TRÈS SAINT PÈRE
Prosterné humblement aux pieds de Votre Sainteté, je la prie de me permettre d’exposer ce qui suit :
Depuis plus deux mois je suis à Rome pour y solliciter la conclusion d’une affaire très importante que de plus longs délais peuvent compromettre de la manière le plus grave.
La Constitution Ya» dudum (2février 1889)
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2 tout M l'unité de l’Université Laval et tout en confirgneur, 4 mant les droits du siège principal à Québec, acect, cordait au siège Montréalais certains privilèges ur, | parfaitement déterininés, a produit les plus heure, roux résultats.
LM. : Pour compléter l’œuvre et assurer son avenir + ilne reste plus qu’à lui donner une base finan-
cière solide et une administration temporelle
qui inspire confiance à tous. Nous avons cru de-
92. A voir procéder à la formation d’un syndicat qui serait composé d'hommes également honorables et cap .bles, et solliciter auprès de la Législature de la Province de Québec un bill qui lui
conférerait tous les droits d’une corporation
Yoisa civile.
inse Un projet a été élaboré dans ce sens. Tous les Evêques de la Province de Montréal l'ont una-
. nimement approuvé ; mais l'autorité universi-
tipo taire à Québec prétend y voir une atteinte por-
pics & tée à ses droits, et pour cela refuse son approba-
tion. Malgré les instances réitérées qui lui ont
1889) : été adressées à ce sujet, il ne nous a pas même
êté possible d'obtenir qu’elle formulât, d’une !
manière précise, ses objections.
Rien ne serait simple comme de s'entendre ; car nous sommes tous disposés à accueillir les observations qu’on voudra bien nous faire et à modifier en esprit de conciliation tous les points sur lesquelson croirait devoir réclamer. Mais quatre longs mois ont passé, et aucun éclaircissement pratique ne nous a été fourni à ce sujet.
Ces retards inexplicables exposent la Succursale de Montréal à un très grave péril sur lequel
je me permets d’insister.
Il y a une très pressante nécessité de présen-
ter le projet de bill à la prochaine session de la Législature, parce qu’il est urgent que le syndicat entre en opération le plus tôt possible. La session sera ouverte le 7 avril prochain; mais, suivant la loi, tout projet de bill doit être annoncé dans la Gazette officielle plusieurs semaines à l’avance. Nous voilà donc bientôt réduits aux termes de rigueur.
Si nous n’arrivons pas à temps, ce n’est pas
seulement l’inconvénient d’une année de retard
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que nous avons à subir ; un danger plus grand
nous menace.
De sérieuses raisons nous font craindre que l'Ecole de droit et surtout l'Ecole de médecine et de chirurgie de Montréal qui a eufin consenti à entrer dans l’Université Catholique, fatiguées et impatientées de ces délais interminables et des difficulés toujours renaissantes ne se séparent, et ne prennent le parti dese constituer en une Universété laïque indépendante. Si ce malheur arrivait, la Succursale de l’Université Laval ne pourrait quese dissoudre d'elle-même.
Pour ces graves raisons, auxquelles il serait facile d'en ajouter plusieurs autres encore, nous supplions Votre Sainteté de daigner pourvoir d'urgence à la nécessité dans laquelle nous nous trouvons.
Je supplie Votre Sainteté de me bénir, et de croire aux sentiments de profonde vénération de celui qui se souscrit,
De Votre Sainteté,
Le fils très soumis et très dévoué,
Ÿ ANTOINE, Zv, de Sherbrooke,
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ROME, 23 janvier 1892.
Nous avons toujours été prêts à tenir compte des remarques et des suggestions que voudrait bien nous faire au sujet de notre projet de loi le Conseil Universitaire, et nous n’aurions désiré rien tant qu’ils nous les fissent connaître d’une manière définitive, en mêmetemps qu’officielle : preuve, nos demandes et nos instances réitérées,
Le 16 septembre 1891, Mgr Th. Hamel, Pro- Recteur de l’Université, agissant au nom du Recteur, écrivait au Vice-Recteur de Montréal : “ Je serais donc surpris si le Conseil Univer- “ sitaire se permettait de suggérer la moindre “ modification au projet présenté: . . parce que “ la clause IX sauvegarde tous les droits conférés “ à l’Université par la Charte Royale.”
