de l'entrée du lac intérieur, ou j»asse du « Challenger » , s'ouvre au Sud-Est; sa largeur maxima est de GOO mètres; elle est encombrée sur sa côte Ouest par des pâtés rocheux qui rétrécissent sa largeur utilisable à un peu moins de 200 mètres. Cette passe est cependant accessible aux navires de tout tonnage et très facile à suivre, étant en ligne droite.
Les instructions pour la pratiquer sont très simples: contourner l'île à boime dislance jusqu'à ce (pi'on ait reconnu la passe. Tourner de manière à venirranger le mouolitlic de l'entrée, entre 50et 100 mètres, puis suivre la falaise Nord-Est à enviidii 100 mètres eu tcnaid compte du l'ait (juc celle l'alaise, ayant un à-|)ic de WV.) mètres, on pourra avoir tendance à
s'en croii-c li'dp r;i[i|)i'och(''. Deux ((Mes tic cailloux soiil visiblos au pied (le la falaise, dont elles débordent de 10 mètres au plus. Arrondir la pointe intérieure Nord-Est, qui so proloni!,e un peu par une terrasse de cailloux débordant d'onviron "iO mètres le dernier l'ochei- visible; tous les dangers sont alors parés.
Le bassin intérieui' l'orl-Fnstor ou Yankee-llarbour, suivant les cartes, est long d'environ (i milli's; sa profondfnir maxima est de 170 mètres, vase. Ses côtes sont sujettes à de nond^'cux changements, dus soit à des soulèvements, soit à des apports de cendres provenant d'éboulements ou déposés par les glaciers.
La comparaison de notre cai'te avec ci'lle de Foster iiidi(|uera de nombreuses modifications de la ligne de côte.
Presque tout le pourtour du lac est occnpé par des plages de cendres 1res accores; les bas-fonds ne sont à craindre que dans le voisinage des falaises.
Aussitôt entrés dans le lac en venant de la passe, nous trouvons, à l'I^^st, une profonde échancrure : lanse des IJaleiniers, encore connue sous le nom de New-Sandefjord.
Oite anse n'est à recommander ({ue pour les bâtiments qui possèdent au moins dix maillons de chaîne sur chaque^ ancre, ou à ceux qui veulent s'embosser.
La partie Sud est constituée par les contreforts de la falaise de l'entrée ; quelques rochers la débordent, mais seulement de quelques mètres. Le fond de la baie est formi' par une plage de cendres très accores.
Au nord, se trouve une terrasse rocheuse horizontale, alUeurantà marée basse et très accore sur sa lisière; des sources chaudes en sortent (piand clic (b''c(ni\ rc.
Si Ton mouille, ce sera au milieu de l'anse par des fonds de 7(1 à 80 mèlres de vase noiràlre d'excellente tenue, si l'on file assez de chaîne. Lors des coups (le veiil, les conmiunications avec la (erre seront assez diificiles.
Si l'on (b'-sire s'embosser, on devra mouiller deux ancres, l'une au INord-î >ues( e| l'antre à l'Ouest, avec nue Ikumic louée de chaîne, les coups de veni de Nord-Ouest à l'Oue.sl ('(anl assez frtMpn'Uts, tandis (jue les vents tle Sutl sont gént'ralement faibles; s'eudjosser alors l'arrière au
Nord-Est, soit en disposant des ancres à terre, soit en utilisant comme point d(^ tournage le rocher noir du fond de l'anse. Les ancres à terre devi'ont (Mro enfouies profondénicnl, li's cendres n'ayant que peu de cohésion.
Le plus mauvais poste dembossage est sans contredit le fond i\ord-Est de l'anse, car la terrasse rocheuse dont il a été question précédemment ne permet pas le mouillage d'une ancre au Nord-Ouest; c'est ce qui explique que [)ar vent de Nord-Ouest le vapeur chilien « Gohernador Bories », pris en travers par le vent, a été poussé à la côte, sans d'ailleurs se faire d'avarie.
Nous insistons de nouveau sur le fait que les petits navires comme le « Pourquoi l'as ? » et les baleiniers, qui ne peuvent fder dans la partie vaseuse de l'anse que une fois et demie la hauteur du fond, la chaîne sur le bout, ne p<'uvent tenir au moindre souffle de vent.
De nombreuses ancres et chaînes ont été abandonnées dans l'anse.
Par tous les temps au fond de l'anse, le travail est possible le long du bord.
On peut s'approvisionner d'eau douce, soit le long de la falaise Sud, soit en établissant des barrages dans les lits de torrent, au fond de la baie. A assez faible distance du rivage, ces torrents sont déjà au-dessus du niveau du pont des bateaux, de sorte qu'avec des manches en toile on peut tout au moins, à marée basse, amener directement l'eau des barrages à bord par simple différence de niveau. L'eau recueillie est excellente pour tous usages.
A signaler, dans l'angle Nord-Est de la baie, à quelques centaines de mètres du rivage, une pyramide de maçonnerie élevée à la mémoii'e d'un capitaine de baleinier enlevé par une lame dans les parages de Déception.
La terrasse rocheuse du Nord se termine un peu avant la pointe Nord- Ouest de la baie.
Cette pointe est formée par \uw plage à pente raide et très saine à l'cnrontre de l'indication portée sur la récente édition de la côte anglaise.
La côte se dirige alors vers le Nord en |)lages accores, que l'on peut serrer de très près, sauf à l'embouchure d'une |K'tite rivière qui donne issue à un lac intérieur, presque à sec à marée basse.
On arrive ensuite à unelii^ne de falaises noirâtres, (|iii de loin semblent consliluées jtar du rocher, mais (|iii ne sont en réalité (jue rahoulissement (l'un j^laeier fossile, avec ses couches alternées de cendr<'s et de glaces. La |)lage reprend ensuite au pied des collines et présente un })etit enfoncementsemi-circulaire, vestige de ce que fut autrefois le fjord bien abrité de Penduluni-C.ove, comblé depuis le passage de l'ester pai- des ébouli-ments du massif du mont l*ond. Le fond du fjord existe encore sous la forme d'un petit lac.
