‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 70 · ES · texte numérisé non relu

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sion, et nous empêcher d'arriver à temps pour

la prochaine session ; ce qui entraînera, nous ne saurions trop le répéter, les conséquences les plus graves (1).

Espérant, Eminence, qu'il vous sera possible d'apporter un prompt remède à nos maux, nous demeurons dans les sentiments du respect le plus profond,

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur,

T ANTOINE, Zv. de Sherbrooke.

(1) Nous savions que plusieurs Canadiens à Rome et au moins deux Romains avaient été chargés officiellement ou officieusement de combattre, sous une forme ou sous une autre, notre demande ; et je puis dire qu’ils se sont acquittés de la mission qu'ils avaient acceptée, consciencieusement,—J, B, P,

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Collège Canadien, 117 rue des Quatre-Fontaines, ROME, 5 février 1892.

Sa Grandeur Mgr N.Z. Lorrain, Ev. de Cythère, Vic. Ap. de Pontiac.

MONSEIGNEUR

Je réponds immédiatement à votre lettre du 18 janvier dernier qui m'arrive ce matin.

Certainement les cauchemars de la nuit vous ont trompé, j'ai souvent entendu dire qu’il fal-

lait prendre les rêves à rebours (1). Je ne sais

(1) Mgr Lorrain m'avait écrit avec une petite pointe de malice amicale : “ Mon sommeil, de ce temps-ci, est troublé par “toute espèce de rêves. Ainsi, mercredi dernier, j'étais avec “vous. Vous arriviez de Rome.Votre contenance était piteuse, “votre figure triste.—Qu’y a-t-il ? vous demandai-je.—Décon- “fiture, fiasco ! m’avez-vous répondu.—Est-ce vrai ? le temps “me fera connaître la vraie vérité. ” Cette saillie a provoqué l'exposé d’un aspect nouveau de notre politique universitaire, c’est pourquoi je la cite. Voir plus loin une réponse plus ad rem, au N° XXIV.

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pour cause : l’idée que je poursuis, marche par

étapes régulières et sûres. Quelquefois

duit s'arrêter un moment devant un obstacle mais, comme l’Ottawa devant Pembrooke si on voulait le barrer dans son cours, elle monte, elle monte, élle détourne l’obstacle jusqu'à ce qu'enfin elle : emportedans sa force irrésistible. Nos misères universitaires actuelles ne finiront que quan épiscopat, pour l’un et l’autre siège, aura la direction rare de l'Université, et consentira à l'exercer. Du reste ilne s’agit d’établir aucun état de choses nouveau ; la Constitution am dudum pourvoit à tout cela; seulement faut-il qu’elle ait son fonctionnement libre et sans entraves,

Quant à l'angurlle, si vous faites allusion à celle que Mgr Hamel me signaluit l’automne dernier, elle n'a pu montrer la tête, comme elle n'a jamais existé que dans les imaginations ou les entrefilets de journaux insidieusement ins-

pirés. Muis, croyez-moi, j'ai fait sortir de dessous

FA

les roches une foule d’écrevisses, de lézards, de scorpions et d’autres petites bêtes e/xsdem farinæ qui n'aiment pas la lumière. J’ai encore des surprises dans mon sac, surprises toutefois, parce que l’on veut toujours marcher hors de la voie pratique, et chercher des midi à quatorze heures ; car elles ne sont en réalité que les effets tout naturels d’une conduite à découvert.

On est toujours à crier : vous êtes contre la Charte. Ca me fait l'effet de ces royalistes de France, qui ne voulant pas voir la marche des événements, s'en tiennent toujours au drapeau blanc. Cette Charte avait été donnée seulement pour le bien d’un corps très restreint, et non pour les intérêts de tout un pays! Périssent les trois quarts de la jeunesse catholique de la Province de Québec plutôt que notre parchemin ! Du reste, qui parle d'attaquer la Charte ? Ne peut-on pas être extra, ultra et prater sans contra Chartam? Xe décret Tam dudum et l’6tablissement de la Succursale ne sont-ils pas en dehors et au delà des dispositions de la Charte?

