CHAPITRE IV
De la rupture austro-serbe (25 juillet) à la déclaration de Querre à la Serbie (28)— Pièces 50 à 83.
“Jusqu'au dernier moment, je me montrerai rêtà n usq
I égocier”’, déclare M. Sazonoff à l’ambassadeur français. ‘“‘Reprenez votre ultimatum, modifies-er° la forme et je vous en garantis le résultat”, dit le
même au comte Szâpâry, l’ambassadeur d'Autriche. De même, l’Angleterre ne se départit pas un seul instant de son attitude mier instant, qui étoit de faire ix, j à i i . tous les sacrifices admissibles. Là-dees et russe; inutile de se répéter.
lassable les efforts de St-Pétersbourg et de Londres, également favorables aux conversations directes entre l'Autriche et la Russie à édiati
deur français à Rome, M. Barrère, note aussi la prompte adhésion de l'Italie à la proposition de sir Edward Grey. Ce qu’on sait déjà du refus de l'Allemagne à une conférence des quatre puissances est confirmé par le récit de M. Jules Cambon. Elle affectait de préférer l'échange de vues direct entre St-Pétersbourg et Vienne, mais par la suite elle découragea cette procédure et, lorsque les conversations finirent par étre apparemment r-prises pour tout de bon, elle les fit manquer en déclarant brusquement la guerre à la Russie.
Ici se place un incident qui mérite d'être relaté plus au long, car il exhibe sous une lumière crûe l'incroyable rouerie allemande. A Paris, l'Allemagne tente sournoisement de compromettre le gouvernement auprès de son alliée la Russie. Le 26 juillet, à 5 h. du soir, Von Schoen présentait la déclaration suivante à M. Bienvenu-Martin : “C’est des décisions de la Russie qu’il dépend qu’une guerre soit évitée; l'Allemagne se seut solidaire de la France Cans l'ardent désir que la paix soit maintenue, et a la ferme espoir que la France usura de son influence À un sens apaisant à St-Pétersbc:rg.'" Le ministre français répondit que la Russie montrait toute la modération
sible et n'avait pas bescin d’être apaisée, que c'était à l’ Allemagne plutôt à précher a modération à Vienne.
L'ambassadeur allemand ne se rebat pas après ce premier échec, 11 revient à 7h. du soir pour demander au directeur politique de communiquer une note à la presse, pour bien préciser le sens des démarches du gouernement allemand. 11 propose la rédaction suivante :
“L'Ambassadeur d'Allemagne et le ministre des Affaires Etrangeres ont eu pendant l'après-midi un nouvel entretien, au cours duquel ils ont examiné, dans l'esprit le plus amical et dans un sentiment de solidarité pacifique, les moyens qui pourraient être employés pour maintenir la paix générale.”’
Mais alors, dit M. Berthelot, le directeur politique, vous admettez quelque concession de l’Autriche, ou l'intervention des puissances ? Von Schoen s'étant écrié que non, M. Berthelot lui fait voir que l'attitude négative de l'Allemagne est incompréhensible sinon qu’elle veut la guerre. :
L'ambassadeur allemand avait évidemment des raisons de tenir à sa formule de solidarité pacifique franco-allemande, car le lendemain 27, il écrivait à M. Berthelot que l'Autriche avait officiellement déclaré à St-Pétersbourg qu’elle ne poursuivait aucune acquisition territoriale en Serbie, et ajoutait : ‘‘En ce moment, si une guerre
européenne doit éclater, la décision __— uniquement de la Russie. Le gouvernee
ment allemand a la ferme confiance que le gouvernement français, avec lequel il se sait solidaire dans l’ardent désir que la paix européenne puisse être maintenue, usera de toute son influence dans un esprit apaisant auprès du cabinet de St-Pétersbourg.”
Cette instance, par trois fois en vingt-quatre heures, pour proclamer la solidarité franco-allemande contré la Russie fut interprétée, dans une dépêche de M. Bienvenu- Martin à M. Viviani, de passage à Copenhague, come un truc pour compromettre la France au regard de la Russie, quitte en cas d’échec à rejeter toute la responsabilité sur les alliés, et surtout à masquer, par des assurances pacifiques inacceptables, la marche précipitée de l’ Autriche sur la Serbie.