In navire peut y mouiller entre 100 et 200 mètres de la côte, par des fonds variantde 20 à30mètres, mais de médiocre tenue (cendres vaseuses). Un s'y trouvera à l'ouvert des ventsde Nord-Ouest et d'Oiu-st, qui envoient un gros clapotis dans la baie. Cependant un navire qui chasserait et irait à la côte n'aurait que peu de chose à craindre, la plage étant très accore et entièrement constituée par des cendres.
La côte, bordée de mamelons, se continue en étroites plages de cendres jusqu'à la falaise au Nord. Plusieurs petits torrents issus des vallées peuvent fournir une eau chargée de cendres, mais excellente une fois reposée. Les Phoques semblent affectionner cette partie de la baie; nous en avons compté plus de 200 sur l'une des plages.
On pourrait mouiller tout le long de cette côte comnu^ à Pendulum- C.ove, les fonds étant les mêmes, c'est-à-dire de 20 à 30 mètres à 200 mètres de la berge.
La côte, un instant rocheuse, court à l'Ouest, puis redescend au Sud, en formant une baie dans laquelle les baleiniers avaient échoui' le << Télefon », pour pouvoir le renflouer l'année suivante.
Cette baie présente des plages en pentes assez douces dans sa partie Nord ; sa partie Sud est occupée par une terrasse rocheuse, immergée de 1 à 2 mètres au-dessous du niveau de la basse mer et qui se prolonge jus- (ju'à la falaise qui termine la baie au Sud.
Cette falaise, d'une couleur brun noirâtre, enserre un petit lac circulaire d'une profondeur de 7 mètres qui occu()e l'emplacement d'tui ancien cratère. Lapasse qui coiuliiit à ce lac n'est praticable qu'a marée haute et seulement pour les embarcations. La falaise ne doit pas être approchée à moins de 200 mètres du côté du lac.
laix cà\o s(> civmsr d'une nouvelle haie aux plages accores ; puis après une nouvelle l'alaise, en loul seniMable à la préeédenle, se creuse d'une vaste baio, aufondde laquelle vient aboutir l'émissaire d'un lac intérieur. (^e lac occupe une dépression qui coupe de part en part la ligne des hauteurs de l'île et permet d'accéder du côté du large sur la belle plage dont nous avons parl(' précédemment. Une petite colline contournée par l'émiss'iirc (lu lac présente (|uel(]iies fumerolles.
D(^ cette baie jusqu'à la passe du « Challenger », la côte est un peu plus rocheuse et les plages plus rares, jusqu'à la [lointe où est établie une rocquerie tie Pingouins. Nous retrouvons là une belle liaie faisant face à l'anse des baleiniers et dont la partie Sud à renlr(''e du goulet est encombrée de pâtés rocheux.
Kn fin décembre lOOS, Port-Foster (Hait libre de glaces. Le 2l\ novembre 1909, une banquise assez épaisse occupait tout le Nord du lac, mais elle était en voie de désagrégation (les baleiniers, quelques jours avant, l'avaient trouvée ti-ès compacte).
Elle disparut le 15 décembre après avoir encombré la passe de sesd(''bris pendant deux jours.
Quant à la côte extérieure de l'île, nous pensons <pu' l)ien rarement pendant l'été on peuty rencontrer autre chose que des icebergs errants.
Au prinlenqis 1910(22 octobre), les baleiniers ont trouvé le détroit de Bransfield bloijué par le pack; mais quelques jours plus lard la l'oute de Décej)lion ('tait lil)rc.
Ile Snow.
L'île Snow est entièrement couverte [lar une carapace de glace de faible élévation et entourée d'une ceinture formidabb» derécifs la débordant tiès au large.
Ile Smith.
L'île Smith est constituée [tar une arête rocheuse très élevée, d'où pointent deux pics, les sommets l'isco (1320 mètres) et Beaufort ou Poster (200(hne|res) et ne laissantà son jiied quejuste la place d'un |)etit
DESCRIPriOX DES COTES ET BANQUISES. 23
nicil-ninnl (jhic'icr. 'IVrs à |iic du cùl»'> Nord, l'aivle s'abaisse dourcinciit vers le Siul pour former la [xiiiile James, (]ue i)i'oloii!4eiit deux rochers à |)ie.
I^a cote Nord de l'ile Smilli e.sl d(''li(ii'il('e à l milles en mer par des hasfoiids décelés par des brisants ; il ni' laiidrail iVm*.- pas se rapproclier outre mesui'e de eette île (piand on [iraliiiue le dr'lroit d(.' Hoyd. V\\ sondage au milieu de ce d(''l('oil a domii' (lOO mètres.
Ile Low ou Jameson.
L'île Low est une calolle de i;lace (i-ès décou|)ée sur ses cotes et bordi'O d'uiu' glande (piaiilité de pàlés rocheux entre lesquels ou trouve, dit-on, de bons abris. Les contours de l'ile sont à peine esquissés sur les cartes.
Dangers isolés.
11 nous reste nu mot àdii'e à [)ropos de trois pâtés rocheux qui jalonneni le détroit de liranstield.
Sail-Rock, au Sud-Ouest de lile Ih'ceplion, est un petit rocher à pic d'une allilude de ()"i mèti'es.
Les rochers Austin c(impr(M)nent un |)àté considérable de rochers et d'écueils. Ils nousoni paru sains à I milleau Nord et auSud des dernières roches visibles.
Les rochers Kendal, situés au Nord-Est des précédents, uont pas été visités par nous.
État des glaces dans le détroit de Bransfield lors des passages
du « Pourquoi Pas ? » .
