SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE ET DE S YPHILIGRAPHIE
négatif qui contrastait avec Vaspect inflammatoire des bourses ;
5® L'absence de lésions appréciables du cordon spermatique, de ■la prostate et des vésicules séminales ;
6® L'absence d'écoulement uréthral ;
7® La répétition des looussées aiguës qui sont survenues a qualité reprises différentes ;
8® L'absence de suppurations localisées et de fistules cutanées ;
9® La constatation, après la phase aiguë, de petits nodules de consistance scléreuse disséminés dans leparenchyme testiculaire ;
lO"" L’apparition concomitante d'un léprome du scrotum.
La plupart de ces caractères envisagés isolément peuvent se retrouver dans les autres variétés d’orchite, mais par leur réunion ils constituent un ensemble assez spécial. Ils permettent de distinguer l’orchite lépreuse des autres manifestations testiculaires aiguës.
Dans l’orchite tuberculeuse, la douleur est vive, l’épididyme est le siège presque exclusif des lésions ; dès la troisième semaine les dépôts tuberculeux se ramollissent et bientôt s’évacuent par une ou plusieurs fistules. c( Cette suppuration rapide, dit M. Reclus, est une caractéristique de l’orchite tuberculeuse (1). » Presque toujours, les cordons spermatiques, les vésicules séminales ou la prostate sont intéressés. L’appareil urinaire et les poumons peuvent être lésés.
Dans l’orchite syphilitique, « le début est insidieux ; les désordres se font à froid » (2) ; l’organe peut être manié sans réveiller aucune souffrance ; le testicule et Pépididyme sont simultanément pris ; les cordons spermatiques, les vésicules séminales et la prostate restent indemnes. Tous ces caractères appartiennent aussi bien à Porchite lépreuse qu’à l’orchite syphilitique et le diagnostic serait impossible si Porchite spécifique ne déterminait pas tôt ou tard le ramollissement et l’évacuation des gommes, dans le cas d’orchite lépreuse que nous avons sous les yeux, la coexistence d’accidents manifestement lépreux et particulièrement d’un léprome scrotal ne peuvent laisser place au doute.
L’orchite blennorrhagique ne saurait être confondue avec Porchite lépreuse. La localisation à l’épididyme, l’intensité des douleurs, l’existence d’un écoulement sont autant de signes différentiels qui sont étrangers à Porchite lépreuse. Nous insistons sur l’absence de tout signe de blennorrhagie chez notre malade.
Ainsi donc, en procédant par voie d’exclusion d’une part, et en con- ' sidérant les symptômes concomitants (léprome du scrotum, etc.) d’autre part, nous sommes conduits à admettre l’origine lépreuse de Porchite que nous étudions. Nous avons vainement cherché un cas analogue dans les articles ou monographies qui traitent de la lèpre.
(1) Reclus. Tr. de chirurg,, t, VIII, 1892, p. 148.
(2) Reclus. Tr. de chirurg., t. VIII, 1892, p. 171.
Le secrétaire,
Albert Mathieu.