‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les administrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 12 sur 82 · UES · texte numérisé non relu

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confiait à la prudence ct à l'autorité des Archevêque et Evêques de la Province de Montréal le soin d'amener une union entre l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, et la Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal, dont les longues divisions produisaient un si mauvais effet dans le monde religieux, civil et politique du Canada.

IL. Le 5 novembre, après de nombreux pourparlers conduits par M. le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal, l'abbé J. B.

Proulx, les susdits Archevêque et Evêques de la Province de Montréal, signaient, au nom de l'Université à Montréal, avec l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, un projet d'union qui devait être présenté à la Législature de la Province de Québec, lors de sa prochaine session, pour en recevoir la sanction civile.

IL. Le 21 de novembre, le susdit projet de loï était soumis à l'examen de la Législature, Le 29, devant un comité de la Chambre d’As-

seblée, Mgr B. Paquet, Recteur de l'Univer-

sité Laval, en recommandait l'adoption au nom

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du Conseil Universitaire et du Chancelier Apostolique, Son Eminence le Cardinal Taschereau, Archevêque de Québec, et, le soir du même jour, le projet était adopté unamimement pur la Chambre d’Assemblée ; le Conseil Léyislatif, à son tour, aussi à l'unanimité, l’adoptait le 4 de décembre ; enfiu, le 23 du même mois, il devenait définitivement loi par la sanction du Lieutenant Gouverneur de la Province de Québec : important événement, succès bienfuisant, dû surtout à une action bienveillante, énergique et explicite de Sa Sainteté Notre Très Saint Père le Pape, dont tous, dans la Proviuce de Québec, sans distinction de croyance ni de nationalité, respectent le caractère et la haute autorité morale.

IV. L'union est entrée en opération le 1‘ de juillet de cette année, 1891. Depuis, malgré certaius petits intérêts privés qui peuvent se croire peut-être froissés, un grand esprit de bon vouloir et de déférence mutuelle n'a cessé de régner entre les professeurs des deux anciennes

écoles rivales. Les étudiants, au uombre de

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près de 300, ont commencé et continuent leurs conrs au milieu du plus grand c1lme. La paix règne dans le public, L'autorité épiscopale, dans ces conditions où l’on a placé le fonctionnement de l’Université en s'inspirant de la constitution JAM DUDUM, est acceptée par tous et bénie. Devant nous s'ouvrent les plus belles espérances de développement universitaire À Montréal.

V. Cependant, pour que ces espérances se réalisent, il faut, pour l'Université cathoiique à Montréal, une administration financière forte, solide, légale, composée d'hommes entendus dans les affaires monétaires, qui puissent inspirer confiance au public et aux capitalistes, Suns une telle administration, l'Université Laval à Montréal est destinée à végéter, s’endetter et Hiourir,

VE. C’est pourquoi, dès le 16 février 1891, l’Archevêque et Jes Evêques de la Province de Montréal déciièrent de demander à la Législature de la Province de Québec, à sa prochaine session, avec la permission du Suint-Sidre, et

l'approbation du Conseil de l'Université Laval

et du Conseil Supérieur de Haute Surveillance

sels de la dite Université, une loi incorporant civilement les “ Administrateurs de l’Université Laval à Montréal.”

VIT. Pour préparer cette loi, l’Archevêque de Montréal, le 20 de février, invita le Vice- Recteur de l’Université Laval à Montréal à s’entourer d’un Conseil d'hommes de bonne volonté, reconnus dans tout le district de Montréal comme autant d’autorités soit en science théologique, soit en droit civil, soit en affaires pécuniaires : ce que s’empressa de faire le Vice- Recteur dès le jour suivant.

VIIL. Après deux mois d’études serieuxes, après de nombreuses assemblées et de longues discussions, le Conseil s’entendit unanimement sur la rédaction d’un projet de loi, par lui considéré comme très propre à favoriser les intérêts universitaires À Montréal, tout en respectant les droits de l’Université Laval à Québec.

IX. Le 29 d'avril, les Archevêque et Evêques de la Province de Montréal approuvèrent la susdite réduction, non comme texte définitif, mais comme projet à soumettre à l’examen de Québec et de Rome.