Le 24 septembre, Son Eminence le Cardinal
Taschereau faisait connaître ses objections à À
Mgr l’Archevêque de Montréal, qui les copiait
en sa présence et sous sa dictée : “ 1° suspendre
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“les professeurs par l'autorité du Vice-Chance- “ lier; 2° changer les programmes par l'autorité “ de la Corporation. Le Cardinal désire que nous attendions que le Conseil s’en soit occupé pour ‘travailler notre affaire.”
Le 2 octobre 1891, le Conseil Universitaire prenait une résolution, dont la conclusion se lit comme suit : “ Résolu que nonobstant les clauses VLet VIT du projet de loi susdit, qui empiètent “ sur les droits octroyés au Conseil Universitaire “ par la Charte Royale, ce Conseil, ‘ circonstances,
dans les par respect et par soumission “ pour le Saint-Siège, s’abstient de tout autre “ commentaire sur ce projet de loi, et s’abstien- “ dra de toute opposition à ce que ce projet “ devienne loi.”
Le 15 octobre 1891, Son Eminence je Cardinal
Taschereau écrivait au Vice-Recteur de Mont-
réal :...,“ Le projet de loi que vous présentez “à l'approbation du Conseil Supérieur de l’Uni- “ versité (sans nous dire ce qu’en pense lo Saint- “ Siège) crée réellement à Montréal une Uui-
“ versité tout à fait indépendante de l’Université
cs 00 ‘ Laval telle que constituée par sa Charte et son “ institution canonique. Dans ces conditions, je ‘ ne puis, pour ma part, en ma qualité de Chan- ‘’ celier Apostolique de l'Université Laval, ‘ approuver ce projet de loi. ...”
Le 19 octobre Son Eminence écrivait: ‘“ Le “ syndicat de 1887 était purement financier, et ‘ n'empiétait sur aucun des droits du Conseil “ Universitaire. Faites un projet de loi analogue, ‘“ et je serai heureux de l’approuver.”
Eufin le 23 octobre 1891, Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec écrivait au Vice-Recteur de Montréal : “ Permettez que je “ termine ici une correspondance inutile....je ‘“ ne puis, non plus que l’Université, proposer à “ celui-ci aucun amendement. La position eût ‘ été bien différente si vous nous a /iez consulté ‘ avant d'aller à Rome. J’ai du reste soumis mes ‘ doutes au Saint-Siège et j'agirai conformément
“ à la solution qui me sera donnée.” (1)
+ ANTOINE, Zv. de Sherbrooke.
(1)Une copie de cetexposé fut mise sous la même enveloppe que la lettre au Saint-Père ; plusieurs autres furent distribuées à différents membres de la Sacrée Congrégation,
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ROME, 24 janvier 1892
Monseigneur Bergamaschi,
Minutante pour le Canada, Rome.
MONSEIGNEUR
En relisant le mémoire latin... que j'ai
.) déjà eu l'honneur de déposer entre vos mains,
je m'aperçois qu’il renferme une faute d'im- Pression à la page 2, Je l'ai corrigée à la marge, et Je me fais un devoir de vous envoyer trois exemplaires de ce mémoire ainsi corrigé, afin que vous veuillez les substituer aux autres dans
la filière de vos documents officiels. Cette erreur
ne porte pas à conséquence, mais Je ne vou-
À dessein, cet exposé n'avait pas de conclusion. Nous
elle ou celles qu'il pourrait de cette compilation de réponses disparates.
Je me réservais de faire ressortir sous peu les contradic-
(Voir Document
tions qu'il y avait dans toute cette conduite N° VII). —J, B, P.
