CHAPITRE V
De la déclaration de guerre à la Serbie (28 juillet) à l’ultimatum de l'Allemagne à la Russie (31)—Pièces 84 à 119.
L’abassadeur français à Rome, M. Barrère, télégraphie le 29 que la Consulta italienne est d’avis que la déclaration de guerre par l’Autriche à la Serbie ne doit pas interrompre les démarches ce médiation. Le gouvernement français conseille à la Russie d’adhérer immédiatement à la proposition de : conférence, le comte Berchtold
ayant repoussé l'offre de conversation directe, et le gouvernement russe répcad qu'il est prêt à accepter toute démarche proposée par la France et l'Angleterre, peu lui importe le nom, conférence, médiation ou quoi que ce soit.
Le même jour, des nouvelles de plus en plus alarmantes sant reçues des différents représentants français. A Bruxelles, l'attitude allemande est ju énigmatique et inquiétante. Le Consul général à Francfort mande que depuis la veille les routes sont couvertes de troupe en tenue de campagne, et Ë les ponts et voies ferrées sont sous 4 A Munich, toutes les usines ont rçu ordre de réserver à l'Etat toute leur pro-
uction. À Strasbourg, les auto-camions sont réquisitionnés, et les sous-officiers en congé en Bavière pour la moisson sont rappelés en toute hâte. En Autriche, on préne la mobilisation générale pour le 30 ou le ler août, pour impressionner la Russie, it-on.
A présent que l'Autriche a refusé de s’aboucher directement avec la Russie, l'Allemagne fait savoir à Paris qu’elle travaille à engager l'Autriche à revenir à ce mode de règlement. En même temps, elle fait avertir la Russie que si celle-ci n’inter- + = Em immédiatement sa mobilisation, l’armée allemande va être mise sur pied, et M.
ourtalès, chargé de cette commission, la transmet sur un ton provoquant. C’est aussi le 29 que l’Allemagne fit offrir à l'Angleterre le honteux marché de neutralité sir Edward Grey a repoussé avec une juste indignation. Après avoir cherché à
étacher la France de la Russie, on tentait maintenant de séparer l'Angleterre de la France. Ce qui ressort de la correspondance française du 30, c’est que ce jour-là M Sazonoff répétait que jusqu’au dernier moment il ne cesserait de négocier, et que presqu’à la même heure le comte Berchtold revenait sur son refus de la veille, résultat d’un simple malentendu, disait-il, et convenait de reprendre les conversations à St- Pétersbourg.
Ce même jour, M. Viviani affirmait +04 les Eu de guerre dans les forteresses allemandes avaient été commencées dès le 25, le jour même où la Serbie se soumettait ; que les postes de la frontière avaient été occupés le 25 aussi par les troupes allemandes ; qu’en deux occasions les patrouilles allemances avaient pénétré sur le territoire français, et que les habitants de l’Alsace-Lorraine avaient reçu défense de traverser la frontière sous e de mort; tandis que les lignes françaises avaient été reculées à 10 kilomètres de la frontière.
Autre détail à relever dans la correspondance française. Le 30 juillet, M. Jus Cambon ayant demandé à Von Jagow s’il avait fourni à sir Edward Grey une formule de son crû pour l'intervention des puissances, celui-ci répondit que ‘‘pour gagner du temps ”’ il avait décidé d’agir directement et demandé à l'Autriche sur quels points elle consentirait à entrer en P— Puis il se rabattit sur la mobilisation russe qui forçait l’Allemagne à en faire autant.
‘4 Là-dessus, ajoute M. Cambon, je lui fis remarquer que lui-même m'avait dit que l’Allemagne ne se considérait pas forcée de mobiliser, à moins que le mouvement russe ne fût dirigé sur la frontière alleman“e et qu’il n’y avait rien de tel. Il admit que c'était vrai, mais que les chefs militaires insistaient pour dire que le temps perdu était une perte de force pour l’Allemagne, et il ajouta que ‘‘les propos que je lui rappelais ne constituaient pas un ferme engagement de sa part.”
Le 31 juillet, le jour même où l'Allemagne adressait un ultimatum à la Russie, la
veille à vrai dire Mises allemande dans le Luxembourg, M. Mollard, le ministre français auprès du Grand-Duché, ayant demandé au représentant de l'Allemagne de respecter la neutralité de res Herr de Buch avait répondu : ‘Cela va sans dire, mais le gouvernement français devra prendre le même engagement.” Le même jour, M. Dumaine mandait de Vienne que le décret de mobilisation affectant tous les hommes de 19 à 42 ans venait d’être promulgué. Cependant M. Sazonoff continuait à donner de nouvelles preuves de son bon vouloir en modifiant ses offres de compromis à l'Autriche suivant le désir de sir Edward Grey, comme il est dit plus au long dans le résumé du livre anglais.
A 7 heures du soir, le 31, l’ambessadeur allemand demandait à M. Viviani quelle serait l’attitude de la France dans une guerre entre l’Allemagne et la Russie, annonçant qu’il prendrait la réponse le lendemain à midi. Il fit en même temps ses adieux officiels, et demanda qu’on ‘“‘prît des dispositions pour sa propre personne’”’.
Déclaration de guerre par l'Allemagne à la Hussie (ler août à 7. 10 du soir) et à la France (3 août à 6 h. 4 du soir).—Pièces 120 à 123 et annexes,
Les documents du dossier français corroborent tout ce qui est raconté Uant au consentement de l'Autriche à reprendre les conversations avec la l'engagement spontané de respecter la neutralité belge, au l'Aliemagne à ce sujet, ainsi qu'à la déciaration de neutralité P Ac den assadeur Ÿ hoen ue à rendre visite au ministre es Afaires i
bonne heure les Luxembourg, malgré hissent le territoire f 1 Longw bougent. pas à 10 kilomè dedans de la frontière. Le même jour, 2 août, en présence de ces graves événements, sir Edward Grey remet à M. Paul Cambon la note suivante :
torisé à donner l'assurance que, si la flotte allemande nètre dans la rse la mér du Nord afin d'entreprendre des opé ations e contre ou la marine marchande française, la flotte ritannique | es à toute Je est naturellement donnée sous la réserve Majesté sera approuvée par le Parlement bri.
comme obligeant le S&ouvernement de Sa Maci-dessus mentionnée d’une action de la flotte
anglais approuve cet engagement et vote avec enthou-
ambassadeur aller.and deman du terripart des
e au Corps Législatif, et M.
Viviani ,; qui vote les premiers crédits he bo
e harangue:
ses alliées et libertés défendre, car use, et Le ee reste n’a été pas voulu la guerre, se défendra contre l’ connaître son sentiment, deux pays....Nous sommes sans
À partir du 4 août, à 11 heures du soir, l’état de Buerre existait entre la Grande Bretagne et l'Allemagne. L’Autriche ne déclare la guerre à la Russie que le 6 août, +. comte Szeczen, son représentant à Paris, ne réclame ses Passeports que le 12 août.