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Vous parlez “ du reproche qu'on devait nécessairement me faire de n'avoir consulté l'Université que longtemps après avoir consulté Rome,” et vous appelez cela “une objection sérieuse.”
Vraiment, j'ai beau y songer, je ne puis comprendre la nature de ce reproche, surtout dans les circonstances présentes, lorsque nous avons agi avec autant de réserve, de franchise et de diligence.
‘“ Aussi, ce qui,—venant de votre part eût excité des récriminations avec soupçon d’intentions peu bien veillantes, —...”?
Hélas ! vous soulevez le coin d’un voile derrière lequel Je n'aurais jarnais voulu voir. Que signifient, à propos de tout, à propos de rien, ces récriminations, ces soupçons, etc.?
‘ Permettez-moi de vous rappeler que j'étais prévenu contre vous au sujet du retard apporté dans la communication du projet de loi à l'Université : ma lettre du 16 septembre vous Pavait
fait presentir....” Plus loin, vous ajoutez : “Car,
toujours à cause de mes préventions.….”” Plus
loin encore : “ Au lieu de voir tomber mes préventions, j'aurais vu dans toutes ces démarches quelque anguille sous roche.”
Ne croyez-vous pas, Monseigneur le Pro-Recteur, que toutes ces préventions entrent pour plus de la moitié dans les malentendus qui existent entre nous, et que, du moment que les esprits cesseront de nourrir ces funestes préventions, les roches de leur côté cesscront de couvrir des anguilles ?
‘ Je n’aurais pas manqué de remarquer qu’il s'était écoulé trois semaines entre la réception de la lettre de Rome et la date (9 septembre) de votre lettre aux Evêques et au Recteur ;” et vous appelez cela, Monseigneur, un retard : ‘‘Permettez- moi de vous rappelez que j'étais prévenu contre vous au sujet du retard apporté dans la communication du projet de loi à l'Université.”
Je trouve ma réponse dans une lettre que vous m’écriviez à la date du 16 septembre : ‘ La
quasi-impossibilité de réunir un quorum du Con-
seil Universitaire pendant les vacances, va re-
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mettre nécessairement au mois d'octobre la considération de votre projet par le Conseil.” S'il a fallu trois semaines au Conseil Universitaire pour étudier notre projet de loi et se réunir pendant les vacances, lorsque le plus grand nombre de ses membres ont leur domicile habituel au Séminaire de Québec, serait-il étonnant que, également, pendant les mêmes vacances, il m'eût fallu trois semaines pour aller communiquer personnellement la lettre de Rome à Monseigneur l’Archevêque de Montréal, puis à Monseigneur l’Evêque de St-Hyacinthe, puis à Monseigneur l’Evêque de Sherbrooke ; pour réunir le Conseil d’affaires dont les membres sont disséminés dans les diverses parties d’une grande ville; pour régler, dans le détail, les démarches à faire ; pour donner un temps convenable à la rédaction de la requête à Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec, ainsi qu'à Nosseigneurs les Archevêques et Evêques qui composent le Conseil Supérieur de l'Université; pour aller la faire signer à domicile par les membres
du Conseil d’affaires ; pour écrire une longue
lettre d'explication qui devait accompagner la susdite requête. Les matériaux, et non les Paguels, auraient pu en avoir été préparés par le Vice-Recteur assez longtemps d'avance, mais enfin il ne pouvait arrêter la rédaction définitive de ces documents, avant de connaître définitivement, de la part de qui de droit, quelle ligne de conduite il devait suivre.
Non, Monseigneur le Pro-Recteur, croyez-moi, croyez au moins à mon intérêt que je n’ai pas coutume de négliger, j'ai fait en cette affaire toute la diligence possible; ainsi le croira, je l'espère, tout homme non prévenu.
Malgré ce malentendu que je déplore de tout mon cœur, Je demeure avec le plus grand respect,
Monseigneur le Pro-Recteur,
Votre très humble et très dévoué serviteur,
J. B. PROUIX, Pr” 4 À. Ü " M,
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