FESSES
liaire, les Evêques ont la charge de l’Université, Je partirai un jour, les Evêques resteront. J’ai accompli à la lettre ce que je vous disais avant de partir: Mur Racine sera l’homme de poids, et je s:rai l’homme de plume.” Aussi a-t-elle joué, cette pauvre plume. Elle a rédigé tous les documents, mémoires, exposés, lettres, une seule de trois pages exceptée; encore y a-t-elle eu son mot à dire. Voilà tout le service que j'ai rendu, et pas plus.
Vous avez dû remarquer que je n'ai pas signé le Mémoire sur le peu de bonne volonté que le Recteur et le Conseil de l'Université Laval ont wpporté au fonctionnement de l'Université à Montréal. Certes, ce n’est pas que je n’approuve
ce qui y est dit, jusqu’au dernier mot. Non,
Quand je partis, le Saint-Père me mit la main sur la tête en me disant : Je vous bénis, je bénis 7os efforts pour la paix, et vous réussirez.
Je puis reproduire ici en toute liberté ces paroles tombées de la bouche du Vicaire de Jésus-Christ, car elles n'avaient aucun caractère confidentiel : elles m'ont été dites en présence de Mgr Racine, et de quatre jeunes prêtres canadiens, MM. N\. Préville, Lemieux, Bourassa et A, Jasmin.—J, B. P,
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ersité, mais c’est par un sentiment qui a été apprécié ici, t. J’ai et que vous ne désapprouverez pas, sans doute. avant Il y était demandé que le Saint-Père envoyât poids, une lettre d'avertissement aux Evêques, et j'ai t-elle cru qu’il n'était pas de mon ressort de faire ous les une pareille demande. Et l’on m'a dit : /awdo vos. 2 seule Pour Mgr Racine, ce n’était pas la même chose, Ile eu en sa qualité d’évêque il était dans son élément. 1e J'ai Le mien est de travailler et de me dévouer avec
bonheur, pour un père aussi bon que vous l’êtes,
as Si- Au revoir.
dé que J. B. P.
Laval rsilé à XXXV Jouve
Non, Collège Canadien, 117 rue des Quatre-Fontaines,
Rome, 18 décembre 1891.
à tête en Sa Grandeur Mer L. N. Rés, Archevêque de la paix, :
Cyrène,
tombées avaient MONSEIGNEUR, présence
MM. \. Je viens de voir, dans le compte rendu que le
Monteur de Rome donne de ce qui s'est passé
TN hier au consistoire secret, ‘que Sa Sainteté à notifié. ... /'Æolise titulaire Archiépiscopale de Cyrène, pour Mgr Louis Nazaire Bégin, promu de l'Eglise Cathédrale de Chicoutimi et délégué comme coadjuteur de l’Em. Cardinai Alexandre Taschereau, Archevêque de Québec.” J'attendais, Monseigneur, cette notification officielle de votre promotion pour venir présenter à Votre Grandeur mes humbles félicitations. La Providence, visiblement, vous a préparé, vous avait réservé pour de grands, de délicats et de difficiles travaux. Le Siège de Québec, où vous arriverez plus que probablement occupe une place considérable dans notre pays: c’est de là que doit partir, naturellement, l'orientation des affaires religieuses, et souvent des intérêts politiques et sociaux de tout un peuple, L’expérieuce de Chicoutimi dit assez haut ce que l’on peut attendre de votre tact et de votra conduite des affaires. Je suis à même ici de constater quelles espérances Rome repose en votre science,
en votre piété, en votre douceur eten votre
fermeté.
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est pourquoi, Monseigneur, veuillez croire que, avec tous ceux qui vous connaissent, je bénis Dieu de ce qui arrive, et que je suis avec un respect etune considération toujours croissants,
De Votre Grandeur, Monseigneur,
Le très humble et très dévoué serviteur.
J. B. PROULX, Prêtre.
Collège Canadien, 117 rue des Quatre-Fontaines,
ROME, 6 mars 1892.