En décembre 1!)U8, nous n'avons rencontré que quelques rares iccberf^s " dans le détroit et |»as de ijanquise.
Eu novemjjre lUU'.l, la route du didroil de (jerlache à lilc Déce[)tion était com|)lètement libre ; (|ue|(|ues icebergs seuisjalonnaiont les îles.
En décembre l!Mt!l, le « P(nii(pioi l'as? », se rendant de l'ile Déception au détroit de TAnlarctic l 'l'ci ir L(inis-l'liilippe), se heurta, à une vingtaine de milles de la côte, à un jjnk,-ke assez lâche, mais formé de blocs très
élevés et déchiquetés comme s'ils avaient été depuis longtemps battus par les tempêtes ; leur étendue était peu considérable. Très lâche sur la lisière, où de grandes dents se dirigeaient vers le Nord, ce pack semblait de plus en plus serré vers la Terre Louis-Philippe. 11 s'apj)uyait sur l'île Trinity, englobant la Terre Louis-Philippe, les lies Pendleton et Astrolabe, et sa lisière se dirigeant vers le Nord-Est passait à une dizaine de milles au Sud de l'ile Bridgman.
Une banquise semblable, rencontrée en 1903 par l' n Antarctic », ne lui permit que de gagner la baie de l'Espérance, le détroit qui porte son nom étant infranchissable. Nous remarquerons qu'en cette année 1903, comme en 1909, l'ile Déception était, àlafinduprintemps, bloquée intérieurement
par une banquise solide.
ARCHIPEL DE PALMER. — TERRE DE PALMER. — TERRE DE DAN- 00. — DÉTROIT DE GERLACHE ET DE BISMARCK. — ARCHIPEL DU KAISER-WILHELM.
Ces côtes et détroits ont été étudiés en détail par les expéditions de la « Belgica », de 1' « Antarctic » et du « Français » ; nous renvoyons aux travaux de ces missions, dont nous avons sur plusieurs points pu contrôler l'exactitude.
Nous nous contenterons de signaler une manifestation volcanique qui fut observée par les baleiniers en 1910, au Nord-Est de l'ile Trinity, dans le détroit de Davis-Gilbert. Un petit baleinier, commandé par le capitaine Mikkelsen, fut soulevé par une colonne d'eau considérable qui s'elfondra sur le navire en brisant toutes les superstructures. Le capitaine y trouva la mort, mais le navire fut sauvé. Ce fait fut contrôh' par un autre baleinier, qui se trouvait dans le voisinage et qui vit l'accident.
Nous reprendrons la description des côtes au point où l'avait quittée M. le lieutenant de vaisseau Matha {Expédition française 1903-1 905) ^ c'est-à-dire à la baie Girard, au Sud de l'ile Wandel.
Terre de Danco au Sud de la baie Girard.
Le massif Scott borde la partie Sud de la baie Girard, formant une
DhSCRIPTIOX DES COTES ET BANQUISES. 25
soi'lc (II' Ici' ;i clicv.il (loiil l:i coiivi'xili'' csl loiirm'i- vers celle Imic e| préseillaiil (k'S [uiiiiis |ii'es(|ue m |iic le Idiii; (les(|iielles (lesceiideiil de iiiiimscules i^laciei'S en cascade. La h luieili' de ce iiiassil' vai'ie de S(HI -i I (1(1(1 iiièlt'e--. Il serl d'a|i|iiii à un vasli^ i;laciei' dont les falai- es Ixicden.! le Tond de la liaie (lirai'd el (|ui sendde |(i'endi-e naissance au |ded dune terrasse éievi-e ilonl nous pailei-ous plus loin.
Lue aiii'uille rocheuse de ii7(l nièlres d'allilude se détaclie du massif à nii-|ienle du c()lé de la niiM'. Sur le (dieual de Leniaire, entre deux contreforts, un i^lacier sus|)eudu de pelites diuiensiiuis forme une j.;rotle à sa [larlie iufi'rienre.
Ce {placier, qui avait (Hé [)hoto;.!,ra|ihi('' par la •< lielgica ". ne seud)le avoir vari('' ni en forme ni en (Mendue d(>puis le passai^e de ce navire.
Sépar('' du massif Scolt par une dépression occupi''e par un i;lacier. le |ielit massif l»us(dieri^-, beaucoup moins élevé (^470 UK-Ires , lernune une des liran( lies du fer à cheval sur le (lieual de l^emaire.
1/auh'e lir.iuche à l'inférieni' pi'(''sentc des pentes rocheuses à pic vers l'Ouest el des pentes neiiieuses beaucoup plus douces vers l'l']st. où sa base se noie dans le lilacier.
La c(Me, juscpTaloi-s orieut('e au Sud-Sud-Ouest, se diriiije iMisuite au Sud-Sud- l^^st.
Du massif Dusidjerjj; part un vasteyiacier assez plal, (pioi(|uetrés crevassé sur le bord de la mer et qui enserre le pi(>d de buis les massifs de l'intérieur.
Après avoir présenté des falaises crevassées de Khi 20 mètres de hauteur^ ce glacier s'abaisse brus(|uenu»nt prescpie au niveau de la mer, dans le pr(dongement de la coiicavib'' du 1er à (du'val, pour se ndevei- ensuite en falaises d(Mdiiiiuetées et chaotiques perpétuellement en (b'uiolilion pendant ['('II' el vai'ianl enire 20 et 30 mètres de hauteur. Nous ne re|r(Uiverons delioi'dure rocheuse (pi"à la hauteur de ti'ois petits îlots b)rniant le prolongement en mer du massif lUamliard.
Une pointe rocheuse eldeiix de ces ilôts constituentune petite bai(> (pu' nous n'avons pas sond('e, mais (pii e>| accessible [)Our les endjarcations et permet de grimper sur le glacier.
