‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 70 · NOR · texte numérisé non relu

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avouer qu’elle nous a servis royalement. Et, pour moi, ce passé n’est qu’un faible gage des promesses de l'avenir immédiat. Cependant ces promesses brillantes ne me tentent pas beaucoup, je n’aspire qu'après le repos, et le travail tranquille et secret de mon ministère paroiïssial, Je laisserai plus que volontiers à un autre le soin de recueillir dans l'allégresse ce que nous avons semé dans les pleurs.

Cela m'amène à vous parler, Monseigneur, d’une question qui me tient au cœur, dont vous me permettrez l’exposition depuis son premier principe, et dont vous voudrez bien, je l'espère, accepter les conclusions.

Quand j'acceptai la charge de Vice-Recteur, je me traçai un programme, je me fixai un but. Le point exact de ce but et les grandes lignes de ce piogramme sont exprimés dans la première lettre que j'écrivis à Mgr Paquet, à le date du 51 juillet 1889: ‘Je serais trop heureux si mes faibles efforts pouvaient contribuer au bon fonctionnement à Montréal de notre

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une,” et dans la première lettre que j’adressai à Votre Grandeur en date du 2 août 1889:

‘... S'agit-il, dans ma conduite comme Vice- Recteur, de l'application loyale, large et entière du dernier décret papal Fam dudum avec le Javores ampliandi pour Montréal dans toutes les

questions douteuses ? ”

Ainsi j’entreprenais l'exécution pratique,

loyale et entière de la Constitution Jam dudum, qui devait assurer le fonctionnement large de notre Université, c’est-à-dire le développement et la protection de nos intérêts locaux, en même temps qu'en cimenter l'unité sur des bases acceptables pour tous.

Je m'assurai d’abord si telle était bien votre votre intention et celle de vos vénérés suffragants, car sans la promesse de votre puissante direction et de votre concours efficace, je n’aurais jamais entrepris cette œuvre : Je la voyais hérissée de difficultés.

À Québec la Constitution Yew dudum déplaisait, quelques-uns en avaient prédit l’inefficacité et même ne se gênaient pas de travailler, au

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moins d’une manière indirecte, à son avortemént. À Montréal, les intérêts divers étaient en lutte, et la défiance régnait partout. Une dette considérable était attachée au cou de la Succursale et l’entraînait fatalement dans l’abime. Ses adversaires, et ils étaient légion, se frottaient les mains d’aise et se prometlaient de rire à son enterrement.

Or la dette a été réglée, des ressources provisoires ont été assurées. [Il a été trouvé un terrain commun où les esprits sincères et les hommes de bonne volonté ont pu se rencontrer. Les intérêts contraires ont été amenés en contact, des conditions d'union équitables ont été posées, étudiées, à la fin acceptées par les deux côtés, Rome les à approuvées et, non sans que lon vint passer par bien des tribulations, lu Législature de la Province de Québec les a sanctionnées à l'unanimité. La question si délicate des réclamations monétaires est réglée à la satisfaction générale, La confiance est rétablie dans une très grande mesure. Pour assurer la

vie civile du siège Montréalais de l'Université,

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il ne manquait plus qu'un syndicat financier, Or voici que le projet de loi qui doit l’instituer vient d’être recommandé à Rome, nous sommes assurés du concours du Conseil Universitaire, et avant longtemps, il n’y à pas de doute, la Législature lui aura donné la sanction légale.

Alors sera accomplie dans la vie universitaire à Montréal une étape: l'établissement solide canoniquement et civilement du siège Montréalais, sur un terrain débarrassé des mille obstacles qui l’obstruaient, avec des fondations dans les faits comme dans les idées, voyant souvrir sur l’avenir des perspectives de prospérité.

Alors commencera une autre période : le fonctionnement du syndicat, l'appel aux bourses généreuses, les constructions. Je désirerais ne

pas y entrer.

J'ai fait l’œuvre que je m'étais proposée,

œuvre de luttes pénibles, de déblaiement de terrain, d’apaisement dans les esprits, de fondations. Qu'un autre maintenant vienne mettre la

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devra travailler à la roue du syndicat, il serait bon qu’il pût apporter sa part de surveillance et d'influence au choix des membres qu’il restera à nommer pour remplir les cadres de la nouvelle corporation.

