‹ Deuxième expédition antarctique francaiseChapitre 7 sur 15 · ILE JENNY · texte numérisé non relu

ILE JENNY

L'île Jenny, longue d'un peu plus de 2 nulles, an'ectela forme d'un ci'oissant dont la concavité serait tournée vers le Nord; son élévation est en moyenne de 450 mètres; l'île présente sur presque tout son pourtour des parois abruptes noyées à leur hase dans des cônes d'éboulis. La ci'ète n'est accessible que du côté Nord par la pente neigeuse et les éboulis qui occupent le fond du croissant. Au Sud, un glacier de petites dimensions occupe sa base.

Au Sud-Ouest, au pied du |)lus haut sommet, se trouve un accident très remarquable : une terrasse dont le plateau est rigoureusement plan, de

iOO à iiOO mètres de longueur sur une largeur de ;iO h 100 mètres; son élévation est de 8 mètres au-dessus du niveau dr la mer. Celte terrasse est constituée par des galets arrondis et présente tous les caractères d'un ancien rivage. Un os de baleine ti'ouvé sur la terrasse tendrait à prouver que cet accident est dû à uu(> convulsion assez récente. L'île Jenny était à notre passage soudée à l'île Adélaïde et à la Terre Loubet par un isthme de banquise.

Nous avions espéré trouver un abri dans ses environs immédiats. Malheureusement aucun mouillage n'est possible dans les parages de l'île,

dont lés parois rocheuses descendent rapidement sous la mer à plus de 230 mèti'es. De nombieux éperons rocheux interdisent un accostage pour

un bâtiment moyen.

De plus, les mauvais temps y sont à craindre, non pas tant à cause de la

levée, qui ne dépasse guère 1 mètre, que parce qu'ils ramènent dans la

baie une foule d'ice-blocs et d'icebergs qui y ont champ libre à cause des

grands fonds.

Dans les environs du glacier de l'île Adélaïde, on trouverait des fonds

vaseux de 00 mètres, mais là on serait menacé par les lancements de blocs

énormes provenant du glacier, comme celui qui faillit nous écraser sur la

banquise, le 20 janvier 1009.

Il est probable que, danslesenvirons de l'Ile Léonie, un navire pourrait

trouver de bons ancrages, la proximité du glacier faisant prévoir des

Expédition V/iavcdl. — Bunuraix. — Description des cotes et banciuiscs. '

fonds de vase, et de plus les sondages allaient incontestablement en diminuant dans cette direction. Malheureusement plusieurs kilomètres de Itanquise côtière nous séparaient de ce point. Certaines années particulièrement favorables peuvent permettre d'atteindre cette région ; le grand nombre d'icebergs qui jalonnent cette banquise en sont la meilleure preuve.

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