LAVAL ET VICTORIA
Il vient (3) de s’imprimer secrètement dans un atelier de Montréal, le projet d’un bill concernant l’Université Laval. Les principales clauses du projet de loi n’étaient connues que d’un très petit nombre, mais aujourd’hui c'est le
secret de Polichinelle,
(1).—1] faudrait dire les extrêmes des deux camps.
(2).—I1 n'existe plus à Montréal deux Ecoles séparées de Lavalet de Victoria, que dans l'imagination de ceux qui ne veulent pas se mettre au courant des événements, pas plus des lettres du Saint-Siège que des lois de la Législature.
(3). —Non, il y a déjà huit mois.
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Un reporter de /4 Presse n pu recueillir à ce
sujet, les renseignements suivants que nous donnons sous toute réserve CE
Le but de la législation en perspective serait d'établir à Montréal une Université indépendante de celle de Québec, tout en conservant un semblant d'union avec l'Université mère (2).
La nouvelle Université serait sous le contrôle d’une corporation composée de l’Archevêque et de ses deux suffragants, Mgr Racine et Mgr Moreau, du supérieur de St-Sulpice, de M. l’abhé de Foville, des Docteurs Rottot et Hingston et
des juges Pagnuelo et Jetté (3). Le Recteur de
(1).— Précaution oratoire qui ne trompera personne : évidemment le reporter, ou son inspirateur, avait le projet de loi sous les yeux.
(2).—Pas du tout, le projet de la législation en perspective est de “constituer en Corporation les Administrateurs de l’Université Laval à Montréal,” ce qui ne relâchera en rien le lien qui unit les deux sièges de l’Université, Ce mot d’Université mère, pour moi, fait tomber le masque et met à découvert le souffeur.
(3).—Pourquoi ne disiez-vous pas qu'il doit y avoir dans la corporation encore trente-deux autres membres, et que la moitié en sera composée de laïques ? Vous avez peur, sans doute, d'affaiblir l'impression que vous vouliez produire,
A la Compagnie de Jesus a été invité à en faire ve partie, mais il a refusé très diplomatiquement, Fe pour ne pas mettre sa communauté dans l’em- 48 barras, (1) Le projet de loi a été, dit-on, (2) rédigé par le juge Pagnuelo. S'il est adopté ch: sans amendements (3), le clergé aura la haute main sur l'éducation universitaire, l’adminis- nos:
tration des finances et la préparation des règle- dé
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ments, ainsi que le contrôle de toutes les facul- Pro : tou
tés. (4) Au-dessus de la Corporation susmenà x - l
tionnée, un comité supérieur composé de l’Arche- | k * à (1).
(1).—Le Recteur de la Compagnie de Jésus n’a pas encore | # été invité à faire partie de la Corporation, et par conséquent ae il n’a pu refuser diplomatiquement. Monsieur l’inspirateur ne CLR ne se contente pas de donner des renseignements tronqués, il be en ajoute d’inexacts. ii . k . copat, (2).—Voilà un dit-on qui est ch‘rmant. Moi, je vous dirai tafoé que la rédaction du projet de loi st le résultat du travail con- de joint d’un comité nommé ad oc, où tous les membres, les uns @ plus, les autres moins, ont mis la main à l’œuvre qui leur FE était confiée, 6).
(3).—Ce si vient à propos ; car qui vous dit que le projet de Fr loi ne doit pas être soumis à l'étude des facultés avant d’être (4). présenté à la Législature ? Chaque chose en son temps! COR ‘ ’ page ils ne
(4).— Cette phrase paraitvouloir laisser entendre plus qu’elle Se cas pr
ne dit, x décen:
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vêque et de ses suffragants décidera en dernier ressort toutes les questions tant administratives que disciplinaires (1). Le nouveau bill qui sera présenté à la prochaine session de la Législature de Québec soulè-
vera (2), nous assure-t-on, une forte opposition
à cause de ses clauses trop restrictives pour la faculté de médecine (3). Le but définitif du
projet de loi est d'opérer une fusion (4) de
toutes les facultés sous la haute direction de
l'Episcopat. Ni Laval, ni Victoria ne veulent
(1).—Où est le mal? Je ne le cache pas: pour ma part, je ravaille, avec persévérance et non sans succès peut-être, à ce que les intérêts locaux de l'Université soient libres de veiller sur eux-mêmes à Montréal, mais cela sous la haute direction, comme il convient dans une Université Catholique, de l’Episcopat. Dessein trop haut pour qu’il puisse être saisi par les miopes dans les deux camps.
(2).—Je ne crois pas. Il pourrait bien se faire que vous preniez vos désirs pour des réalités.
(3).—Elles ne le sont pus plus pour la faculté de Médecine que pour les autres. Seriez-vous médecin, par hasard ?
(4).—Pas une fusion, mais une fédération. Les deux mots commencent, il est vrai par f, comme sage et sot par s, mais ils ne signifient pas tout à fait la même chose. Fusion dans le cas présent voudrait dire centralisation, et fédération veut dire décentralisation.
accepter un bill rédigé de manière à leur enlever toute leur liberté d'action. (1)
Il est à remarquer que les rivalités existant ci-devant entre les deux Écoles de Laval et Victoria ont complètement disparu, et les principaux professeurs se sont unis devant le danger commun (2).
Les professeurs d’un commun accord ont résolu de combattre devant la Législature les dispositions du bill quilèseront leurs droits et leurs privilèges. (3)
M. le Vice-Recteur Proulx et les docteurs Hingston et Rottot se sont réunis plusieurs fois à l’Archevêché et ont adopté le bill tel qu’il est
aujourd’hui imprimé. (4)
(1).—Le bill, vous le verrez, Monsieur, bien loin d'enlever aux facultés leur liberté d'action, la sauvegardera et la protégera.
(2).—N'’est-ce pas le bien commun qu’il faudrait dire ?
(3).—Mais, s’il ne les lèse pas !
(4).—Pourquoi nommez-vous ces trois Messieurs de préférence à tout autre ? ils étaient dix dans ce conseil provisoire. Pourquoi ? la réponse se présente aisément, même elle est
jalouse de se produire au grand jour,
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ner
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vérité pour!
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lever Droté-
On dit qu’ilsont ce projet de loi à l'étude depuis environ un an, (1) Nous espérons donner sous peu à nos lecteurs le texte des princi-
pales clauses du bill en question (2).
(1).—Preuve que l’on veut aller Piano, mais sano,
(2).—Dans ce cas-là, il vaudrait mieux, dans l'intérêt de la vérité, donner le bill tout entier; car, dans vos citations, vous pourriez être exposé, comme vous l'avez été dans vos interprétations, à faire des apartés.
Non, non. Cet article, et les entrefilets ejusdem farinæ auxquels il fait suite, sont destinés, dans l'esprit de leurs auteurs, à soulever des tempêtes, afin de permettre à certaines aspirations de pêcher en eau trouble: mais heureusement
Celui qui met un frein à la fureur des flots, Sait aussi des malins arrêter les complots.
EXTRAIT