H. DESROSIERS
HopiTAL GÉNÉRAL DES SŒURS GRISES,
MONTRÉAL, 2 janvier 1892.
M. L. B. Durocher, M. D. Président de lu Faculté
de Médecine de l'Université Laval à Montré:l.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT
Depuis la visite que vous avez eu la bonté de me faire en réponse à ma lettre du 28 décembre dernier, jai reçu certaines communications que je crois devoir porter à votre connaissance, Quelques élèves de l'Ecole, venus en députation auprès de moi, croient avoir le droit de se pluin-
dre amèrement de la manière dont ils ont été
traités. [ls me disent que la requête présentée à la Faculté, lors de l’assemblée du 23 décembre, ne représente nullement la majorité des étudiants; que sur cette liste se trouvent les noms d'élèves qui n’ont jamais donné leur signature ; que le changement décidé lors de la dite assemblée serait désavantageux pour un grand nombre d’entre eux sous plus d’un rapport et qu'une contre-requête serait présentée aux professeurs immédiatement après les vacances du nouvel an. D'un autre côté, je sais, et vous n’ignorez pas vous-même, M. le Président, que plusieurs des
professeurs sont entièrement opposés à la me-
sure adoptée le 23 décembre dernier. De sorte
que, ce vote pris, comme m'en a informé M. le Secrétaire daus sa lettre du 29 décembre, pour répondre aux vœux des élèves et aux réclamations de quelques professeurs, aura pour résultat inévitable de créer un soulèvement parmi nos jeunes gens et de semer la division au sein de la Faculté. Certes, le moment serait mal choisi pour nous diviser, lorsque Mgr l’Evêque de
Sherbrooke et M. le Vice-Recteur travaillent à
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De sorte rmé M. le bre, pour réclamair résultat parmi nos vu sein de mal choisi vêque de
aillent à
obtenir à Rome de nouvelles faveurs jour notre Université. Aussi, je l'espère, MM. les Professeurs comprendront qu’il est de leur devoir de revenir sur la décision prise le 23 décembre dernier. Ce serait un grand regret pour moi d'apprendre qu'ils ne se sont point rendus au
désir que je leur exprime dans l'intérêt de la
paix et de l'harmonie. Mais je suis assuré d’avan-
ce qu'il n’en sera pas ainsi, et je compte sur leur
bon esprit, leur prudence et leur dévouement. Agréez, M. le Président, l'assurance de mes
sentiments les plus respectueux et les plus dé-
voués,
P. N. BRUCHÉSI, Chan.