ILE ADÉLAÏDE
L'ilo Adélaïde lui découviM'li» par Biscoë le lo février 1S31.
Le lo février 1S08, la « Belgica » la côtoya dans la brume et aporout oe loin quelques-uns de ses sommets et son extrémité Sud.
Au delà, elle signala une vaste écliancrure au fond de laquelle elle n'aperçut pas de terres.
Le 15 janvier iOO"), le « Français », croyant découvrir une terre nouvelle, hydrograpliia la pai-tie Nord de cette île. Cette erreur était d'ailleurs parfaitement justifiée par le fait quelîiscoë, ayant assigné une longueur de
9 milles à sa découverte, la partie de côte hydrographiée [)ar le « Français » se trouvait bien au Nord de la position indiquée pour l'ile sur les cartes anglaises.
En réalité, cette île, vue par le navigateur anglais de beaucoup plus loin qu'il ne le supposait, a 60 milles de longueur.
Dans sonensendjle, elle est constituée par une série de massifs presque à pic sur le versant Est, et dont la base vient se terminer sur In côte Ouest par une longue terrasse de glace prc'sentant des falaises à pic de 30 à
10 mètres sur la mer.
Cette terrasse au profilconvexe est loin d'être régulière, et si, en debors des massifs eux-mêmes, on n'aperçoit aucun nunatack, par contre de nombreuses bosses, des vallonnements assez accentués dénivellent sa surface, décelant des mouvements de terrain submergés par la glace en relation avec les massifs de la côte Est.
L'allure presque géométrique que la côte Ouest all'ecte sur nos caries n'est pas tout à fait l'expression de la réalité; quelques indentations de faible impoi'tance rendent le contour de lîle un peu moins régulier.
Ces indentations, visibles quand une nouvelle sinuosité débordait de ce que nous considérions jusqu'alors comme la terminaison de la terre, se fondaient rapidement dans la falaise de glace à mesure que nous avancions, et faute di- pouvoir faire mieux, nous nous sonnnes contenté de tracer la courbe enveloppée par les tangentes à la falaise prises pendant MoIre voyage.
11 semble, Jailleurs, que celle parlie de la cùlc doive èlie sujcUr à dos niodifieations incessantes du lait des lancements ou ••boulcments de blocs incidents qui doivent avoir d'autani plus d'iniiioi-tMiici" que la l'alaisi; de glace baigne directement dans la mer.
Des îles Sillard au cap Adriasola, aucun rocbei- u'csl visihic au (licil de la l'alaise, ce qui ne veut pas dire, d ailleurs, que la colf soi! Iirs saine. L'écueiiil du « Français » en est la meilleure preuve ; il est à iioti'i' cependant (jne celui-ci se trouve sur l'exliaussement rocheux qui [)rolonge l'ileAdélaïde versles Biscoë.
A partir du cap Adriasola, qui est constitué par un rocher dépourvu de neige, la côte est bordée de petits îlots couverts de neige et de récifs : les îlots Ilenckes sont les plus importants. C'est également à partir de ce point que lile Adélaïde envoie très loin en mer des chapelets d'îlots et de récifs dans la direction de l'Ouest et du Sud-Ouest. Alors (pi'au Nord de ce cap les fonds descendent rapidement à iiOO mètres, ils restent au Sud très irréguliers et bien loin en mer les sondages du « Français », ii3 mètres à près de 70 milles, et de la « Belgica », 135 mètres à oO milles des côtes, décèlent le prolongement sous-marin de l'île Adélaïde.
Cinq massifs ou tout au moins cinci accidents d'un même massif se dressent au-dessus de la plaine glacée de l'île, séparés par des cols ayant à i)eu |irès l'allitudedela croûte neigeuse, soit de 300 à 500 mètres. Ce sont à partir du Nord :
Le sommet Vélain, d'environ 700 mètres, en partie noyé dans la neige, mais présentant cependant quelques pentes, où le rocher est visible.
Le massif Houvier, d'une altitude maxima de 1 iiOO mètres, à |)ic sui' la baie Matha et sur le détroit présumé, constitué de mamelons arrondis et presque entièrement recouverts de neige.
Le massif Mangin, terminé sur le fjord Laubeuf par un glacier (>u cascade et formé de plusieurs sommets assez aigus dont le plus important atteint 876 mètres.
Le massif Gaudry, de beaucoup le|)lus (devé, érigeant ses deux cônes neigeux à 2 100 et 2185 mètres et se terminant sur la baie Marguerite par uiH> s(''i'ie de contreforts, d'où descendent des glaciers accident<''S et (•Ii;i(ili(iiies.
Le massif A. Ditto, beaucoup moins important et qui, grâce à l'abri du massif précédent, estpres(|ue totalement dépourvu déneige; il se termine au Sud par le cap Alexandra.
BAIE MARGUEFilTE
La baie Marguerite est la profonde échancrure qui s'étend entre l'île Adélaïde, la Terre Loubet, la Terre Fallières et la Terre Alexandre.
La partie Nord et Est de cette baie se ramifie en plusieurs fjords, qui pénètrent profondément la Terre Loubet et la Terre Fallières.
Vers le Sud, elle se prolonge à perte de vue entre la Terre Fallières et la Terre Alexandre, formant un véritable bras de mer dans lequel nous n'avons jamais vu l'apparence d'une terre.
A l'Est de l'exhaussement qui semble relier l'île Adélaïde à la Terre Alexandre, la baie Marguerite présente une fosse dont In profondeur varie de 600 à 800 mètres.
Plusieurs îles ou archipels occupent la partie Nord de la baie Marguerite, dans le prolongement de l'île Adélaïde. Ce sont :
Les îles A/nio/, en face du cap Adriasola, petites îles basses entourées de récifs et paraissant réunies à la côte par un seuil sous-marin, si l'on juge par l'accumulation d'icebergs qui semblent former un mur entre la terre et les îles.
Le récif //orr/, formé de deux tètes de roches peu élevées, souvent assez difficiles à distinguer dans le pack.
Les îles De Dion et les îles Maufice-Faure, groupes d'îlots rocheux de 30 à 40 mètres d'élévation et hérissés d'une nuée de récifs. Le <( Pourquoi Pas?» s'est trouvé par deux fois au milieu de ces écueils, quoique à plus d'un mille des îles.
Les îlots de Guébriant, formés de trois cailloux dépourvus de neige.
L'île JeN/n/^ sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.
L'île iJonie, située dans une espèce de cirque formé parles glaciers de l'île Adélaïde ; son élévation atteint 370 mètres. Elle est prolongée vers le massif Mangin par un chapelet de petits îlots bas et rocheux.