Sa Grandeur Mgr L. N. Bévin, Archevêque de Cyrène, Coadjuteur de l’Archevêque de
Québec,
MONSEIGNEUR
Permettez-moi de vous féliciter, ou plutôt de
féliciter l'Ezlise de Québec, de ce que la succes-
sion de ce noble Siège est assurée en mains dignes
et habiles, Le Siège de Québec a été honoré plus que tout autre dans l’ Amérique du Nord ; il le méritait, 11 compte une longue suite d’évêques illustres qui n’ont cessé de rendre des services à la religion et qui, aux époques difficiles de notre histoire, ont sauvé notre nationalité. Et la source des faveurs que la Providence lui réserve n’est pastarie puisqu'elle a permis que le Saint-Père jetât les yeux sur vous pour être son futur évêque.
Vous êtes encore, Monseigneur, dans la première vigueur de l’âge ; Les circonstances ont fait que vous avez étudié ; tout le monde connait votre vertu; le ciel vous a doué d’un caractère ferme et conciliant ; vous arrivez à la gouverne du siège métropolitain avec l'expérience de l’administration et le prestige du succès. IL s ouvre donc devant vous une longue carrière de travaux apostoliques, et, je n’en doute pas, dans les circonstances actuelles, de solutions bienfaisantes.
Ne réussiriez-vous qu’à régler définitivement
nos difficultés universitaires et à établir le calme
complet dans les esprits, que votre nom resterait
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comme celui d’un des plus grands bienfaiteurs de notre pays. d'en parle à l'aise; car je viens de faire de nouvelles instances auprès de mon archevêque pour que je sois rendu bientôt au repos, au travail et ausilence de ma paroisse ; et j'espère que des influences assez puissantes voudront bien s'unir à mes efforts jusqu'ici trop fubles, pour que cette fois mes vœux soient exXauCés.
Dans tous les cas, tant que je devrai rester au poste qui m'a été confié, je n'aurai en vu, comme par le passé, que l'exécution pleine et entière, de la Constitution Ye dudum. Elle assure le mode d’être que le Saint-Siège a jugé nécessaire à Montréal, elle protège le développement des intérêts locaux qui sont si considérables dans cette très illustre ville et le vaste district qui s’y rattache ; et en même temps, en élvignant les causes de mécontentement et de dissensions, elle cimente l’uuité universitaire sur les seules bases sur lesquelles elle soit possible, De cette sorte, Québec, la ville historique, le premier foyer d'éducation dans le pays, res-
tera toujours la tête d’une grande Université
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nationale qui deviendra de jour en Jour de plus en plus brillante, ce qui n’est pas une petite gloire, et ce dont, moi pour un, je me réjouis fort.
Mais pour que la tête se porte bien, faut-il que les membres soient vigoureux. La trop grande centralisation est nuisible ; pour fleurir, les facultés ont besoin de latitude, d'initiatives ; les laïques en général ont plus d'aptitude que nous pour les affaires monétaires. Je parle surtout pour Montréal. Sila contralisation nuit, la défiance de l’épiscopat tue; une université catholique n’a de sève véritable et durable que si elle se développe sous la haute direction écoutée et agissante de ceux à qui il aété dit: ‘“ Knseignez toutes les nations.” La Constitution Ya duduim pourvoit à tout cela. Elle fait large la part des évêques. C’est pourquoi il importe tant que cette action épiscopale ne soit pas paralysée mais qu'elle-même, collectivement, ayant confiance en sa force, en ses droits, elle consente à être, elle veuille bien être le ressort, le mouve-
ment, l’inspiration et la vie du corps universi-
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Je viens, Monseigneur, de vous faire, comme à un personnage qui entre sur la scène avec des moyens puissants, ma profession de foi; j'ose espérer que vous ne la trouverez pas hétérodoxe, Cela m'a conduit bien loin des félicitations par lesquelles s’ouvrait cette lettre. J'y reviens en félicitant l'Université de ce qu’elle aura à sa tête un prélat qui connaît si bien les questions dontil s’agit, qui pendant des années en a fait une étude spéciale, à qui la politique et les intentions du Saint-Siège sont si parfaitement connues, en la sagesse et en la modération duquel le Saint-Père, 7e / sazs, repose une confiance si grande pour ramener la paix sur nos bords trop longtemps agités,
Dans cet espoir que je partage avec tous ceux qui vous connaissent, croyez que je suis avec un profond respect et une haute considération,
De Votre Grandeur, Monseigneur,
Le très humble et très dévoué serviteur.
J. B. PROUEX, Prévre.