Ex/jéililinn flinrriit. — fiii-Nciurs — llisciiplion (Jes ci'itos et lian.;u!ses. 'i
26 DESCRIPTIOX DES COTES ET BAXÇl^ISES.
Lit falaise Je ylaoe re|ji'eiiil ensuite avec la même éli'valion pour se terminer au petit sommet Rasmussen.
Lesommel Uasmusscn (232 mètres) n'est qu'un accident rocheux du massif Mill. l'ii r(»pli de roche forme un petit fjord {jouvant abriler un(^ embarcation à proximiti' d'un point accessible du glacier.
i.e massif Mill est constitué par une dent rocheuse entourée de tous côtés de dépressions assez basses occupées par des glaciers peu crevassés ; il laisse entre lui et les massifs du cap Tuxen une vaste échancrure, la baie Waddington, dont le fond, occupé par un glacier, nous a toujours paru encombré de glaces, des icebergs de forte dimension s'y promenaient à l'aise.
Le massif, ipii se termine au cap Tuxen, est bordé des deux côtés par la mer et constitué de plusieurs croupes et sommets aux parois à pic, en particulier sur la côte Sud.
Faisant suite à un dos d'âne neigeux, nous renconti'ons d'abord au fond de la baie Waddington le pic Lumière ( i OiO mètres I, soi'te de cône neigeux sur sa face Nord, et couronné d'un chapeau glaciaire sur sa face Sud, où l'on voit le rocher à nu sur ses pentes.
Un cône de moindre impoilance, S77 mètres, presque entièrement dégarni de neige, le flanque au Sud-Ouest. Après une faille étroite et profonde, le massif se continue dans deux escarpements aux lignes ari-ondies, qui s'abaissent au Sud-Ouest dans une dépression élevée de 200 mètres.
Un à-pic remarquable la domine, formant le sommet Demaria (;J9I mètres), remarquable par son aspect de chat acci'oupi ; ses pentes sont presque entièrement dépourvues de neige. L(»s dernières roches de ce massif forment le cap Tuxen. Plusieurs enfoncements ou ljoi-ds de peu d'importance et sur lesquels nous ne pouvons donner de renseignements se trouvent dans les replis des roches du cap.
La côte dans le voisinage paraît assez accore, sauf à l'Est de l'îlot, qui termine la pointe. Cependant nous avons pratiqué trop peu de sondages pour donner un r'enseignement sûr.
A partir du cap Tuxen, la côte se dirige vers le Sud-Est, formée par un pied-mont glacier provenant des éboulis du massif. Le seul accident est (•(jusfifiK" |)arunc poi ni i' rocheuse : la |)t)iiiledela llélivi-ance, après laquelle
la (•(■||i' suit les coiitoiirs (lu pic Lumière, |iuis se creuse en servaul d'issue à un vasle i^laciei' (|ui vient de rinti'i'ieur. Ce i^laeiei'. assez |ilal et très crevassé, se termine sui' la nier par des falaises de 30 à 10 mètres de hauteur.
l'iie longue ligne de sonnnets rnriieux lui sert dajipui au Sud et vient se tel iniiiei- |)ar les sommets du cap des Trois-l*erez.
i.e cap des TiHiis-Perez u'ap Troo/ des cartes l:)(dges) est très remar- (pialde d'aspect avec sa haute falaise à |)ic sur la Ijaie Heascochea, ses deux sdinmets et son aiguille coni(pie très aigui- et dont Taxe est fortement incliné sur la vei'ticale^
Montagnes intérieures.
Plusieurs excursions faites sur le glacier et raccordées ])ar notre triangulation côtière nous ont [x'rmis d'avoir une idée assez exacte de la lopogra|ihie intérieure.
Le massif l'eary. (|ui n'est en r(''alit('' <pie la l'ace Su(l-()uest des monts du Matin, est un plateau neigeux de près de 2000 mètres d'('lévafion ; sa surface es! i-n gi'ande jtartie nivelée par la neige ; il [)r(''seute siii" prescpie tout son jionrtoiii' des falaises à pic, dont le [lied vient liaigner dans la vaste plaine glacée (pii le s(''pare de la mer.
(le massif, ipii l'ornie le no'ud de l'orographie de cette région, envoie sur celte plaine glac(''e, sous l'oiane d'émergences assez chaotiques, une séi'ie de massifs secondaires disposés sur des lignes plus ou moins l'égulières, orientées rw ge'MUM'al à l'Onest-Sud-Ouest et auxquels font suite en mer des lignes d'iles.
(l'est d'aixu'd la ligne de sonnnets qui se termine au massif (lloos sur le chenal de Leniaire ; puis les sommets llegnard aux formes arrondies, prolongés un [)eu dans l'Ouest par le sonnnel Xozal. Leur faisant suite s<' dresse le pic Shacklelon (^1 ilio mètres,, dent neigeuse aux parois à pic vers l'Ouest et flanquée de deux aiguilles neigeuses. Ce massif se prolonge par une ligne de sommets en fer à cheval dominé par le })ic Chaigueau (72."» mètres . l ne petite bosse provenant de ce massif, le somnu't Blanchard (3i8 mètresj, a éti- utilisée comme station hydrographique [lonr
^8 DISSCRTPTJOX DLS COTES ET BAXOUISES.
T'Iablir une li^iiic de iiicjiii'ls sur le i^l.-K'icr. I.cs piquels enfouis sous la lU'igc n'oiil |iii ('lie rrti()uv('s ;ia |ii'iiitem|is suivniil.
La face Siid-nucsl tlii massif J'eary ollVc ras|i(Tf d'un vaste glacier en cascade crevassé d'une faron chaotique. Elle se prolonge au Sud-Ouest par le massifSwifl IJaIsh, presijue dépourvu de neige et aux somineLs aigus atteignant 1 000 el 1 030 mélre.s.