Ainsi donc, je viens vous demander, Monseigneur, de vouloir bien me donner un successeur aussitôt que notre projet de loi aura reçu la sanction de la Législature, et même dès mon retour à Montréal si vous l’avez pour agréable. Vous n'avez pas oublié, Monseigneur, qu’il était convenu entre nous que, du moment que le gros et le pénible de l’ouvrage d'organisation seraient terminés, je pourrais retourner à mes ouailles qui ont conservé le meilleur de mes affections sacerdotales. C’est dans ce but surtout que vous m'avez laissé la desserte de ma paroisse, J'ai voulu vous donner avis de ma demande un peu d'avance, afin que vous ayez le temps d’y songer pour pouvoir parler de la chose, à notre arrivée, s’il y a réunion des Évêques de la Province de Montréal, comme Mgr Racine me | se

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Le labeur incessant auquel j'ai été soumis depuis bientôt trente-un mois n'a coûté quelques ennuis ; mais aussi il m’a apporté des consolations nombreuses, quand je voyais le grand bien qui se faisait, quand je recevais les encouragements répétés de l’Episcopat, quand je constatais que notre conduite répondait aux directions et à l'attente du Saint-Siège, et que en particulier vous ne cessiez de me prodiguer les marques de votre confiance et de votre bienveillance, Recevez-en aujourd’hui l'expression renouvelée de mes remerciments, et, avec les instances réitérées de la demande qui fait l’objet principal de cette lettre, veuillezaccepter l’assurancedessentiments de respect et de considération avec lesquels je suis,

De Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, rêtre.

P. S.—Mgr Bégin vient de voir ajouter à son titre de coadjuteur le cw futuré successione. Je lui écris #a félicitation. (1)

Nous sommes à préparer notre dép:rt qui aura lieu, je crois, le 10 ausoir. Il ne nous reste plus qu'à aller remercier les Eminentissimes Cardinaux qui se sont donné tant de peine pour régler nos affaires. C’est pour nous un devoir bien doux. Le Pape lui-même a dit à Mgr Racine, mardi, lors Ge sa réception des vœux du Sacré Collège, qu’il lui donnerait son audience immédiatement après les fêtes du couronnement:

ça ne peut retarder. (2) Mer de Sherbrooke

(1) Je citerai, au Numro suivant, cette lettre de félicitation, en y ajoutant celle que je lui écrivais le 18 de décembre 1891, lors de sa nomination à la coadjutorerie de Québec. Je suis heureux d’avoir l’occasion de couronner par les fleurs et les roses de bonnes paroles ces deux volumes, Devant Québec et Rome, où il à pu queiquefois, certainement bien malgré moi, se glisser quelques petites épines,

(2) Cette audience eut lieu sameli,le 5 de mars, dans unensemble de circonstances tout à fait consolantes. Le Saint-Père avait cet air de grandeur tempéré par cette bienveillance paternelle, qui lui est propre : jamais je ne l'avais vu aussi frais de santé, aussi riant de figure, aussi jeune malzré ses q'atres

vingt-deux ans.

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part content, et il a bien raison de l'être. Il a mené son affire avec patience, modération, fermeté et prudence. Æonesty is He best policy.

C'est lui qui l’a menée, et lui seul, Il a bien voulu me communiquer ses plans et les discuter avec moi, mais enfin c’est lui quien a pris la responsabilité et la conduite. Il a porté les mémoires,vu les Cardinaux, donné les explications: il n’a épargné ni ses pas ni ses démarches. Du

reste, c’est dans l’ordre. Je ne suis qu’un auxi-

Myr Racine sui avec lui, sur des sujets variés et on ne peut plus actuels, une conversation privée de 25 minutes, d'où il sortit charmé, ravi.

Quant à moi, la première parole qu'il me dit, fut celle-ci : “Ahlle Vice-Recteur à Montréal : eh bien! je vous encourage dans vos efforts pour la prospérité de l'Université, Cela va bien maintenant à Montréal? —Oui, Saint-Père, très bien en général ; quelquefois il y a bien quelques petites choses.—Oni, oui, tout S’arrangera par la charité Mais cela va bien.— C’est que, Saint-Père, les choses y ont été mises par Votre Sainteté sur leurs bases véritables. —Oui. Quand je suis arrivé,on parlait depuis longtemps de rivalités entre Québec et Montréal, C'était malheureux. J'ai voulu mettre fin? ces divisions, et j'ai donné mon décret Jam dudum. J'ai fait de mon mieux, pour le mieux.—Par 1à, Saint-Père, vous avez sa'ivé, au profit de la religion, les hautes études dans notre province.—C’est

bien, c’est bien, que la paix soit avec vous, toujours ! ”

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