‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 70 · PR · texte numérisé non relu

PR

reçois les mêmes informations. Qu'il me suffise de citer ici un seul témoignage qui, en réalité, résume tous les autres; il est d’un vieillard tout à fait respectable, et parfaitement au courant de l'opinion, le Révérend Fabien Perrault, ancien curé. Il m'’écrivait donc, le 30 décembre de l’année qui vient de finir :

“ L'intérêt que j'ai toujours porté à votre ‘ œuvre, l’union de l’Ecole de Médecine et de “ Chirurgie de Montréal à la Faculté Laval, ‘ me fait un devoir de vous dire que si les de- “ mandes et prétentions de Québec étaient ex- ‘ aucées à Rome ; si Québec avait le pouvoir de ‘ s’ingérer dans l’ad ministration des affaires pé- ‘“ cuniaires de la Succursole de Montréal; l’u- ‘ nion que vous avez réalisée au prix de si ‘ grands sacrifices, et qui a réjoui tous les cœurs ‘ affligés depuis vingt ans, et qui a pacifié tous les ‘ esprits tant partagés, serait malheureusement ‘ brisée du jour où cette nouvelle arriverait à ‘ Montréal. Je parle ainsi d’après les dires du

‘“ Docteur Brune Ile et autres médecins et aussi

vers mois mes «6 Vi ‘* mi “ jou ‘qu D im ‘min

“de

e suffise

réalité, ard tout courant ult, an-

écembre

À votre eet de Laval, les deent exvoir de res péal; l’ude si s cœurs tous les sement verait à ires du

t aussi

“ d’autres personnes avec lesquelles j'ai conversé ! ”

Apès tout, de quel droit Québec viendrait-il s'ingérer dans les affaires financières de Montréal? Montréal pourvoit à ses frais et à ses dépenses d’administration, seul ; à lui seul de les administrer,

Du reste, Mgr B. Paquet, Recteur de l'Université, admettait ce principe lorsque ie 29 du mois d'août 1889, il m'écrivait en propres termes : Par le fait de la nomination du nouveau ‘* Vice-Recteur, le Séminaire a abandonné l’ad- “ ministration financière de la Succursale, le “ Jour même de cette nomination. Par con-é- ‘‘ quent, vous pouvez prendre possession de la ‘maison et de tout ce qu’elle renferme, et ad- ‘ miuistrer le tout au nom de la Succursale, ou

“ de Mgr l’Arcehvêque de Montréal —J, B, p.

luir

III nenc

deva

RoME, 20 janvier 1892. nous

avoit

Sa Grandeur Mgr A. Racine, l'épis Evêque de Sherbrooke. Je

“ not

MONSEIGNEUR, À ctfai Permettez-moi de résumer ici par écrit ce que ? jet L j'ai eu l’occasion de répéter avec vous bien sou- ecclés vent depuis quelques jours, en de nombreuses celle conversations. de M Evidemment Québec veut gagner du temps, . ne po afin de nous jeter dans des embarras inextri- î sant | cables, … enqt D'abord Son Eminence le Cardinal Tasche- M N0US reau, dans la réunion du Conseil Supérieur où il 1 tions fut question de notre projet de loi, leva tout à 1 Elle ; coup la séance sans demander sur le sujet que | En | nous soumettions à leur examen, l'opinion de ses { à cou collègues : il gagnait du temps. Î qu'El

Le lendemain Mgr l’Archevêque de Montréal | 4 82804

it ce que en sou-

1hreuses

temps,

inextri-

Tascheur où il a tout à jet que

n de ses

ontréal

ss TP us

lui reparla de notre projet ; cependant Son Eminence laissa partir les Evêques sans ramener devant eux notre requête, sachant fort bien qu'il nous était impossible d’aller plus loin, sans avoir l’avis de tous les membres intéressés de l’épiscopat : Elle gagnait du temps.

Je lui écrivis, lui demandant de vouloir bien “ nous émettre son désir sur notre projet de loi, et faire en sorte que nous ayons aussi sur ce sujet l’opinion des autres Evêques de la Province ecclésiastique de Québec, comme nous avons déjà celle des Archevêque et Evêques de la Province de Montréal. ” Son Eminence répondit qu'Elle ne pouvait approuver notre projet de loi, refusant toujours de nous dire, d’une manière précise, en quoi Elle ne l’approuvait pas, de sorte qu'il uous était impossible d’y apporter les modifications qui auraient pu le lui rendre acceptable : Elle gagnait du temps.

Enfin, pressée par des lettres qui se succédaient à courts intervalles, Son Eminence répondit qu'Elle avait soumis ses doutes À Rome : Elle

gagnait du temps.