Au Sud, les sonuuets du Touring-fllub el iJoland forment la liaison du massif Peary avec le massif de Tuxen.
Entre le sommet Boland et lu ligne de sounnets qui se termine au cap des Trois-l'erez, une dépression assez profonde était visible vers l'Esl, donnant peut-être accès dans l'intérieur du continent.
Nous pensons tpie le massif l'eary se prolonge peu vers rinléricnr au delà de cette dé])ression. M. Matha (Expé(///lon du » Français ») avait constaté (pie les glaciers de la baie des Flandres ne semblaient pas dépasser it'O à .'iOO mèli'es vers Tintérieur, aucun sommet ne paraissant en arrière d'eux. De notre côté, nous avons constaté qu'au soleil levant le massif Peary envoyait sur les montagnes de la baie Beascochea un cône d'ondin^ pai'faitement limité aussi bien à VV.^i (\\.ik l'Ouest, semblant |)r(iuver risnlemenl de ce massif. Ue plus du cap des Trois-Perez nous avons |iarlailemenl vu la jM-nle Sud-Est du massif.
Baie de Beascochea.
Le cap des Trois-Perez mai-que la limite NortI d'une profonde échancrure(pie ri']\pédition de la (( IJelgica » avait cru pouvoir identifier avec le détroit de Hismarck. L'expédition du " Français », arrêtée à l'île Berllielol, n'avait pu voir le fond de celte baie et la repri'sentait comme un(^ l('-i;èi'e indentation du rivage. ÏNous eûmes la chance, profitant d'un (Mat exceptionnel des glaces, de pouvoir p('M('trei' presque jus(pi'au fond de cette baie; ce n'est qu'à ce |)oiut (jue nous pûmes constater (pi'il s'agissait, en réalih', non d'un (b'Iroil , mais d'un vaste Ijoi'd, préseidaut Ijeaucoup d analogie avec la baie des Flandres, entouré sur ses deux berges de massifs chaoti(iues et pr('senlanl dans le b)U(l une terrasse assez plate d'une élévation de SOO à 1 000 ni(4res, coupée de jtlace en place par des issues de glaciers.
DESCRIPTION DES COTES ET BANQUISES. 2y
lu |iAlc Kiclii'iix, souili' ;ui massif drs Trois-Perez par iiii islliiiic l»as, roniic une |M'(ilt' anse peu j)iutond(\ présentant, cliosi' l)i('n v.wc, une Im'IIc plai;!' (le pelil i;i'a\i('i'.
l II i;i'aiul glafiei" sépare le massif des Trois-Perez d'une arête roelii'iix' seiiililaiil le rrlioid d'iiii |)la(eau, mais dniil nous n'avons |)n voir la parlic supérieure. (Jelle arête est à pic sur la haie lîeascocheat lie laissant à son pied qu'un pied-mont glacier provenant des éboulis de la crête. Elle se prolonge jusqu'au fond de la baie, où elle tourne brusquement au Nord, en formant un caj) rocheux à pic, en arrière ducpiel iiiuis avions apenii nu glaciei' en cascade semblant provenir du sommet (le la terrasse.
A l'Est de c(> glacier, nous retrouvons le rebord d'une terrasse qui semble à peu près horizontale, avec des falaises à pic du coté de la baie, montrant le rocher à nu dans sa ])artie inférieure ; sa base est d'ailleurs noyée dans une plaine l)asse de glace.
La hauteur de cette terrasse est d'environ 800 à 1 000 mètres; la croûte glacée qui la surmontai! el cpii clail iietlement dill'éreiicii'e de la partie rocheuse |)ouvait avoir une l'-paisseur d'une centaine de mètres.
La terrasse ne nous a pas paru domiiu'e [)ar des sommets dans l'intérieur; elle forme (ont le fond de la baie, creusée de plusieurs cirques d'où sortent des glaciers. Elle est prêcédi'e sur la côte pai- des pâtés rocheux de couleur rosée ccjinplètement sé|)arés d'elle, aux lignes chaotiques, et doiil le pied baigne dans un glacier bas (jui vient se terminer en falaises sur la baie.
La terrasse se termine au Sud-Ouest ou })Iutôt se relève assez brusquement sur les pentes d'un massif élevé d'environ 2 000 mètres et qui présente beaucoup d'analogie avec le massif Peary. Ce massif, dont nous avons pu suivre le prolongement du sommet de l'île Petennann, descend en pentes douces vers l'Est jusqu'au plateau intérieur.
Ce |)lateau, conq)lètement couvert de neige, étend à |)erte de vue ses vallonnements, ne présentant aucun accident saillant, mais seulement dénivelé de place en place par des bosses neigeuses de faible élévation au-dessus de son niveau moyen.
Le massif précédent, ipii en forme comme le rempart, est pres(|ue à pic sur sa face Ouest, et le rocher est à nu sur la majeure partie de sa
liautcui'. Son [licd Ijai^iic dans une jilaiiio glacée, rt, de même (jn<' ]dns au Nord, toute une s('rie de aiassil's chaotiques et déchi(iuet(''s lui servent davaul-gai'de vers la \\\or. Deux de ces massifs, séparés par des dépressions glaciaires, bordent la haie au Sud. Une langue de glace, la pointe Nunez, dominée par deux petits mamelons rocheux idenli(|ues d'aspect, forme le cap Sud-Ouest de l'entrée de la baie.
Iles au Sud de l'île "Wandel.
Ii.E Ho\v(;.\Am). — Grosse lie ayant à peu près la superficie de Tile Wandel, mais beaucoup moins ('levée (300 mi-lres) et recouverte entièrement d'une carapace de glace, présentant presque de tous côtés des falaises à pic. On ne peut guère débarquer sur cette lie qu'aux abords des pointes malsaines d'ailleurs ; elle ne semble offrir aucun abri sérieux.
