‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 133 sur 163 · Séglas. Loe. cil., p · texte numérisé non relu

Séglas. Loe. cil., p

coup cjiie sa sœuresL condamnée par les médecins. Elle devient alors taciturne, triste, en réllexion continuelle, opposant un silence presque absolu à toutes les questions. Quoique cette dépression s’accentue, la malade continue cependant son travail.

Le 27 avril, à son atelier, elle paraît vraiment étrange à toutes ses compagnes. Au restaurant elle se lève brusquement ; « le ciel, le paradis, l’enfer ! ». Puis se précipite dehors en criant « arrêtez-lal ». Arrêtée alors par un agent, elle déclare qu'une certaine femme la poursuivait et voulait la blesser.

Transfert à Sainte-Anne, en pleine agitation (30 avril). Visage pâle, anémié, peau sèche ; maigreur du thorax en particulier. Lamalade entre dans le cabinet du médecinen poussantdes cris : « la présence d’esprit ! la présence d’esprit ! » répète-telle constamment. Elle regarde fixement autour d’elle, fait des grimaces, exprimant l’attention, puis l’étonnement, etparle sui vant ces attitudes variées.

Conscience vague de sa situation avec idées de transformations. On l’a prise chez ses parents, on l’a changée, elle n’est plus la même, elle est un peu tout le monde... Elle a, dit-elle les idées embrouillées, sa mémoire s’échappe. A conscience d’être dans une maison où on la soigne, mais, dit-elle, elle n’est pas malade. — Quelquefoispar moments, de l’écholadie: D. Avec qui demeuriez- vous avant devenir ici? R. Avec qui demeuriezvous?.... — Passe très brusquement d’une idée à une autre, se jette sur la surveillante dont le deuil, dit-elle, l’offusque. Prend un portrait accroché au mur pour l’image de son père ou le Saint-Esprit. — A côtéde ces illusions visuelles, les hallucinations visuelles sont très intenses en général de nature terrifiante (dos cimetières) surtout nocturnes. Hallucinations brusques de l’odorat. «Sentez-vous cette odeur infecte?» — Hallucinations auditives la nuit, mais ne peut préciser la nature des voix qu’elle entend.

Livrée h elle-même, elle fait souvent en regardant droit devant elle, des salutations à une personne imaginaire. Est très suggestible. En lui fermant les paupières sur l’onlre : dormez ! elle reste les yeux fermés, simulant une personne hypnotisée. Il est à noter seulement qu’on arrive par ta suggestion à fixer son attention suffisamment pour obtenir des réponses sensées et des renseignements assez exacts. C’est pendant ce temps

qu’elle nous a donné sur ses anLécédeiiLs héréditaires et personnels des renseignements reconnus exacts. Tendance à la Jlexibilité cireuse des membres, on peut lui imprimer aux bras des attitudes de toute sorte qu’elle garde assez longtemps.

Etat physique. — Submatité des sommets plus accusés à droite, allaiblissement du murmure vésiculaire, rudesse respiratoire. Sensibilité normale, égale des deux côtés. Pas de rétrécissement du champ visuel. Des points (mammaires, rachidiens), dont la pression, même légère, est douloureuse. Extrémités cyanosées, froides.

2 viai. — Dans la nuit, casse son vase de faïence et piétine sur les morceaux dispersés à terre. Plaie tranchante au pied gauche (face inférieure et interne), puis au talon trois points de suture. Mise au lit. Toujours agitée, impossible de la maintenir. Mise alors dans une chambre.

3 mai. — Profère des mots inintelligibles ou incohérents. De temps en temps on saisit une idée : la peur d’être empoisonnée, la mort. Des cris, des gestes bizarres. Fixe un point dans l’espace et étend les bras de ce côté avec une expression d’épouvante. S’alimente peu. Repousse tout ce qu’on lui otîre.

Gâtisme. — Dans les premiers jours, urine quelquefois au lit, nuit ou jour, indistinctement. Plus tard, on est obligé de l’attacher, à certains moments de la journée, pendant trois jours. Elle fait alors tout dans le lit, sans appeler. Mais silôt détachée, parce que plus calme, elle ne fait absolument plus rien. C’est aussi l’époque où l’état mental est en voie d’amélioration.

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