‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 70 · MONSIEUR LE RÉDACTEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE RÉDACTEUR

Je vous transmets officiellement, avec prière de le publier, le rapport ci-inclus qui a été rédigé séance tenante et approuvé. — Veuillez accepter pour cette faveur mes remerciementset me croire

Votre tout dévoué serviteur,

EUG. LAFONTAINE, Prof. et Sec. F. de Droit U. JL. AZ,

Le secrétaire de la faculté de droit de l'Université Laval nous communique officiellement ce qui suit :

“ Le 10 février courant a eu lieu dans la salle de la faculté de médecine une réunion des professeurs’ de droit et de médecine de l’Université Laval convoquée par M. le chanoine Bruchési, vice-recteur par intérim de l'Université.

© Etaient présents :

“ L'honorable juge Jetté, l'honorable M. Arce. mbauië, ledocteur Hingston,le docteur Rottot, M. Monk, M. Lafontaine, MM. les docteurs Ed.

Desjardins, Brosseau, Dagenais, Laramée, Fafard, Mignault, Duval, Chartrand.

“ Des articles parus récemment dans des journaux de Montréal sur la présente question universitaire ont donné lieu à cette réunion.

“ M. le Vice-Recteur parla du projet de loi ayant pour objet de substituer une nouvelle corporation financière au syndicat établi en 1587 par un statut de la Législature de Québec.

‘“ Les professeurs se déclarèrent entièrement

réut com sync de c à M

rati(

ver:

quel 6 Qt aucu

et di

actit

e l'Uni-

ment ce

la salle des proiversité ruchési,

M. ArrRottot, eurs Ed.

Fafard,

les jour ion uni- IN,

t de loi nouvelle en 1557 bec,

èrement

satisfaits de ces explications, et les résolutions suivantes furent adoptées unanimement :

“1° Les professeurs de droit et de médecine réunis remercient M. le Vice-Recteur des communications qu'il leur à faites au sujet du syndicat financier que l’on désire constituer, afin

de créer des ressources pour l’Université Laval

à Montréal, et on déclare qu'une pareille corpo-

ration serait pour le plus grand bien de l'Université,

‘2° Les articles publiés récemment dans quelques journaux de Montréal sous le titre de Question Universitaire ” n’ont été inspirés par aucun des Professeurs des deux facultés de droit ct de médecine, et ces facultés n’ont pris aucune

action à ce sujet.”

Î { | À | | à ce | XXXI il p À 66 } | RoME, 29 février 1892. 000 Î «di Son Eminence le Cardinal Ledochowski, Préfet « (c de la S. C. de la Propagande. “ Q : “po EMINENTISSIME SEIGNEUR, “ch Avant de quitter Rome, d’où nous rapportons “ po | tant de directions consolantes, qu’il nous soit “inf | permis, par m2sure de précaution, de soumettre tre | à Votre Eminence, les considérations suivantes. € ma | ‘êtr | I ‘ mi ‘que Tout nous porte à croire que Mgr B. Paquet, “fun Recteur de l'Université Laval, se propose de de- “ten mander aux Evêques de la Province civile de “ mo Québec une indemnité pour les dépenses que le “de Séminaire a faites pour l’Université. “ext 1°— Au cours de la mission de Mgr Smeulders “ent ‘€ rait

au Canada (1884-1885), Mgr Paquet soumettait

réfet

rtons soit ettre

intes.

quet, e dele de

ue le

Iders ttait

à ce délégué apostolique un exposé dans lequel il proposait en substance ce qui suit :

« De prélever cinq cent mille piastres ($500, 000.00) qui auraient été partagées entre les “ diocèses de la Provinces ecclésiastique d’alors “ (comprenant les deux provinces actuelles de # Québec et de Montréal) en proportion de la “ population catholique, ou bien des revenus de “ chaque diocèse : chaque Evêque aurait été res- “ ponsable pour sa part, devant user de son “influence auprès du clergé et des fidèles pour

trouver l1 somme qui lui aurait été assignée ;