Ile Peti-hmanx. — Cette ile, sur laquelle nous avons hiverné, est de dimensions beaucoup plus faibles que la précédente. Elle est constituée par un pâté rocheux de 12o mètres d'altitude, flanqué de chaque côté de presqu'îles assez basses, creusées profond('ment de petits fjords dontl'un, celui de l'I^^sl (Port-C/irconcision^, offre un abri parfait pour un navire moyen, qui s'y trouvera comme dans un bassin accosté à l'une des berges rocheuses. Deux pâtés de roches en défendent l'enlri'e sans l'obstruer. La houle du large ne s'y fait que peu sentii-, suffisaunnent toutefois pour fatiguer assez rapidement les amarres que l'on aur;i toujours intérêt à remplacer par du grelin-chaîne pour un séjour de quelque durée. On devra toujours conserver au moin I>",.jO d'eau sous l'avant que l'on entrera le premier dans le fjord Xord-Ouest, plusieurs petits raz de marée, d'une amplitude de pi-ès de 1 mètre, s'étanl produits pendant notre séjour (provenant soit de retournements d'icebergs, soit de lancements des glaciers de la Terre de Danco).
Ou trouvera à lerre soit sur la falaise, soif sur le livage, d(i nombreux points de tournage j)our les chaines et les amarres.
Il l'audra, (juelque court que soit le s<'jour, établir un barrage à l'enlrc'e (le INiit-Circoncision, car de très gros ice-blocs peuvent s'y faufiler à tout instant et occasionner des accidents comme celui (p.ii nous enleva notre gouvernail. Les chaînes seules résistèrent un frottenienl des glaces; il ne
DESCRIPTTOX DES COTES ET BAXQUISES. 31
sera donc pas exagéré de recomniandcr aux liàtiiiu'ids di'vaiil y séjoni'ner (r('ni|)orter au moins 20 maillons de ij,rolin-chaîn(\
La carte des inslallalions de la slalioii (riiivernage sera 1res utile à ce sujet: elle i]i(li(|uei'a eu même lem|)S les eiliplacemenls l'ax oraliles à l'inslallatiou des instruments.
Trois piliers d'observation sont encore en place. L'un plein sei-vait de hase à la luuelte iiK-ridieuiie ; l(^s cooi'dounées géographiques absolues sdul gravées sur le marbre (pii la surmonte ^méridien de Paris). Deux aiilics |)iliers ei'eux sont aux extrémiti's d'une base liydrogrtiphi(pie mesurée au 111 invar (méthode du Hureau international des ])oids et mesures); deux plaques de plomb, portant deux traits à angle druil à l'iub'rieur des piliers et scellés sur la roche, mai'fpu'iil les exIriMuib-s de la base. Sa longueui, réduite au niveau de la nier, el sou oi'ientaiiou sont gravées sur les marbres (pii surmouleiil les piliers.
I,e Fjord du Sud-Ouest de l'Ile est iulerdil aux navires, car, malgré sa gi'aude [)ror<)U(leur, un amarrage y serait très difïicile ; la boule s'y fait d'ailleui's seiilir; de très gros ice-blocs y pénètrent, et la falaise de glace du Nord envoie des laucemeuts im|)()rtants. Le Ijord du Nord-Kst est à l'ouveri des vents régnants, et la glace s'y accumule à cbaipie jempéte.
L'île est prolongée an Sud par trois ilôts débordés eux-mêmes pai- des ré' cils.
lu grand rair/i, sonvenii- de l'hivernage de la Mission 190S-I9I0, a été édifié sur la [letite colline rocheuse du Sud-Ksi de l'Ile.
Ili:s AiiciKXTiNRs. — Ces Iles sont les |)remières roches d'un long chapelet d'îlots qui s'étendent en croissant t\u Xord-Kst à l'Ouest et premienl les iu)ms d'Argentine, Koca, ('<rulls, (Juiulaua. Leur bauteur ne (b'qiasse pas une cinquantaine de mèli'es, el leiu's aijords sont eucondtrés de récifs, lue accuumlation formidable d'icebergs échoués bordent leui's côtes, qui nous ont paru tout à l'ait iuhospilalièi'es.
Ilf.s .lAi.ljHii. — l'àté de cjiilloiix s'ejcndaul eidi'e le cap Tuxen et les îles Argentines, mais sé|)ai(' de l'un el l'aiilre par des chenaux navigables, l'un ayant été franchi jiai' la ■ Uelgica ■, l'autre parle ■• Pourquoi Pas? ». A signaler sur ces lies une inqiortaule ( obuiie de Pingouins.
Iles Bertiœlot. — Composées tle (idis Iles locheuses prescpu- complè-
teiiKMit (l('[)()iii'viies (](> lU'ii^c ol sans abris. Vnc coluiiio de Cormorans habile sur l'uno de ces ilcs.
Ilk Darbiilx. — (i('iiH' neigeux aux falaises à pic.
Tlks Vedel. — ('(' f:,roup(' d'iies, au large de l'ilo l'et<'rmaiin,est découpé et enchevèti'é à liidini. Il est fort probable, quoique nous n'ayons pu faii'c de sondages, que ses canaux et ses baies sont accessibles aux navires, auxquels ils ollViraient d'excellents abris. Cependant, en 1003 et lOOi, le « l'rançais » ne put y pénétrer à cause des glaces.
En février et mars l!)0!>, la mer libre baignait toutes les côles.
ROUTES. — MOUILLAGES ET AlUilS
Nous donnons ici, à titre de renseignement, les routes suivies sans incident par le « Pourquoi Pas? ». L'absence presque complète de sondages ne nous permet pas d'en alRi-mer la sécurité absolue, ("/est donc avec beaucoup de précaution que ces indications devront être suivies.
De l'île Déception à Port-Lockroy.