drais pas qu'il fût dit qu’il en existât à ma
66 W ; pra connaissance dans les renseignements que je M ba 2 ; 4 aï soumets à la Sacrée Congrégation de la Propa- À , î ‘ que | gande. À q {| ; | MY “cou | Je profite de l'occasion pour vous faire remar- M5. # im} | quer que Québec, par ses nouveaux retards, nous fi d | : “des | fait perc'e un temps précieux; que bientôt il à us {ll se ke atte | sera trop ‘::4 pour que nous puissions présenter M L | re ; 2 4 ri e | notre projet de oi à la prochaïne session de la | a WU écrive | Législature ; et que, si notre syndicat n'obtient M ; | x | ca | À “1 Siège pas d’incorporation civile cette année, je ne M M l'a | ù .1a } Q a LA A Ro vois pas quelle force humaine peut empêcher D «a, | la Succursale de Montréal de se dissoudre, la1}N | ; , : “: ur ge l Constitution Ya» dudum de devenir lettre M L ‘ men morte, et sur les ruines de l’une et de l’autre | L | à av:
| une Université indépendante de s'élever, Uni-M | : sessi | versité laïque, Université probablement en | Quél | d : , à u | dehors du contrôle des Evêques. Ce n’est pas là | . | | IN “exis simplement mon opinion personnelle, les Evè M &al | : réal, ques de la Province de Montréal sont du même : une
avis sur cette question. & Jéval éga O
Ils écrivaient à Son Eminence le Cardinal M cd main
Simeoni le 24 septembre 1891 : “ Nous jouons C'est es
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, Propa- :
e remar- ; ds, nous “4 entôt il M résenter 4 n de la 4 obtient à , je ne mpêcher à udre, la À r lettre M > l’autre .
er, Uni- : ent en :
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Cardinal à
s jouons À
par
ff “ probablement la dernière chance de voir les “laïques en masse marcher avec nous sur la “ question Universitaire. Ils Le font avec beau- “coup de sincérité, mais aussi avec une certaine “ impatience. N’allons Pas, par des retards, pour “ des motifs d’ordre secondaire, frustrer leur ‘attente, et les fruits de leur bonne volonté.” Le 4 novembre 1891, les mêmes Evêques écrivaient qu’ils déléguaient auprès du Saint- Siège Mgr A. Racine, évêque de Sherbrooke, et M. l'abbé J. B. Proulx, entre autres choses ».. 6 “49 pour faire connaître à Rome la nécessité “urgente qu'il y a de faire incorporer civile- ‘ment “les Administrateurs de l'Université “ Laval à Montréal,” # suite, dès la prochaine “session de la Législature de la Province de “ Québec... .afin de prévenir le danger qui “existe sérieusement de voir s'élever à Mont- ‘réal, si l'Université actuelle n'y fleurit pas, “une Université laïque en dehors du contrôle “légal de l’épiscopat : ce qui serait le plus grand
” re ; PS + malheur qui puisse arriver à notre Pays.
Cest pourquoi je vous demande en grâce,
— }4 — autant qu’il est en votre pouvoir, de nous épargner ce malheur, et de me croire avec une haute considération,
Monseigneur, Votre très humble et très dévoué serviteur,
J.B. PROULX, ‘re, V. R. U. L. M.
Collège Canadien, rue des Quatre-Fontaines,
ROME, 24 janvier 1892.
Sa Grandeur Mgr Ignace Persico, Arch. de Damiette, et Secrétaire de la S. C. de la Propagande.
MONSEIGNEUR
Veuillez excuser la forme laconique sous laquelle est conçu ce mémoire: je veux être bref, je veux être clair.
À Québec, on cherche un terrain pour nous
faire des embarras : tantôt celui-ci, tantôt celui-
posi les
pris l'es]
leur
press par |
«6 à ‘6 site ‘ mo.
“a ét ‘ pers ‘ étar [14 d’a}
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ines,
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ous la-
re bref,
Y lOUS
t celui-
là; peu importe lequel, pourvu que cela nous retarde.
La chose est manifeste par le spectacle des positions cuntiaires et même contradictoires que les personnages officiels de l’Université ont prises successivement, À courte échéance, dans l'espace de cinq semaines; voici /'#istoire de
leurs variations.
1°— Le 16 de septembre 1891, le Pro-Recteur, agissant au nom du Recteur, est sous l’impression que les droits conférés à l’Université par la Charte Royale sont sauvegardés.
“Je serais donc surpris si le Conseil Univer- “ sitaire se permettait de suggérer la moindre “ modification au projet présenté : 1° parce qu’il “a été étudié avec beaucoup de soin pui des “ personnes compétentes, intéressées, et qui, “ étant sur les lieux, sont plus à même que nous “ d'apprécier les circonstances; 2° parce que la
“clause IX sauvegarde tous les droits conférés