C’est tellement le cas que l'Université a été

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obligée de demander une loi à la Législature

de Québec pour enseigner à Montréal, ce que ne

lui permettait pas la Charte, Ce qu’il est permis

à Québec de faire, serait-il défendu à Montréal ?

Une seule balance, un seul poids, une seule me-

sure, Tout va bien.

Je n'ignore pas les joies qui ont rayonné sur

le front de la citadelle aux environs du jour de

l'an. Hélas ! les hommes sont ainsi faits. Les

habitants de la rue Champlain dorment tran-

quilles, pendant que le Cap Diamant crevassé

en plusieurs endroits laissent suspendus au-

dessus de leur tête des quartiers de rocher peu

sûrs. Dans tous les cas, vous le savez,pour moi il

n'y a lutte avec personne Personnellement ; je

uis me tromper, mais, sous la haute direction , ,

A L2 È . L1 … de l'Épiscopat de la Province de Montréal, il me

semble que je poursuis une politiqne qui favo-

P rise les meilleurs intérêts de l'Université tant

à Québec qu'à Montréal, Je la poursuivrai in-

fatigablement jusqu'au bout, À moins que le

Saint-Siège ne vienne en suspendre le dévelop-

nee que mea

us pement ; et cette perspective paraît plus éloignée que jamais...

Par exemple, j'abonde dans votre sens, quand vous soupirez après les repos des forêts. Ce serait un rêve pour moi de sauter de St- Michel des Saints dans la Matawan que nous descendrions jusqu'à Wemontaching ; puis notre canot d’écorce suivrait le cours rapide du St-Maurice jusqu'aux Piles. L’arome des grands bois, la fraicheur des lacs, le spectacle de la belle nature referaient mon âme fatiguée des aridités, et trop souvent des étroits horizons, de la vie Universitaire...

Nous retournerons à Pâques ou à la Trinité.

La vie à Rome me va, j'y trouve biem des consolations et jy apprends bien des choses; cependant je n’y apprends pas à être (la chose n'étant pas possible) avec plus de respect et d'amitié,

De Votre Grandeur,

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Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Prêtre.

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Collège Canadien, 117 rue des Quatre-Fontaines,

Roue, 10 février 1892.

Sa Grandeur Mgr Edouard Chs Fabre, Archevêque de Montréal.

MoxSEIGNEUR,

Deo gratias ! Nous sortons de la Propagande, où nous avons rencontré M. X. ... Bonnes nouvelles ! et Mgr Racine désire que je vous en fasse part de suite.

Pour la question Universitaire, nous avons obtenu ce que nous avons demandé. La lettre est à se rédiger ; immédiatement, oulique, et nous l’aurons dans quelques jours.

Attendez sous peu une lettre plus explicative :

mais nous n’avons pas voulu retarder davantage

Pour Vous communiquer ce qui doit vous faire tant de plaisir, sachant aussi que vous ne man-

querez pas de vous unir à nous pour remercier

Cr j' Dieu de ces nouvelles faveurs. Il importe pour le moment que ces choses restent entre nous.

Personne ici n’en sait encore rien, excepté peutêtre Mgr M....qui furette partout et qui part incessamment pour Naples : mauvais signe!

J’ai reçu ce matin votre honorée lettre du 26 janvier. C’est vraiment fifoyable de voir les ravages que fait la maladie; mais je n’ai pu m'empêcher de rire en voyant M. B...traduire du grec jusqu’au seuil de l'éternité. Au revoir, Monseigneur ; priez pour moi, et croyez-moi toujours avec fidélité et respect,

De Votre Grandeur,

Le très dévoué serviteur.

J.B. PROULIX, rêtre.

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