De l'île Déception au détroit de (lerlache, on pourra faire route directe en passant à 2 milles soit au Nord, soit au Sud des rochers Austin et entre les îles Uoseason et Intercurrence ; ces deux îles ne s<'ud)lent présenter que des dangers très rapprochés de leurs côtes.
On pénétrera dans le détroit entre l'ile Liège et l'iledes Deux-llumocks, en rangeant de préférence l'île Liège.
La côte Sud de l'archipel de Palmer semble saine; il faudra cependant ne pas trop l'anger le cap Kaiser, qui est débordé par deux petites îb^s.
Le passage entre l'île Liège et l'île Brabantest(d'après le ('<iiiij)te rcnda (h l'crii/'d'ilum friinçaho l'J0^i-t905) praticable pour un petit bateau. L'ile Davis ferme presque entièreuieiil cette ouverture, formant deux chenaux. Le clienal du Nord, qui eu lOO!» était seul libre de glaces, a une largeur de ."»0i> mètres. Ou devra, en s'y engageant, rallier la côte de l'île Liège pour i)arer les dangers de TiJol Davis, qui envoie à plus de 100 nu^tres de la côte des Ijas-fouds de 2 à .'{ uu"'ti'es, avec de nombreuses lètes déroches
émergeaiilcs. La liaie Houquet-clc-la-Cn yc, daiislaquellece chenal conduit, est très malsaine.
Du cap Kaiser à Port-Lockroy, on longera tout d'abord la côte de lile lîrabant, à environ 1 mille, puis l'on prendra le milieu du chenal de Neumayer. La pointe Edwind-Astrup et le cap Félicie sont prolongés sur le chenal d(> Neumayer par des rochin-s émergeants, qui débordent la première à 500 mètres et la deuxième à 200 mètres.
Le cairn élevé sur l'ilot Gasabianca, à l'entrée de l'anse Dorian, indiquera l'approche de Port-Lockroy.
La baie de Bulls, dans l'île Urabant, pourra, si elle se trouve libre de glaces, servir d'abri pour étaler sous vapeur un coup de vent du Nord-Est.
Le chenal de Scollaert, qui sépare les îles Brabant et les Anvers, a été plusieurs fois suivi par le « Français ». Son accès est donc possible pour un bâtiment de même tonnage et probablement par tous les navires. Usera bon de consulter la carte d'itinéraire de l'expédition 1903-1905, qui indiciue les routes suivies par le « Français ».
Deux groupes de petites îles réduisent la largeur de ce chenal à son entrée sur le détroit de Gerlache. Ces îles, non portées sur les cartes de la Mission 1903-1905, ont été ajoutées sur la collection des cartes de cette mission déposée au Service hydrographique de la Marine.
Port-Lockroy.
L'entrée de Port-Lockroy n'ollVe aucune difficulté, la passe étant large et saine, (^e port, où le << Français » et le « Pourquoi Pas? » ont séjourné en toute sécurité, aété utilisé en février 191 1 par une flottille de baleiniers; trois grands cargo-boats et huit navires baleiniers s'y trouvèrent réunis et se livrèrent à une pèche facile dans les environs, alors que le détroit de Branslield était intenable à cause du mauvais temps.
Nous signalerons toutefois que, le 20 novembre 1910, Port-Lockroy était pris dans une épaisse banquise côtière ; il y a donc lieu de faire toutes réserves sur la possibiliti' d'y accéder en cette saison.
D'après l'état des glaces que nous avons trouvées à l'île Déception, peu de jours après, et la débâcle que nous y avons suivie d'un l)Out à l'autre,
Expédition Charcot. — BoMiiiAiN. — iJesciiption ili's eûtes et banquises. O
nous pouvons supposer tpio lu banquise de Port-Lockfoy dut disparaître vers le la décembre. 11 ne faut donc i^uère compter sur cet abri qu'en janvier, lévrier et mars.
De Port-Lockroy à 1 île Wandel.
Un navire sortantde Port-Lockroy peut utiliser soit le chenal de Roosen, soit le chenal Peltier.
Le chenal de Roosen fut traversé plusieurs fois par la « Relgica » et le « Français » ; on devra se défier des dangers du cap Lancaster.
Le « Pourquoi Pas? » ne traversa que le chenal Peltier, qui paraît très sain dans son ensemble. En venant de Port-Lockroy, on suivra tout d'abord le milieu du chenal ; puis on fera le coude en se rapprochant de la falaise de glace de l'île Wicncke, falaise très accore, pour parer la pointe de l'île Doumer, dont les abords n'ont pas été sondés; on suivra ensuite le milieu du chenal en laissant à gauche l'îlot Gœtchy. En sortant du chenal, on doublera le cap Errera à bonne distance, et l'on se dirigera sur le cap Renard, dont la pointe aiguë est facilement reconnaissable. (Ne pas confondre avec un sommet semblable situé un peu plus à l'Ouest sur le chenal.) Cette route sera suivie jusqu'à ce ipi'on ait doublé les lies Loïc de Lobel, dont le prolongement sous-marin s'étend assez loin dans l'Est. On pourra ensuite mettre le cap soit sur le chenal de Lemaire, soit sur le chenal Ouest de Pile Wandel.
Pour gagner Port-Charcot, on devra se diriger tout d'abord sur les îlots Muinm, ])uis, après avoir doublé les îlots qui se trouvent au Nord de l'île Rothschild, on mettra le cap directement sur l'anse du « Français»).
Port-Charcot.
Le fjord où hiverna le « Prançais » en lOUi n'est à utiliser que par de petits bâtiments et pour un court séjour. Il faut, en effet, pour se mettre à l'alii'i (les glaces, que le bâtiment puisse s'enfoncer assez profondément dans le tjord pour (|u'niie cliaine puisse être tendue entre l'îlot Shôgen cl la colline du Cairn, ce (jui représente déjà une longueur de plus de U) mètres.