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X. Il fut décidé d'envoyer le projet à Rome avant tout, d’abord par respect pour la première autorité, puis afin de s'assurer, avant toute autre démarche, si l’idée elle-même du projet de loi dans les circonstances ne serait pas désagréable à Rome; en conséquence, le 26 juin 1891, le Vice-Recteur de l'Université Laval envoyait à Sun Eminence le Cardinal Simeoni, Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, le projet de loi clavigraphié, avec de nombreuses pièces explicatives,

XI. Dans la deuxième partie du mois d'août, le Vice-Recteur de Montréal ayant reçu de Son Eminence le Cardinal Simeoni une lettre, datée du 4 du même mois, par laquelle il était évident que l’idée du projet de loi n’était pas désagréable, le projet, comme il avait été décidé au printemps, fut envoyé, le 9 de septembre, pour examen aux Archevêques et Evêques qui composent le Conseil Supérieur de Hante Surveil. lance, ainsi qu’à Mgr B. Paquet, Recteur de

l'Université Laval, avec demande expresse de

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vouloir bien faire sur ce projet les remarques et ds suggestions que l’on trouverait à propos. +

XII. Le 25 de septembre, à une réanion du Le Conseil Supérieur, Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec se déclara blessé de ce ie qu'on avait d'abord envoyé le projet de loi à ui

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Rome et il dit, sans trop rien préciser, que le yro;et empiétait sur les droits de l’Université. Les Archevèque et Evêques de la Province de Montréal protestèrent sur-le-champ que, en du allant à Rome, ils n’avai nt aucunement voulu . manquer an respect dû à Son Eninence le Car- a dinal Archevêque de Québec, ou à leurs col- | . le dé du V Québ

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lègues du Conseil Supérieur de Haute Surveillance de l’Université. Cependant, Son Eminence parla de façon qu'il fut impossible aux membres du Conseil Supérieur de donner leur opin'on sur le projet de loi.

XIIL. Le 2 d'octobre, Mgr Th. Hamel, Pro- nous Recteur de l'Université Laval, en l'absence de nitbiat M. le Recteur, faisait connaître à M. le Vice- Dés Recteur de Montréal que le Conseil Universi- incor!

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taire avait résolu que, “nonobstant les

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clauses VI et VIE du projet de loi susdit, qui empiète sur les droits octroyés au Conseil Universitaire par la Charte Royale, ce Conseil, dans les circonstances, par resp'ct et par soumission pour Île Saint-Sièse, s'abstient de tout autre commentaire sur ce projet de loi, et s’abstiendra de toute opposition à ce que ce projet devienne Loi” I faut remarquer que jamais, ni directement ni indirectement, dans la présentation ou dans la discussion de ce projet de loi, on n’a invoqué sit auprès du Conseil Supérieur, soit auprès du Conseil Universitaire, la volonté ou le désir du Saint-Siège.

XIV. Le 15 d'octobre, en réponse à une lettre du Vice-Recteur de Montréal qui demandait à Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec “de vouloir bien nous émettre son désir sut notre projet de loi, et faire en sorte que nous ayons aussi sur ce sujet l'opinion des autres Evêques de la Province de Québec,” Son Eminence répondait : “Sous prétexte de faire incorporer civilement les Adininistrateurs de

l'Université Laval À Montréal, le projet de loj

que vous présentez à l’approbation du Conseil Supérieur de l’Université (sans nous dire ce qu’en pense le Saint-Siège, auquel vous l’avez soumis avant de demander notre avis), crée réellement à Montréal une Université tout à fait indépendante de l'Université Laval telle que constituée par sa Charte Royale et son institution canonique. Dans ces conditions, je ne puis, pour ma | art, en ma qualité de Chancelier Apostolique de l’'Üniversité Laval, approuver ce projet de loi, et je ne l’approuverai qu’autant qu'il me sera authentiquement démontré que telle est la volonté du Saint-Siège.” Remarque. Nous n’avions pas soumis notre projet purement et simplement à l’approbation du Conseil Supérieur, mais bien à l’examen, à la critique, à la discussion : dans ces conditions, il nous semblait que nous avions droit de connaître, d’une manière précise, Ce en quoi on ne pouvait lapprouver.

XV. Le 19 d’octobre, Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec ajoutait : “Le

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St SE l'aimez mieux, l’à-propos; le but final est de créer un corps qui n’ait pas besoin du Conseil Universitaire.” Jamais nous n'avons eu cette intention ; nous l’avions pourtant solennellement affirmé devant le Conseil Supérieur d

la séance du 23 septembre.

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XVI. Le 23 d'octobre, Son Eminence donnait, pour le moment, son dernier mot sur la question. Permettez que je termine ici une correspondance inutile, Je vous ai dit tout ce que la position que vous me faites me permet de dire... je ne puis, non plus que l’Université, proposer à celui-ci (le projet de loi) aucun amendement. J'ai du reste soumis mes doutes au Saint-Siège. .

Donc, la difficulté est portée, non par nous, mais par Québec, à Rome : il nous semble qu'il aurait été si facile de la régler ici, seulement en nous indiquant d’une manière précise et claire, puisque nous le demandions à plusieurs reprises, ce qu'on aurait aimé à voir retrancher du projet de loi.

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