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Troisième considérant : la nécessité où nous sommes, en face de la pro-périté matérielle d'autres institutions universitaires, de créer à courte échéance un fonds monétaire offranttoutes les garanties d’une administration sérieuse, et susceptible de voir s’accroître, par la confiance, les sympathies substantielles du district de Montréal.
J'avais l’houneur d'écrire à Son E ninence le Cardinal Simeoni, le 31 juillet dernier : ‘“ Entre les raisons qui militent en faveur de ce projet de loi, il ne faut pas oublier le voisinage de l'Université McGill. A côté de cette institution florissante de nos frères séparés, laquelle grandit de jour en jour, il serait malheureux que l’Université catholique n’eût toujours, à Montréal, (matériellement parlant, je voulais dire) en quelque sorte, qu’une agence de second ordre ; pour soutenir ln compétition avec avantage,
il lui faut un éclat, un resplendissement exté-
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rieur, qu'elle ne pourra jamaisavoir tant que le
Vice-Recteur restera un fonctionnaire isolé, Il importe de grouper autour de lui, du travail, de la bonne volonté et de l'expérience qui puissent se dévouer d’une manière autorisée et légale au développement des ressources locales.”
J’ajouteraui ceci. Des dons considérables n'attendent que le moment où l'Université Laval à Montréal aura des administrateurs légaux et responsables pour se déclarer publiquement. Il importe de ne pas décourager les bonnes volontés; on ne retarde pas impunément les dévouements individuels, ni l'élan du public. Par là, on s’exposerait à donner des prétextes plus ou moins plausibles à l’action de ceux qui veulent une Université laïque, complètement en dehors du contrôle des autorités religieuses et on nugmenterait, sans profit pour personne, leurs chances de succès.
C’est pourquoi les membres du Conseil d’affaires espèrent que Votre Eminence et Vos Grandeurs voudront bien donner, avant long-
temps, une sérieuse attention à l'étude de leur
projet de loi, afin qu’il soit prêt à être présenté à la Législature de la Province de Québec, lors de sa prochaine session. Ils m'ont chargé de l’'expédier à Votre Eminence et à Vos Grandeurs plusieurs jours avant la réunion du Conseil Supérieur de l’Université, pour qu’il leur soit loisible de l’étudier en particulier, à tête reposée. Ils ont confiance qu'Elles ne pourront pas ne pas remarquer les efforts qu’ils ont faits pour assurer la prépondérance de l'autorité épiscopale dans l'adininistration des finances de l'Université Laval à Montréal. Leur confiance égale le respect avec lequel ils sont prêts à recevoir les suggestions qu’il plaira à Votre Eminence et à Vos Grandeurs de leur faire, pour le succès de la tâche qu’ils ont entreprise sous la direction de leur vénéré Archevêque.
Dans ces mêmes sentiments de respect et de confiance, croyez que je suis, De Votre Eminence et de Vos Grandeurs,
Eminentissime et Révérendissimes Seigneurs,
Le très humble et très dévoué serviteur, J. B. PROUIX, ?rêtre, V, R. U. L. M.
P. S. — Cette lettre écrite, on me fait remarquer que je n’ai pas insisté assez sur le danger qu'il y a, au cas où ce projet de loine réussirait pas, ou tout autre semblable, de voir à Montréal la masse des laïques les mieux disposés, ahuris enfin, fatigués, se réunir à d’autres moins bien disposés, pour travailler à la fondation d’une Université, en dehors de tout contrôle religieux at moins en Ce qui regarde la constitution civile, afin de ne pas rester indéfiniment, disent-ils, sous le rapport de l'organisation et de l'influence universitaire, dans une position inférieure visà-vis les autres races et les uutres croyances. D'après moi, ce danger existe, plus grand que plusieurs ne semblent le croire. Une fois que les digues seront brisées, qui retiendra le torrent? Aujourd’hui que nous avons le concours plein et entier des laïques pour l'établissement et la consolidation d’un mode d’être tout à fuit catholique, lequel ne pourra quese développer, sachons en profiter : ceci dit clairement et franchement, mais sous toute réserve et soumis avec
le plus grand respect, J. B. P.
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Moxrréar, 7 septembre 1891.
Mgr B. Paquet, Recteur de l’Université Laval.