DE PASTEUR
Cet homme si simplement grand aimait peu le vain bruit des mots; et sur une tombe où Thumanité reconnaissante s'incline, les louanges enflées avec des amplifications de rhétorique sonneraient creux. Pour rendre à Pasteur Thommage que nous devons à sa mémoire, imitons ce maître lorsqu'il épiait une des forces de la nature. Empruntons à sa méthode ce que nous en pouvons prendre, faisons ce qu'il faisait lui-môme pour les objets de son étude; essayons de déterminer sa fonction dans la vie générale de son temps.
Les découvertes du savant ont été jugées et célébrées par ses pairs. A mesure qu'elles se produisaient, on en signalait la signification et Tenchaînement dans tous les organes de la pensée française. Les écrivains qualifiés pour traiter des sciences naturelles m'ont épargné d'avance une tâche où je serais novice. Je renvoie aux bulletins de victoire qu'ils enregistraient le lecteur qui voudrait relire l'histoire de cette opiniâtre conquête sur l'inconnu. Dans un excellent petit livre, M. Vallery-Radot en a raconté les étapes avec une parfaite clarté*. Les applications purement scientifiques de la doctrine sont familières à tous ceux qui ont quelque curiosité des secrets de la vie; ses résultats pratiques et bienfaisants sont gravés dans toutes les mémoires.
Il y a autre chose dans le legs de Pasteur. Ce génie prudent ne croyait et ne voulait travailler que dans un ordre de connaissances rigoureusement limité par son objet. Malgré lui, par l'étendue et la force des principes d'où il était parti, ce chimiste est devenu physiologiste, ce physiologiste a dû se faire médecin, et de son microscope est sortie une philosophie de la vie. La doctrine pastorienne s'est infiltrée dans les idées générales qui ont, en apparence, le moins de rapport avec