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LE LIVRE GRIS BELGE

Voici un bref histrique de la neutralité belge :

En 1331, après l'insurrection de 1830 qui avait abouti par la scission du royaume de hoilaude eu deux, les graudes puissances, la Russie, la Prusse, l'Autriche, la France et l'Angleterre, signerent avec la Belgique un traité stipulant que celle-ci formerait ‘‘un Htat independant et neutre à perpétuité,’ sous la garantie des cinq puissances signataires.

En 1539, cet engagement fut remplacé par un nouveau traité aveo la Hollande, auquel les cinq mèmes puissances intervinrent stipulant exactement dans les mêmes termes les garanties de 1831.

.. En 1370, Bismack déclara officiellement à la Belgique ‘‘que la Confédération du Nord et ses alliés respecteront la neutralité de la gique, sur l’entente, bien entendu, qu'elle sera respectée par l’autre belligérant.”’

Le traité de 1839 est encore en force,

En 1907, la Conférence de la Haye convint, l'Allemagne signant en tête suivant l’ordre alphabétique, de ce qui suit :

se territoire des puissances neutres est inviolable.”’..... Il est défendu aux belligérants de faire passer leurs troupes ou convois de munitions ou de ravitaillement à travers le territoire de l'Etat neutre L'Etat neutre ne sera pas considéré hostile s’il prend des mesures, mêmes violentes, pour empêcher la violation de sa neutralité.”

La correspondance belge roule surtout sur les circonstances qui ont accompagné la violation de sa neutraité.

Le 24 juillet, M. Davignon, ministre des Affaires Etrangères, par l'entremise de ses représentants auprès des cinq puissances signataires, à Paris, Berlin, Londres, Vienne et St-Pétersbourg, déclare que la Belgique a observé avec une scrupuleuse exactitude ses obligations d'Etat neutre aux termes du traité du 19 avril 1839, ve a pris toutes les précautions uises, mobilisation de ses troupes, mise en état

e défense des forts d'Ânvers et de la Meuse, le tout, non dans un esprit d’hostilité ni de méfiance contre aucune puissance, mais uniquement pour l’accomplissement de ses obligations internationales. Le même avis est donné, mutatis mutandis, à l'Italie, à la Hollande et au Luxembourg. :

Le 31 juillet, M. Davignon communique à Berlin, Paris et Londres, la déclaration que vient lui faire le représentant de la France, que celle-ci entend respecter sa pes il croit et espère que l'attitude de l'Allemagne sera la même que celle de la

rance.

Dans une autre communication du même au même, M. Davir-1on cite une note de sir Edward Grey, espérant et comptant que les puissances respecteront la neutralité belge. Le ministre anglais ayant exprimé Le surprise de la rapidité des préparatifs de défense en Belgique. M. Davignon explique que les Pays-Bas avaient pris de semblables mesures avant la Belgique elle-même. = =

Le même jour, 31, M. Davignon relate une conversation de son secrétaire général, le Baron Van Der Elst, avec le ministre allemand à Bruxelles, Von Below, à qui on avait rappelé les déclarations rassurantes obtenues de l’Allemagne en deux occasions récentes. En 1911, le chancelier Bethmann-Hollweg déclarait au représentant de la Belgique que l’Allemagne n’avait nullement l'intention de violer la neutralité belge, tout en s’excusant de ne pouvoir le répéter publiquement parce que ce serait donner un avantage à la France. Le 29 avril 1913, au comité du budget du Reichstag, un député du parti social démocate ayant rimé des craintes à ce sujet, M. de Jagow avait répondu : ‘‘La neutralité de la Belgique est tesminée par des conventions internationales, et l'Allemagne est décidée à respecter ces conventions.” Comme on insistait . le général Von Heeringen, ministre de la Guerre, expliquait ainsi la nouvelle oi militaire :

‘‘ La Belgique ne joue aucun rôle dans la justification du projet de réorganisation militaire allemand, celui-ci se-trouve justifié par la situation en Orient. L'Allemagne ne perdra pas de vue que la neutralité belge est garantie Par les traités internationaux.’’