Sur quoi portaient ces doutes ? Sur le point de savoir si Rome avait, oui ou non, approuvé le projet de loi. Or notre démarche, les promesses du Conseil d’affaires, les protestations de l’Université Laval à Montréal de tenir compte de toutes les remarques que voudraient lui faire les membres du Conseil Supérieur, les explications et les affirmations du Vice-Recteur de Montréal plusieurs fois répétées dans sa correspondance, tout cela disait assez haut que Rome n’avait pas approuvé le projet de loi. Evidemment ce doute persistant peut, saus que l’on manque à la charité, être regardé comme un prétexte: le principal motif n’était-il pas de gagner du temps ?

On en avait tellement gagné que si le parlement s'était réuni dans les limites du temps ordinaire fixé par la constitution, il est plus que -probable que nous n’aurions pas été prêts à présenter notre bill à la première session de la Législature.

Or, par un accident qu’il n’était guère possible de prévoir au mois d'octobre, la session de la

Législature de Québec ne s'ouvrira que le 7 avril

proch il s'ag pêche tances

Son Congr de no deman celle d

Elle de jan

On

de ret:

devant } sait for ! soin de tion, et les proc 2 de l’épc ! la Gaz

senter t

Législa

agné.

OR

Joint de ouvé le omesses > l'Uninpte de faire les ications ontréal ndance, rait pas :e doute la chae prinmps ?

> parlemps orlus que 8 à pré-

> la Lé-

possible à de lu

7 avril

prochain. Eh bien, maintenant, pour Québec, il s'agit de gagner assez de temps pour nous empêcher de profiter d’une marge que les circonstances pourtant nous ont faite si large.

Son Eminence le Cardinal Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande a écrit au mois de novembre au Cardinal Taschereau pour lui demander sur notre projet de loi son opinion et celle de ses suffragants, pas de réponse.

Elle à dû lui télégraphier au commencement de janvier, pas de réponse.

On répondra, mais le plus tard possible, afin

de returder d’autant l’entrée de notre affaire

1 devant la Congrégation de la Propagande, On

: sait fort bien que la Sacrée Congrégation à be-

soin de plusieurs semaines pour étudier la question, et formuler une décision. On espère que les procédures nous conduiront au moins au delà de l’époque fixée par la loi pour annoncer dans la Gazette officielle l'intention qu'on a de présenter un bill privé à la prochaine session de la

Législature, et alors le but que l’on poursuit est

LA gagné.

Comptez, Monseigneur, que devant la Congré- 14 auccé

gation, les procédures seront retardées par tous la les moyens que Québec aura à sa disposition. Ne à Evê

croyez-vous pas que déjà certaines personnes jeun

sont commissionnées de démontrer que l'affaire gers

ne presse pas, qu'il ne faut point faire de peine dés

relè

Ne mom.

démo

pas si

au Cardinal Taschereau, qu’en temporisant les difficultés s'arrangeront d’elles-mêmes ?

Et, pendant ce temps-là, on répand par tout le pays les rumeurs les plus diverses. On tâche de produire le découragement chez les uns, de

réveiller des espérances endormies chez les

bien \ autres, de semer partout la division. Si notre hate bill ne passe pas à la prochaine session, vous le M tasd savez, Monseigneur, il se produira dans les Cro esprits à Montréal une débâcle qu'aucune main nat humaine ne pourra maîtriser. Tous les bons M fruits produits jusqu'ici par la Constitution 7 ÿam dudum seront emportés par le torrent. Le 4 Le

résultat final sera l’établissement d’une Univer-

sité laïque, et vous savez ce qu’en définitive cela M

signifie. ‘4

Je ne parle pas pour moi, Monseigneur ; l’in-

t Congré- succès dans notre démarche présente m’apporte

par tous la retraite, m'apporte le repos, Mais les

ition. Ne Evêques, eux, resteront sur la scène ; mais notre

FOUR jeunesse à Montréal aura ses besoins, ses danni

l'affaire gers ; mais l’Université catholique elle-même, de peine dans le pays, aura reçu un coup dont elle ne se

isant les relèvera jamais.

Ne croyez-vous pas, Monseigneur, que le moment est arrivé, par un effort quelconque, de démontrer au Saint-Siège que Québec veut, non pas simplement amender notre projet de loi, mais bien virtuellement le tuer par la £mporisation. Le temps passe. Plus tard, sera peut-être trop

tard.

Croyez que je demeure, avec ln plus haute

| ain ne m considération,

les bons : De Votre Grandeur, stitution Monseigneur,

rent, Le Le très humble et très dévoué serviteur.

Univer- | La J. B. PROULX, Prêtre, tive cela À

Page 1