‘ maisla vingtième partie au moins aurait dû

‘être payée chaque année, hormis qu’on eût

mieux aimé payer le tout immédiatement en

quelques années ; si l’'Evêque ne pouvait pas faire collecter l'argent nécessaire, il serait tenu de compléter la somime annuelle au moyen des revenus provenant des dispenses “de mariage. Cependant, malgré des subsides extérieurs aussi considérables, il restait bien

“ entendu que le Séminaire de Québec garde-

ait sa parfaite indépendance dans l’adminis-

“ tration de ses bienset ne relèverait que de “son Archevêque comme par le passé. Car, ‘ ajoutait Mgr Paquet, le Séminaire ne veut pas ‘ se présenter devant la province ecclésiastique “ comme un mendiant, maiscomme un créancier ‘ devant son débiteur”?

L'orignial de ce document, dont nous venons de citer les expressions, sinon le texte même des phrases, doit se trouver dans le rapport de Mgr Smeulders au Secrétariat de la Propagande.

29,—Dans son rapport au Conseil Supérieur pour l’année 1888-89, Mgr Paquet dit :

“ Pendant l’année qui s'étend de janvier 1888 & À janvier 1889, Les recettes ont été de $6212. “ 04 et les dépenses de $12931.25.”

Nous ferons remarquer que Mgr Paquet oublie de porter au chapitre de ses recettes ce qu’il a reçu en vertu de l’indult qui alloue au Séminaire de Québec cinq centins sur les honoraires de messes envoyés à l'étranger, une somme de sept à huit mille piastres au moins; et il ajoute:

“ Ce qui laisse un déficit de $6719.21, sans

“ compter, il va sans dire, l'intérêt des capi-

de Car, pas ique

icier

nons 1ème ‘t de inde.

rieur

‘taux mis dans la fondation de l’Université,

“ ni celui que nous payons annuellement pour

la même œuvre.”

Nous nous rappelâmes que c'était pour indemniser le Séminaire de Québec de cette mise de fonds que, quatre ans auparavant, Mgr Paquet avait demandé à Mgr Smeulders que les Evêques de l’ancienne province ecclésiastique de Québec lui payassent cinq cent mille piastres.

3°.—Dans une lettreen date du 28 février 1891, adressée aux Archevêques et Evêques qui composent le Conseil Supérieur, Mgr Paquet s'exprime comme suit :

‘ Le Saint-Siège n’a pas perdu de vue que “ C’est à la demande de l’Episcopat du Haut et “ du Bas-Canada, que le Séminaire a établi l'Université Laval, pour laquelle il a, vu ses “ ressources restreintes, consacré une somme ‘ énorme, prise en grande partie sur les biens- “ fonds que lui avait légués son fondateur. Si l'Université n’avait été demandée que pour la

“ province ecclésiastique actuelle de Québec, le

# Séminaire n'aurait pas dépensé la moitié de “ l'argent qu'il y a mis.

& On nous avait demandé une Université

‘pour tous les catholiques du Canada, c'était

La

‘ même la condition formelle imposée par Lord Elgin, et on désirait qu'elle fit honneur à “ l'église Catholique...

‘“ Nous restons donc avec notre grande Uni-

6 versité, faite pour rec:voir quatre ou cinq

CS

‘ cents élèves en médecine ou en droit, et nous “ n’eu avons que cent trente. Il n’est pas néces- “ saire de faire observer que les capitaux placés “ sur ‘cette Université deux fois trop grande, “ mon seulement sont improductifs, mais encore

‘ nous occasionnent de nouvelles dépenses con-

LE

‘ tinuelles sans aucune compensation . .., Il y à dans ces citations des aperçus de vue qui luissent croire que Mgr Paquet n’a pas renoncé à son projet.