Au moindro sourilc de vont du Nord à l'Msf, do gros ioo-blocs se dirigeiU sur cet anso, et lo « l*our(|uoi Pas? », sui'|)ris dans oetto position, faillit être écrasé par les glacos. Lo clajiotis y est assez tort pendant les coups de vent, et le seul abri que l'on puisse espérer proviendrait des petites glaces que le vent y accumule; mais, en 1908, cette petite glace faisait tout à fait défaut. C'est assez dire que ce point d'accostage ne doit être utilisé que pour un court séjour, et encore quand on a la quasi-certitude de ne pas y être surpris par un coup de vent. Une cabane de l"i,')0 X l'^j.iO, contenant un pilier d'observation, se trouve à proximité de l'anse ; un dépôt de provisions a été installé sur son pourtour. Une embarcation on excellent état, loi-s do notre passage en 1008, se trouve à terre au fond de l'anse et au pied do la colline du Cairn. l^nfin un grand cairn, souvenir de l'hivernage du « Fram.ais », domine la collino du même nom.
De l'île "Wandel à Port-Circoncision.
Le chenal de Lemaire est sain du cap Renard à Port-Circoncision (île Petermann). Entre l'île Wandel et la Terre de Danco, il est souvent encombré de glaces de toutes sortes et môme quelquefois obstrué par des lign(>s d'icebergs qui forment barrage dans sa partie étroite au Sud de Wandel.
La passe à l'Ouest de l'île Wandel se pratiquera entre cette île et l'îlot Rallier-du-Baty, en suivant le milieu du chenal ; puis, après avoir arrondi les pointes Sud-Ouest do la colline du Cairn, on travorsei-a la baie do la Salpétrière en se dirigeant sur lo sommet Gourdon, la partie Nord do Tilo Howgaard étant assez malsaine i^un rocher est d'ailleurs visible presque au milieu de la baie). La baie de la Salpètrièro est souvent encombrée d'éuDmics icebergs.
On rangera ensuite; la côte de Wandel entre 100 et 200 mètres.
En novembre 190!). nous avons trouvé la partie Sud de la baio occupée par uiio l)aii(|uiso côtièiT {jui 110 laissait qu'un étroit chenal d'eau libre de oO à 100 métros au piod do lilo Wandel, et lo » Pourquoi Pas? » dut utiliser ce chenal pour se rondro de Porl-I^irconcision à Port-Lockroy.
La côte do l'île Howgaard sur lo chenal de Lemaire est saine à 200 mètres
jusqu'il la presqu'île du Sud. Celte presqu'île est débordée vers l'île Petermanii par un îlot et de nombreux rochers ; il sera donc bon de rallier le milieu du chenal pour la parer.
On pourra passer entre les îles Petermann et Howgaard en ralliant la côte Nord de Petermann à 200 mètres; puis, après avoir doublé le Sud d'Howgaard, on s'éloignera jusqu'à oOO mètres de Petermann pour parer les récifs de la pointe Nord-Ouest de cette île.
Passages au Sud de l'île Petermann.
Le chenal entre l'île Petermann et les îles Argentines est assez large ; le " Pourquoi Pas? » y est passé deux fois sans accident, et nous avons vu d'immenses icebergs suivre cette passe d'un bout à l'autre.
Un bon tour sera donné aux îlots qui prolongent l'île Petermann vers le Sud et qui sont débordés par des récifs. Seul l'îlot bas qui se trouve au milieu de chenal nous a paru accore vers le Sud, et nous en sommes passés à moins de 200 mètres.
A l'Ouest de cet îlot, on tiendra le milieu de la passe entre les îles Vedel et Roca, une ligne de rochers semblant joindre et déborder un peu vers le Sud les îles Petermann et Vedel.
Cette partie du chenal a été parcourue une fois par le « Pourquoi Pas? » en mer libre, et rien ne nous a permis de soupçonner des dangers en dehors des abords des îles, où d'ailleurs ils émergent en grand nombre.
De l'île Petermann au cap Tuxen.
On ralliera tout d'aboixl le cap Uasmussen pour parer les récifs épars des îles Jallour. Le « Pourquoi Pas? », passant dans une de ses traversées un peu trop près de ces îles, donna un violent coup de roulis qui fut supposé causé par la rencontre d'un haut-fond. Une éraflure de 13 mètres de longueur a d'ailleurs été relevée sur la coque et devait provenir de ce choc.
La côte Norddu cap Tuxen en a été longée deux fois entre 50 et 1 00 mètres de la berge jusqu'à l'îlot qui termine le cap au Sud-Ouest.
On donnera un bon tour à lîlol et aux pointes rocheuses qui le ilanquent
à l'Est |)oui' parer 1111 pâté rochoux assez accidenté qui les déborde et sue lt'(|u<'l s'échoua le « Pourquoi l*as? ".
Ce plateau rocheux esl d'ailleurs très accore du côté de la mer, les fonds tombant brusquement à plus de (iO mètres à une centaine de mètres de sa lisière.
De ces récifs, nommés sur la carte récifs du « Pourquoi Pas? » à la pointe de la Délivrance, la côte paraît saine à 100 mètres de la rive.
Au delà, nous ne pouvons donner que des indications assez vagues pour la navigation.
Il sera bon de doubler la pointe de la Délivrance à 200 mètres, puis de rallier le grand glacier, qui fait suite au pic Lumière, pour parer les dangers des innombrables ilôts qui débordent l'île Berthelot.
Vers le cap des Trois-Pere/, un largt; passage dans lequel nous avons trouvé des icebergs monumentaux s'étend entre la côte et les îles Berthelot et Darboux.
11 est probable que ce passage est sain, ainsi que ses débouchés vers la haute mer, mais aucun sondage ne nous permet de l'affirmer.
il est cependant à remarquer le fait de l'absence presque complète d'îlots dans cette région jusqu'aux îles Biscoë,