‹ Devant le rideauChapitre 24 sur 30 · RI9CARA · texte numérisé non relu

RI9CARA

Voyons, regardez-moi un peu... Bah ! vous, êtes assez jolie pour qu'on puisse risquer cela... vous lui prendrez la main et vous la lui embrasserez.

JULIE

Vous dites?

RISCARA,

Vous lui embrasserez la main ; la chose faite, je vous donnerai vingt-cinq louis.

JULIE

Mais comment m'y prendrai.-je, Monsieur ?

RISCARA.

Comme vous voudrez ; cela vous regarde. Embrassez-lui la main, et vous aurez cinq cents francs.

JULIE

Pardon, vous avez dit six cents.

RISCARA.

J'ai dit vingt-cinq louis.

JULIE

En Champagne, Monsieur, les louis sont encore de vingtpiatre livres... Nous sommes fort arriérés en Champagne.

RISCARA.

Je m'en aperçois. {En riant.) Ah ! vous êtes bien la femme qu'il àut, vous !... Embrassez-lui la main, vous aurez vos six cents rancs. {Il rentre chez lui. )

JULIE

Six cents francs pour lui embrasser la main !... (Apj^ès un ins- 'ent de réflexion^ elle court à la porte par laquelle le comte est wrti ) Si je lui embrasse les deux, est-ce que j'aurai le double?

Alors commence une scène charmante. Julie cause ivec Chaslenay de choses et d'autres, s'inlerrompant pour dire à part : a Où met-il donc sa main ? >? Plusieurs fois elle est sur 4e point de s'emparer de cette main Lucrative ; chaque fois, Chastenay, qui ne se doute de rien, la retire, et Julie s'écrie, désappointée : « Manqué I » Enfin, au bout de ses expédients, elle s'avise de cette question saugrenue :

Comment faites-vous, Monsieur, pour faire vos pièces de comédie ?

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