Même il se proposerait de le faire revivre avec une nouvelle vigueur, s’il faut en croire certaines demandes radicales (demander au Saint-Siège

l'indépendance de la Succursale), certaines me-

pen

que sias four a dé dép:

pou

pou

é de

ersité était Lord

sur à

Uni-

cinq ; Nous nécesplacés “ande, ncore 8 Con- LE]

e vue

xs re-

avec aines

Siège le)

S 1ne-

naces étranges (fermer l'Université à Québec), et certaines mesures extraordinaires (louer le pensionnat de l'Université pour v installer

l'Ecole Normale.)

Or, à l'encontre ‘ie ces prétentions, voici ce que nous eXpPosOons :

1° Les Evêques de l’ancienne Province ecclésiastique de Québec ne se sont jamais engagés de fournir aux dépenses de l’Université ;

2° Dès le premier commencement le Séminaire a déclaré qu’il entendait prendre sur lui seul ces dépenses, et qu’il avait les ressources nécessaires pour les rencontrer ;

3° Le Séminaire a toujours fait ces dépenses pour l’Université sans consulter les Evêques ;

4° Quand les Evêques, en vertu de pouvoirs à eux conférés par le Saint-Siège, ont cru devuir faire certaines représentations, plus d’une fois le

Séminaire leur a répondu que faisant les dépenses

En ARR SE 2 AT gi i P

RONA LS

de l’Université, à lui seul revenait le soin d’administrer ;

5° L'établissement de la Succursale, en réalité, n’a enlevé au Séminaire aucune ressource parce que très peu d'élèves de Montréal descendaient à Québec, et que l’expérience a prouvé qu'il était impossible d'établir parmi eux un courant de ce côté-là ;

6° La gestion des affaires de la Succursale n’a appauvri en rien le Séminaire de Québec, vu surtout le profit qu'il a fait sur les terrains achetés à Montréal à l’occasion de la Succursale, et l'allocation que le Saint-Siège lui a faite sur les honoraires de messe de la Province de Montréal envoyés à l'étranger ;

7° Le Séminaire de Québec lui-même ne s’est pas cru trop appauvri par l'établissement de la Succursale, puisque depuis il n’a pas craint de consacrer, pour des constructions très commodes, très utiles sans doute, mais qui n’étaient pas d’une nécessité absolue, une somme s’élevant à pas moins de trois cent mille piastres, c’est-à-

dire un million cinq cent mille francs ;

Qué ais acte Mgr D pre pas :

mais

les }

paga

saire

Pc Mgr des d esl |

ques

: d’ad-

n réasource lescen- )rouvé

UX un

le n’a ec, vu rrains arsale, te sur Mont-

e s’est de la int de nodes, at pas ant à

”est-à-

8° L'établissement d’un syndicat financier pour l'administration de l'Université Laval à Montréal ne fait pas perdre au Séminaire de Québec un seul sou ;

9° La plupart des Evêques du Canada franais, sinon tous, ne sont pas en état de faire cet acte de générosité qu'a voulu exiger d'eux Mgr Paquet.

De tous ces avancés, nous n'avons pas ici les preuves documentaires, comme nous n’étions pas venus à Rome pour traiter cette question ; mais, de retour au Canada, nous serons prêts à les passer à la Sacrée Congrégation de la Propagande, du moment qu’elle le j ugera néces-

saire,

Pour le moment, qu’il nous suffise de dire que Mgr Paquet paraît vouloir profiter du règlement des difhcultés présentes pour susciter (ce qui

est propre à embarrasser le Saint-Siège) une

question apparente de justice commutative ; au

ET

moins voudrait-il utiliser les circonstances pour

procurer à sa maison une forte somme d'argent, # On a diminué, semble-t-il dire, nos revenus : D:

