‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 70 · ARE QE ER AE EE GE LE D SEE DEEE SE ARR · texte numérisé non relu

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Ainsi donc, c’est dans les clauses VI et VII de notre projet de loi que l’on doit chercherles les objections des autorités Universitaires.

Avant d'aller plus loin, je ferai remarquer qu'à Québec on se Hent toujours à cheval sur “les droits octroyés au Conseil Universitaire par la Charte Royale, ” et l’on ne veut pas admettre et accepter que l'exercice de ces droits à Montréal, canoniquement parlant (et pour les dignitaires d’une Université Catholique cela doit suffire) est créé et délimité par le Rescrit de 1876 et par la Constitution Fam dudum. On nous renvoie quelquefois à la Bulle pontificale /#/er varias sollicitudines : pontificaux au même titre sont ces deux derniers documents, et ils méritent le même respect ; de plus, étant venus en dernier lieu, ils peuvent compléter le premier, Pourquoi invoquer l’un et laisser les deux autres de côté? On nous re-

proche souvent d'agir contre la Charte Royale ;

pour parler correctement il faudrait dire en de-

“Ée hors de la Charte. Mais est-ce que la Constitution Fa» dudum et mêine l'établissement de la Succursale n’ont pas institué pour l’Université des modes d’être qui outrepassent les prévisions de la Charte Royale extra, ultra et preler Chartam Regalem? sed tamen contra non dico.

Revenons aux clauses VI et VII. Après les avoir examinées attentivement, et encore avec une lunette grossissante, je n’y découvre rien autre chose qui puisse porter ombrage aux prétentions du Conseil Universitaire, d’abord dans la clause VI les trois lignes qui commencent par ces mots ax sujet des études, et les deux lignes suivantes: /7 peut suspendre temporairement les professeurs du consentement de la facullé et du Vice-Chancelier ; et dans la clause VII les quatre lignes qui ont pour premier mots : /es éfudes et les examens, et les trois lignes commençant par Za dite corporation. Je défie l'œil le plus exercé de trouver dans ces deux clauses d’autres

prétextes de récriminations, bien que pour moi,

même dans les points que je viens de signaler,

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En effet dans ces quelques lignes, d’après nous qui avons rédigé le projet de loi, l’Archevêque de Montréal et les facultés à Montréal ne feraient que communiquer et étendre à la nouvelle Corporation certains privilèges que leur accordait la Constitution am dudum, tout en en gardant l’exercice corrélatif, et même, quant à l’Archevêque, l'exercice définitif par le droit de veto.

Ce serait donc pour ces douze lignes, ce me

semble bien inoffensives, que les autorités Uni-

versitaires n’hésiteraient pas à arrêter le développement de nos plus chers intérêts à Montréal, à retarder la consolidation de notre paix, à nous créer des ennuis et desembarras sans cesse renaissants, ct à mettreen péril l'existence même de l’Université dans notre district. Vraiment on aurait lieu de s'étonner que, pour une si petite cause, on fût prêt à produire de si grands effets, si on ne savait qu’en tout cela on était bien

aise de poursuivre un dessein tranché et radical,

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sans reculer devant une catastrophe. Avec vous, Monseigneur, je n’ai pas besoin d’en dire davantage, je sais que vous me comprenez fort bien.

Donc, loin de nous, loin des auteurs de ce projet de loi, l'intention de faire invasion sur le terrain du Conseil Universitaire. Preuve, les paroles qu’on lit au compte rendu de la séance du ‘ Conseil d’affaires de l’Université Laval à Montréal,” tenue le 15 mars 1891 : ‘“ Au cours de la discussion le Révérend J. B. Proulx, fortement appuyé par le Très Révérend L. Colin, fit remarquer comme il importe de se conformer à la Constitution Ya dudum et à tous les décrets romains généralement quelconques, et par conséquent dans le travail de cette organisation absolument nécessaire à Montréal, de n’empiéter en rien sur les droits du Conseil Universitaire, qui doivent rester intacts, tel que le Saint-Siège le désire.” Peut-on être plus formel ?

Voilà ce que l’on se proposait en commençant à rédiger le projet de loi ; et voici comment se

termine cette rédaction :

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‘ Rien de contenu au présent acte ne sern “ interprété comme amoindrissant ou affectant “en aucune manière les pouvoirs, droits ou “ privilèges accordés à l’Université Laval à “ Québec ou au Conseil de la dite Université par “la Charte Royale de Sa Majesté la reine Vic- “ toria, en date dn 8 décembre 1852,érigeant en “ Corporation civile la dite Université Laval à ‘ Québec, l'intention du présent acte étant de “ ne déroger en rien à la dite Charte.”

Toute cette conduite était tellement honnête, tous ces actes étaient tellement loyaux et concluants que Mgr Th. Hamel, Pro-Recteur de l'Université, faisant les fonctions du Recteur, ne put s'empêcher de dire tout d'abord, frappé par l'évidence :

“ Je serais donc surpris si le Conseil Univer- “taire se permettait de suggérer la moindre “ modification au projet présenté....2° parce “ que la clause IX sauvegarde tous les droits ‘ conférés à l’Université Laval par la Charte ‘ Royale.” (Lettre à l’abbé J. B. Proulx, 16 septembre 1891.)

Comment se fait-il que, quelques jours après, sur ce même point, Mgr Hamel avait changé d’opinion du tout au tout ?,...Cette question Universitaire a toujours été remplie de surprise et de mystère.

Pour moi, aujourd'hui coinme au mois de septembre dernier, je demeure convaincu que uotre projet de loi respecte les droits de l’Université Laval à Québec; et duns cette conviction je suis toujours avec le plus grand respect,

De Votre Grandeur,

Le très humble et très dévoué serviteur.

J. B. PROULX, Prêtre, V, RU. L. M.

PS.—Que faut-il penser des rumeurs, des paroles et des écrits qui vont à dire que le Recteur et le Conseil Universitaire considèrent de leurs droits ‘ d’avoir leur mot à dire dans les questions de finances de l'institution montréalaise ? ” Comme en ceci, rien d’officiel n’est

encore parvenu à mes orvilles, je n’y attacherui

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"18 — pas pour aujourd’hui une trop grande ‘r1portance : je me contenterai de dire que, si jamais pareille disposition était introduite dans notre projet de loi, du coup le Syndicat financier, institué par cette loi, deviendrait au moins, comme celui de 1887, lettre morte à Montréal, supposé toutefois que cette prétention ne deviendrait pas la cause de graves complications.

Vous n'avez pas oul'é ce que le Très Révérend L. D. A. Maréchal, Grand-Vicaire de Mgr l'Archevêque de Montréal, écrivait à Votre Grandeur en date du 27 novembre dernier :

“ Depuis votre départ a paru dans un journal ‘ un entrefilet qui disait que les Messieurs de “ Québec avaient l’intention de reprenire la “ direction de la Succursale à Montréal, ce qui a “ provoqué une manifestation de sentiments de “ la part de tous les professeurs. Tous seraient ‘ décidés, le cas échéant, à rompre radicalement avec Québec, et à faire reconnaître leur indé- “ pendance (des Ecoles de droit et de médecine) “ par l'autorité civile.”

De mon côté, chaque semaine à peu près, je

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