Que se passait-il au même moment à Berlin ? Le gouvernement allemand se montrait-il chez lui aussi ardemment désireux de la paix ? L’Angleterre, la France, l'Italie elle-même son alliée, le pressaient de se joindre à eiles pour chercher ensemble le moyen d’assurer la paix. N'’était-ce pas la plus b4le occasion de manifester cet esprit de solidarité pacifique qu’il affectait à Paris, si cette dernière démarche n’était pas pure hypocrisie de sa part ? Laissons ici la parole à M. Jules Cambon. (Pièce
Berlin, 27.—‘ Je me suis entretenu aujourd’hui avec le secrétaire d'Etat et j'ai appuyé auprès de lui la démarche que venait de faire sir E. Goschen.
‘ M. de Jagow m’a répondu, comme il l’avait fait à l’ambassadeur d’Angleterre, qu’il ne pouvait accepter la proposition de charger les ambassadeurs d’Italie, de France et d'Allemagne de chercher avec sir Edward Grey le moyen de résoudre les difficultés actuelles, parce que ce serait instituer une véritable conférence pour traiter des affaires de l’Autriche et de la Russie.
4 J'ai répliqué à M. de Jagow que je regrettais sa réponse, mais que le grand cbjet que sir Edward Grey avait en vue dépassait une question de forme ; que ce qui importait, c'était l’association de l’Angleterre et de la France avec l’Allemagne et l'Italie pour travailler à une œuvre de paix ; que cette association pouvait se manifester par des démarches communes à St-Pétersbourg et à Vienne; qu’il m'avait souvent exprimé son regret de voir les deux groupes d’alliances opposés touiours l’un à l’autre en Europe ; qu’il avait là l’occasion de prouver qu’il y avait un esprit enropéen, en montrant quatre puissances apartenent aux deux groupes agissant d’un commun accord, pour empêcher un conflit.
tenir ses engala suivre paryeux bandés, et de la Serbie à
que le char sauf sur des puisque l’Auns que votre appui us pouvez auler n contenter ou d’ les termes de ci.’ “Comme M. de Jagow ne répondait pas clairement, je lui ai demandé si l’Alle- Magne voulait la guerre, Il a rotesté vivement disant qu’il savait que c'était ma pensée, mais que c'était tout à ait inexact. ‘‘I] faut donc, ai-je repris, agir en con-
‘ séquence, éponse serb les termes avec votre con-
‘€ science, “
l’ inters'entendre à ce
‘{ Au reste, a-t-il ajouté, les conversations directes entre Vienne et St-Pétersbourg ‘sont entamées et se poursuivent : j'en augure beaucoup de bien et j'espère,’
‘‘ Au moment de le quitter, je Ini dis que j'avais eu ce matin l'impression que l'heure de la détente avait sonné, mais que je voyais bien qu’il en était rien. Il m’a répondu que je me trompais ; qu’il espérait que les choses étaient en bonne voie et aboutiraient peut-etre rapidement. Je lui ai demandé d’agir à Vienne pour qu’elles marchent vite, parce qu’il importait, de ne pas laisser se créer en Russie un de ces Courants qui emportent tout.
‘* A mon sent qui a dû être avisé ë hen d f ns la forme qui lui était é l'Allemagne n'ait de prétexte pour re ité ‘Angleterre.’
Ce jour-là aussi, usait d'entrer en t, en ayant soin précaution, sans n agressive.
Notons, pour conclure qu'un sommaire de la réponse serbe fut communiqué à aris en retard de vingt heures, et qu’au moment où l'Allemagne faisait protester de ses intentions Pacifiques à Paris, une dépêche du ministre français en Norvège si alait le brusque départ de l’escadre allemande alors à Bergen ; le Thionville l’ordre donné aux quatre dernières classes d dépêche de Bâle inf i Quatre jours reçu |’ 2 eux alliés germaniques l’i es autres puissances.