“ que le Saint-Siège nous en procure d’autres

sidét ‘par les évêques de l’ancienne province de “ Québec.” Or le Saint-Siège, bien loin d’amoindrir les D 1 revenus du Séminaire de Québec, lui en a créé de considérables. I] lui a attribué sur la distribution des biens des Jésuites cent mille piastres (cinq cent mille francs). L’indult de 1885 qui lui alloue cinq centins sur les honoraires de messe envoyés à l'étranger lui a rapporté certainement soixante-dix mille piastres, quelques- Collè

uns disent soixante-quinze mille. L'indult de

1889, comme le précédent pour cinq ans, lui rapportera au moins une somme égale : en sorte Se G que le Séminaire de Québec à reçu du Saint- Siège un don qui s'élève à deux cent cinquante mille piastres, environ, c’est-à-dire un million J'i

\ & vou

deux cent cinquante mille francs.

Nous en sommes très heureux, mais il nous privé

ces pour argent, evenus :

l’autres tement

ince de

lrir les La créé , distripiastres 885 qui res de rté certelquesdult de lui rapn sorte

Saintiquante

million

il nous

semble que cette générosité du Saint-Siège devrait nous mettre à l’abri d'exigences nouvelles. Dans cette espérance, croyez que nous demeurons avec le plus profond respect et la considération la plus haute, De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

vs très humbles et très obéissants serviteurs,

ANTOINE, Ævêque de Sherbrooke.

J. B. PROUEX, [. À. U. L. M.

Collège Canadien, 117 rue des Quatre-Fontaines,

‘ ROME, 1° mars 1892.

Sa Grandeur Mgr Edouard Chs Fabre, Archevêque de Montréal.

MONSEIGNEUR

J'interromps une lettre officielle que je suis

à vous écrire pour vous faire cette communication

privée, Je m’empresse de vous l'envoyer, d’abord

2 vaste

parce qu’elle est bien propre à vous faire plaisir, ensuite parce qu’elle fait résonner la note juste de l'interprétation que l’on doit donner au document «apostolique que vous avez reçu, enfin pour vous mettre en garde contre certains courants d'opinion qu'en certains quartiers on ne manquera pas de lancer dans le but de couvrir la retraite. Elle vous livrera le secret de bien des mouvements tournants qui vont se produire dans la politique universitaire. J’affirme qu’elle est exacte même dans les termes, et vous savez que quand 7’afhrme, c’est signe que je suis certain et que, au besoin, je puis prouver. ...

Est-ce assez clair ? Peut-on mettre davantage les points sur les 1? Je comprends par le mot représentations, que Mgr Paquet se proposait, à leur connaissance, d’en faire de nouvelles, si toutefois elles ne sont pas rendues à Rome.

Nous en avons eu vent. Dans cette perspective, nous avons préparé, pour parer le coup, un document auquel nous avons donné sa forine défini-

tive hier (1). Veuillez excuser la hâte avec

(1) Le document qui se lit au Numéro précédent.

laqu

suis t

Le tre

Collès

Sa Gr

Je docun j'enve la da copie Jour.

inter

> plaisir, te juste au docuu, enfin ins cou- 8 On ne couvrir de bien roduire qu’elle 18 Savez suis Cer- Vantage le mot JoSait, à elles, si

Rome, pective, n docudéfini-

le avec

laquelle cette lettre est écrite, et croyez que je suis toujours avec beaucoup de respect, De Votre Grandeur,

Monseigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur.

J.B. PROULX, /#re.

Collège Canadien, 117 rue des Quatre-Fontaines,

ROME, 1° mars 1892.

Sa Grandeur Mgr L. 7. Moreau, Evêque de St- Hyacinthe,

MONSEIGNEUR

Je vous adresse sous ce pli l'interprétation du document apostolique du 16 février, laquelle j'envoyais à Mgr l’Archevêque de Montréal à la date du 19 du même mois, et j’ajoute une copie de la communication confidentielle de ce

jour, Cette communication vient confirmer mon

interprétation, de la justesse de laquelle je ne

D PRÉPA MA

Page 1