La France ayant déclaré ouvertement son intention de respecter les conventions, tandis qu'aucune réponse ne venait de l'Allemagne, le 2 août M. Davignon insiste auprès du ministre allemand. Herr Von Below dit n’avoir pas reçu d'instructions à cet égard, mais proteste de ses bonnes intentions personnelles. M. Davignon réplique

ue les intentions personnelles ont du bon, mais qu’une déclaration formelle au nom l’Allemagne serait reçue avec reconnaissance de la nation belge. Le même jour à 7 heures du soir, le même Herr Von Below Saleske remettait au uvernement ns une note portant en substance que, vu l’intention des troupes rançÇaises de marcher sur la Meuse par Givet et Namur et par nécessité de guerre, le &ouvernement allemand déclarait :

1. Qu'en échange de la neutralité amicale de la Belgique à l’égard de l'Allemagne, celle-ci, une fois la paix conclue, garantissait le royaume et ses possessions dans toute leur étendne.

2. Aux mêmes conditions, l'Allemagne s’obligerait à évacuer le territoire aussitôt la paix conclue. .

8. En échange de l'attitude amicale de la Belgique, l'Allemagne s’engagerait à acheter contre argent comptant tout ce qui serait nécessaire à ses troupes et à indemniser pour les dommages causés en Belgique.

4. Si au contraire la Belgique se montre hostile aux troupes allemandes, si elle leur barre le passage, soit par le feu des forts de la Meuse, soit en détruisant les ponts, voies ferrées, etc., l'Allemagne la traitera en ennemie.

À cette hautaine et brutale pro où il est dit que les intentions att gagement que celle-ci a son territoire;

t à M. Davignon que, vu

au besoin, ‘‘pour l’exécution des mesures vis-à-vis des menaces françaises.’ En Passeports et le prévient que de ce moment

lais exhorte la poisique à la résistance, et lui 1 apprend à Bruxelles que les troupes alleà envahir le territoire Gemmenich.

représentant de la Bel u par le chanceli

ait autant. Mais La France pouvait çaise sur notre flanc dans la est ainsi que nous avons été f pouvernements Luxembour ustice que açon, nous la réparerons itaire sera

‘A celui qui «st menacé au point où nous le sommes. et qui lutte pour son bien suprême, il n’est permis que de songer au moyen de se dégager; nous nous trouvons côte à côte avec l'Autriche.”

Le même jour, le comte de Lalaing, ministre belge à Londres, informe Bruxelles de lultimatum adressé à l'Allemagne au sujet de la neutralité belge: peu après il télégraphiait que, l’Allemagne ayant rejeté les propositions anglaises, l’état de guerre existait entre les deux pays.

Belgique, par son ministre des Affaires Etrangères, adressait à ces un ex d protestations contre la violation de pr même. En réponse à l’appel

le Triple Entente s'engagent à

Bel pecter la lettre du traité de

Le 9 août, après la prise de Liège, l’Allema fit faire à la Belgique de nouvelles ouvertures. Le ministre des Etats-Unis à Brux s'étant refusé à les transmettre au gouvernement belge, ce fut le ministre des Affaires Etrangères de Hollande qui se uses de cette communication, dont il fit part au Baron Fallon, ministre de la Bel-

ue

ga la Haye. L'Allemagne ag - e roi Albert à éviter à son royaume les rreurs ultérieures de la guerre. e se disait prête à tous accords compatibles aveo son conflit avec la France. Elle affirmait qu’elle n’avait pas l'intention de s’approprier le territoire belge et qu’elle l’évacuerait dès que l’état de guerre le permettrait.

. Le ministre des affaires étrangères belge adressa au Baron f'allon le télégramme suivant, exposant les raisons du refus du gouvernement du roi :

Bruxelles, le 12 août 1914.

Prière de remettre le télégramme suivant au ministre des affaires étrangères : “ Le proposition que nous fait le gouvernement allemand reproduit la proposition qui avait été formulée dans l’ultimatum du 2 août. :

“Fidèle à ses devoirs internationaux, la Belgique ne peut que réitérer sa réponse à cet ultimatum, d'autant plus que le 8 août sa neutralité a été violée, qu’une guerre douloureuse a été |: dr sur son territoire et que les garants de sa neutralité ont loyalement et immédiatement répondu à son appel.—Davianon.”

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